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LES PORTS MORUTIERS
Granville voit son commerce maritime avec Terre-Neuve se développer avec rapidité au cours du XVIII
e
siècle. Ce port arme à la morue verte et à la morue sèche et envoie 1 203 bateaux en pêche pour le siècle dont 429 au
cours de la première moitié et 774 au cours de la seconde moitié. De tous les ports de France, Granville est celui qui se
développe avec le plus d'ampleur au XVIII
e siècle (La Morandière, 1962).
Saint-Malo. Ce siècle est pour l'armement terre-neuvier/nalouin, celui de l'apogée. Premier port morutier de
pêche sédentaire, Saint-Malo arme aussi, au XVIII
e siècle, à la pêche errante avec le même dynamisme. 3 426
terreneuviers partent en pêche, dont 1 548 de 1700 à 1750 et 1 878 dans la seconde moitié du siècle. Les diverses
périodes de guerre ne semblent pas avoir affecté cette activité essentielle qui place Saint-Malo au premier rang de
France pour le siècle.
A Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le commerce morutier augmenta au cours du siècle malgré la guerre de
succession d'Autriche et la Guerre de Sept Ans qui furent autant de coups d'arrêt au commerce maritime. Les Basques
envoient cependant 88 bateaux à Terre-Neuve pendant la première moitié du siècle et 537 au cours de la seconde
moitié. A la fin du siècle, Bayonne fut déclaré "port franc", ce qui fut très favorable à la pêche morutière. A la veille de la
Révolution, Bayonne et Saint-Jean-de-Luz forment le troisième port morutier français avec pour le siècle un armement
total de 625 départs en pêche recensés.
• Trois ports débutent leur activité, qui se poursuivra de façon notable au XIX
e siècle : Saint-Brieuc, Binic et
Paimpol. La pêche à la morue de Saint-Brieuc, Binic existe dès 1728 avec quelques départs de morutiers. Cette
activité se développe surtout après la guerre de Succession d'Autriche, soit vers 1750, et, en cinquante ans, cette
région arme 233 navires à la pêche sédentaire. Au moment de la Révolution, les départs vers Terre-Neuve diminuent
fortement ainsi que dans tous les ports français.
Paimpol débute son armement juste à la fin du XVIII
e siècle en envoyant quatre bateaux en pêche à TerreNeuve en 1786 qui iront débarquer la morue à Marseille (RAMBERT, 1966). Ce sera au siècle suivant, un port important
de pêche islandaise.
Certains ports ont connu leur période de gloire mais le XVIII
e siècle est marqué par les guerres et un mauvais
climat politique qui influe sur les pêches de la morue. Sa fin est caractérisée par une crise économique d'une part, la
Révolution et les guerres napoléoniennes, d'autre part, est une période troublée avec arrêt ou fort ralentissement des
pêches pour la plupart des ports de 1790 à 1810.
• Au XIX
e siècle
La sécurité en mer étant bien meilleure tout au long du siècle, l'activité de certains ports terre-neuviers ou
islandais se développe et ils deviennent de grands ports morutiers. Certains autres périclitent, envoient quelques
navires en campagne ou arrêtent toute pêche morutière ; d'autres sont uniquement port de décharge ; deux nouveaux
ports morutiers apparaissent (fig.3 ).
• Les ports qui périclitent ou arrêtent définitivement sont : Le Havre, Nantes, Les Sables d'Olonne,
Bayonne et Marseille.
Du Havre partent 77 bateaux à Terre-Neuve, entre 1810 et 1839, mais aucun autre armement ne semble être
répertorié au cours du siècle et le Havre abandonne donc ce commerce.
Nantes envoie encore 59 morutiers de 1818 à 1840 puis cesse toute activité par la suite. Le commerce
morutier disparait totalement aux Sables d'Olonne après les campagnes de dix navires de 1802 à 1818.
Bayonne envoie encore au XIX
e siècle, un certain nombre de morutiers à Terre-Neuve, on en compte 129
jusqu'à la veille de la guerre de 1870, mais ensuite, c'est l'arrêt définitif de cette pêche.
Marseille, grand port de décharge au XVIII
e siècle est atteint par le déclin de la pêche sédentaire et les
navires ne viennent plus en décharge, d'où l'arrêt de cette activité.
• Deux ports entretiennent encore une petite activité morutière, ce sont la Rochelle et Bordeaux. Très peu
de morutiers quittent La Rochelle pour la pêche à Terre-Neuve ou à Saint-Pierre, au cours du siècle, on n'en compte
que 31.
Pour Bordeaux, bien que seuls 34 morutiers partent effectivement en campagne de pêche, ce port est
considéré comme un des principaux marchés de la morue au XIX
e , car il est devenu un très gros centre de décharge.
LES PORTS MORUTIERS
Granville voit son commerce maritime avec Terre-Neuve se développer avec rapidité au cours du XVIII
e
siècle. Ce port arme à la morue verte et à la morue sèche et envoie 1 203 bateaux en pêche pour le siècle dont 429 au
cours de la première moitié et 774 au cours de la seconde moitié. De tous les ports de France, Granville est celui qui se
développe avec le plus d'ampleur au XVIII
e siècle (La Morandière, 1962).
Saint-Malo. Ce siècle est pour l'armement terre-neuvier/nalouin, celui de l'apogée. Premier port morutier de
pêche sédentaire, Saint-Malo arme aussi, au XVIII
e siècle, à la pêche errante avec le même dynamisme. 3 426
terreneuviers partent en pêche, dont 1 548 de 1700 à 1750 et 1 878 dans la seconde moitié du siècle. Les diverses
périodes de guerre ne semblent pas avoir affecté cette activité essentielle qui place Saint-Malo au premier rang de
France pour le siècle.
A Bayonne et Saint-Jean-de-Luz, le commerce morutier augmenta au cours du siècle malgré la guerre de
succession d'Autriche et la Guerre de Sept Ans qui furent autant de coups d'arrêt au commerce maritime. Les Basques
envoient cependant 88 bateaux à Terre-Neuve pendant la première moitié du siècle et 537 au cours de la seconde
moitié. A la fin du siècle, Bayonne fut déclaré "port franc", ce qui fut très favorable à la pêche morutière. A la veille de la
Révolution, Bayonne et Saint-Jean-de-Luz forment le troisième port morutier français avec pour le siècle un armement
total de 625 départs en pêche recensés.
• Trois ports débutent leur activité, qui se poursuivra de façon notable au XIX
e siècle : Saint-Brieuc, Binic et
Paimpol. La pêche à la morue de Saint-Brieuc, Binic existe dès 1728 avec quelques départs de morutiers. Cette
activité se développe surtout après la guerre de Succession d'Autriche, soit vers 1750, et, en cinquante ans, cette
région arme 233 navires à la pêche sédentaire. Au moment de la Révolution, les départs vers Terre-Neuve diminuent
fortement ainsi que dans tous les ports français.
Paimpol débute son armement juste à la fin du XVIII
e siècle en envoyant quatre bateaux en pêche à TerreNeuve en 1786 qui iront débarquer la morue à Marseille (RAMBERT, 1966). Ce sera au siècle suivant, un port important
de pêche islandaise.
Certains ports ont connu leur période de gloire mais le XVIII
e siècle est marqué par les guerres et un mauvais
climat politique qui influe sur les pêches de la morue. Sa fin est caractérisée par une crise économique d'une part, la
Révolution et les guerres napoléoniennes, d'autre part, est une période troublée avec arrêt ou fort ralentissement des
pêches pour la plupart des ports de 1790 à 1810.
• Au XIX
e siècle
La sécurité en mer étant bien meilleure tout au long du siècle, l'activité de certains ports terre-neuviers ou
islandais se développe et ils deviennent de grands ports morutiers. Certains autres périclitent, envoient quelques
navires en campagne ou arrêtent toute pêche morutière ; d'autres sont uniquement port de décharge ; deux nouveaux
ports morutiers apparaissent (fig.3 ).
• Les ports qui périclitent ou arrêtent définitivement sont : Le Havre, Nantes, Les Sables d'Olonne,
Bayonne et Marseille.
Du Havre partent 77 bateaux à Terre-Neuve, entre 1810 et 1839, mais aucun autre armement ne semble être
répertorié au cours du siècle et le Havre abandonne donc ce commerce.
Nantes envoie encore 59 morutiers de 1818 à 1840 puis cesse toute activité par la suite. Le commerce
morutier disparait totalement aux Sables d'Olonne après les campagnes de dix navires de 1802 à 1818.
Bayonne envoie encore au XIX
e siècle, un certain nombre de morutiers à Terre-Neuve, on en compte 129
jusqu'à la veille de la guerre de 1870, mais ensuite, c'est l'arrêt définitif de cette pêche.
Marseille, grand port de décharge au XVIII
e siècle est atteint par le déclin de la pêche sédentaire et les
navires ne viennent plus en décharge, d'où l'arrêt de cette activité.
• Deux ports entretiennent encore une petite activité morutière, ce sont la Rochelle et Bordeaux. Très peu
de morutiers quittent La Rochelle pour la pêche à Terre-Neuve ou à Saint-Pierre, au cours du siècle, on n'en compte
que 31.
Pour Bordeaux, bien que seuls 34 morutiers partent effectivement en campagne de pêche, ce port est
considéré comme un des principaux marchés de la morue au XIX
e , car il est devenu un très gros centre de décharge.
