LES PORTS MORUTIERS
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• Au XVIIIe siècle
• Certains ports, auparavant relativement importants pour la pêche morutière, diminuent leur activité par
suite de la concurrence, et même l'abandonnent quand il se produit un ensemble de taits défavorables. En outre, tout
au cours du siècle, la France subit les conséquences des guerres successives telles que la guerre de Succession
d'Espagne, la guerre de Succession d'Autriche, la Guerre de Sept Ans, la guerre de l'Indépendance américaine, et enfin
la Révolution Française, ce qui équivaut à 25 ans de troubles.
Rouen cesse totalement son activité morutière au début du siècle car il est trop éloigné de la mer et les
capitaux partent ailleurs.
De même Nantes, cesse pratiquement la pêche de la morue. Au début du siècle, ce port arme un certain
nombre de terre-neuviers pour la pêche de la morue sèche mais, comme au siècle précédent, Nantes favorise plutôt le
commerce avec ies Antilles. On dénombre 123 départs de morutiers jusqu'à la Révolution, bien que Nantes soit plutôt
devenu port de décharge et de distribution, en dépit des taxes élevées sur les morues qui freinent quelque peu ce
commerce.
Honfleur, après avoir été un port important du XVI
e et du XVII
e siècle, continue la pêche pendant le XVIII
e
siècle jusqu'à la Révolution, tout en diminuant puis supprimant la pêche errante à la morue verte. A la fin du siècle,
Honfleur abandonne aussi la pêche sédentaire à cause de la pénurie de matelots. Pendant la première moitié du siècle,
192 bateaux quittent Honfleur, et 484 de 1750 à 1789, soit un total de 676 départs en pêche pour le XVIII
e siècle.
Le Havre arme encore régulièrement des morutiers pour Terre-Neuve, de façon assez importante au début
du siècle avec 217 départs de bateaux jusqu'en 1750, puis en diminution constante entre 1750 et 1789 avec 61 départs
de morutiers. Il arrête enfin son activité au moment de la Révolution pour la reprendre un peu entre 1810 et 1840,
préférant commencer avec les "Isles d'Amérique".
Port assez actif au XVIII
e siècle, Les Sables d'Olonne arme 254 morutiers pour pêcher la morue verte au
cours de la première moitié du siècle, et 244 bateaux de 1750 à la Révolution. Mais, à la fin du siècle, on assiste à la
décadence de ce port due à deux causes principales : l'insubordination des matelots et le manque d'empressement des
armateurs à les payer (La Morandière, 1962). La proximité d'autres grands ports morutiers comme Nantes et Bordeaux,
hâte aussi la décadence des Sables dont l'activité s'arrête pratiquement à la Révolution.
• Trois ports continuent à envoyer des bateaux dans la zone de Terre-Neuve avec une activité moyenne
mais continue : Fécamp, La Rochelle et Bordeaux.
On ne peut que constater des départs ponctuels de Fécamp, bien que ce port soit connu depuis le XVI
e
siècle, ceci peut être dû au manque de données. Au XVIII
e siècle, de Fécamp partent 9 bateaux entre 1723 et 1740,
puis 130 bateaux entre 1770 et 1789. La Morandière (1962) estime que lorsque la Révolution éclata, Fécamp armait
environ 10 navires par an pour la pêche errante, maintenant donc une activité
La Rochelle périclite au XVIII
e siècle et devient port de décharge. Treize navires vont en pêche de 1700 à
1709, puis 77 de 1760 à 1780 d'où l'activité moyenne de ce port. Après 1763, une vingtaine de navires par an vient en
décharge à la Rochelle, le commerce essentiel du port se faisant désormais avec les Isles d'Amérique.
Au même titre que Nantes et la Rochelle, Bordeaux n'envoie que peu de morutiers en pêche. On dénombre
36 bateaux partis en pêche sédentaire de 1700 à 1730 et 42 de 1760 à 1789. La principale activité de Bordeaux est la
décharge des morutiers venant d'autres ports et le commerce avec les Antilles.
• Cinq ports ont un commerce morutier important et maintiennent ou augmentent le nombre des navires
en pêche au cours du siècle, ce sont Dunkerque, Dieppe, Granville, Saint-Malo et Bayonne.
Dunkerque est par excellence un port de pêche islandaise dont l'activité est croissante au cours du siècle.
De 1700 à 1750,178 navires arment à la morue verte et, de 1750 à 1800, on dénombre 2 147 départs. L'importance de
Dunkerque qui compte donc 2 325 départs en pêche au XVIII
e siècle en fait un des principaux ports morutiers de son
temps, et le second de France.
Dieppe n'a pas la croissance de Dunkerque, mais l'armement terre-neuvier se maintient, bien qu'il n'y ait que
10 départs recensés de 1700 à 1750, et 139 de 1750 à 1800 qui se font en direction du Grand-Banc et de Terre-Neuve.
Cependant l'activité du port se tourne plutôt vers la décharge des navires de Normandie et de Bretagne venus y livrer
leur cargaison.
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