LES PORTS MORUTIERS
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• A la fin du siècle, deux nouveaux ports commencent leur activité morutière.
Gravelines, à partir de 1881 envoie tout d'abord des bateaux en Islande puis ensuite, de nombreux morutiers
en mer du Nord sur le Dogger Bank. En vingt ans on enregistre 751 départs de morutiers à Gravelines.
Cancale débute son activité en 1885 par trois morutiers qui vont pêcher à Terre-Neuve. Pendant les quinze
dernières années du siècle, partiront au total 147 terreneuviers de Cancale qui ne sera port morutier que pendant la
période entre les deux guerres de 1870 à 1914.
• Le XIX
e siècle est la période de grande activité morutière de l'ensemble des ports de la Manche.
De Dunkerque, grand port morutier essentiellement islandais, partent selon nos chiffres 2 683 bateaux entre
1800 et 1850 et 5 354 au cours de la seconde moitié du siècle soit au total 8 037 morutiers, ce qui met ce port au
premier rang de tous les ports morutiers français de ce siècle.
Boulogne, Fécamp et Dieppe ont également une activité morutière très productive, que ce soit vers TerreNeuve, l'Islande ou la mer du Nord. Boulogne envoie 957 morutiers en pêche, Fécamp : 2 158 et Dieppe 887 au cours
du XIX
e siècle. Les ports de la mer du Nord confirment donc une activité morutière prospère et la guerre de 1870 ne
semble pas avoir affecté les armements de ces ports.
Les ports de la Manche ont aussi un volume de pêche très important. Granville envoie 2 738 bateaux en
pêche en Islande et sur les bancs de Terre-Neuve, doublant ainsi sa flotte morutière du siècle précédent. Saint-Malo
maintient un nombre de départs importants pour Terre-Neuve et Saint-Pierre-et-Miquelon, que l'on estime à 3 797 pour
le siècle, soit un peu plus qu'au XVI II
e siècle. Saint-Brieuc passe de 233 départs en pêche au siècle dernier à 2 452 au
XIX
e siècle soit dix fois plus, ce qui permet d'estimer l'effort de pêche considérable imputable à cette région. Enfin
Paimpol, port morutier très récent, envoie 2 002 bateaux en Islande, se hissant en quelques décennies au niveau des
grands ports morutiers.
Le XIX
e siècle est donc caractérisé par une augmentation du nombre des départs en pêche sur le French
Shore de Terre-Neuve, Saint-Pierre-et-Miquelon, l'Islande, la mer du Nord, pour les huit ports conservant une forte
activité morutière. Sept ports relativement importants périclitent ou abandonnent la pêche de la morue, et deux
nouveaux ports se montrent particulièrement dynamiques à la fin du siècle.
• Au XX
e siècle
La France doit se résigner en 1904 à abandonner ses droits séculaires sur le French Shore de Terre-Neuve.
Les seules zones de pêche désormais possibles restent Saint-Pierre-et-Miquelon, les Bancs, l'Islande et la mer du
Nord.
De nombreux ports, jusque là prospères et qui témoignent depuis le début du siècle d'une forte activité
morutière, abandonnent cette activité à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, Dunkerque, Gravelines, Dieppe,
Granville, Cancale, Saint-Brieuc et Paimpol, qui totalisent en quarante ans 4 064 départs en pêche, arrêtent la pêche à
la morue dès le début de cette guerre.
Trois ports reprennent leur commerce morutier après 1944 alors que celui-ci avait été nul depuis 1939, il
s'agit de Fécamp qui totalise 1 584 départs jusqu'à 1950, Bordeaux avec 228 départs en pêche, Saint-Malo reste, avec
2 543 départs, le plus important port morutier de France au XX
e siècle.
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• A la fin du siècle, deux nouveaux ports commencent leur activité morutière.
Gravelines, à partir de 1881 envoie tout d'abord des bateaux en Islande puis ensuite, de nombreux morutiers
en mer du Nord sur le Dogger Bank. En vingt ans on enregistre 751 départs de morutiers à Gravelines.
Cancale débute son activité en 1885 par trois morutiers qui vont pêcher à Terre-Neuve. Pendant les quinze
dernières années du siècle, partiront au total 147 terreneuviers de Cancale qui ne sera port morutier que pendant la
période entre les deux guerres de 1870 à 1914.
• Le XIX
e siècle est la période de grande activité morutière de l'ensemble des ports de la Manche.
De Dunkerque, grand port morutier essentiellement islandais, partent selon nos chiffres 2 683 bateaux entre
1800 et 1850 et 5 354 au cours de la seconde moitié du siècle soit au total 8 037 morutiers, ce qui met ce port au
premier rang de tous les ports morutiers français de ce siècle.
Boulogne, Fécamp et Dieppe ont également une activité morutière très productive, que ce soit vers TerreNeuve, l'Islande ou la mer du Nord. Boulogne envoie 957 morutiers en pêche, Fécamp : 2 158 et Dieppe 887 au cours
du XIX
e siècle. Les ports de la mer du Nord confirment donc une activité morutière prospère et la guerre de 1870 ne
semble pas avoir affecté les armements de ces ports.
Les ports de la Manche ont aussi un volume de pêche très important. Granville envoie 2 738 bateaux en
pêche en Islande et sur les bancs de Terre-Neuve, doublant ainsi sa flotte morutière du siècle précédent. Saint-Malo
maintient un nombre de départs importants pour Terre-Neuve et Saint-Pierre-et-Miquelon, que l'on estime à 3 797 pour
le siècle, soit un peu plus qu'au XVI II
e siècle. Saint-Brieuc passe de 233 départs en pêche au siècle dernier à 2 452 au
XIX
e siècle soit dix fois plus, ce qui permet d'estimer l'effort de pêche considérable imputable à cette région. Enfin
Paimpol, port morutier très récent, envoie 2 002 bateaux en Islande, se hissant en quelques décennies au niveau des
grands ports morutiers.
Le XIX
e siècle est donc caractérisé par une augmentation du nombre des départs en pêche sur le French
Shore de Terre-Neuve, Saint-Pierre-et-Miquelon, l'Islande, la mer du Nord, pour les huit ports conservant une forte
activité morutière. Sept ports relativement importants périclitent ou abandonnent la pêche de la morue, et deux
nouveaux ports se montrent particulièrement dynamiques à la fin du siècle.
• Au XX
e siècle
La France doit se résigner en 1904 à abandonner ses droits séculaires sur le French Shore de Terre-Neuve.
Les seules zones de pêche désormais possibles restent Saint-Pierre-et-Miquelon, les Bancs, l'Islande et la mer du
Nord.
De nombreux ports, jusque là prospères et qui témoignent depuis le début du siècle d'une forte activité
morutière, abandonnent cette activité à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Ainsi, Dunkerque, Gravelines, Dieppe,
Granville, Cancale, Saint-Brieuc et Paimpol, qui totalisent en quarante ans 4 064 départs en pêche, arrêtent la pêche à
la morue dès le début de cette guerre.
Trois ports reprennent leur commerce morutier après 1944 alors que celui-ci avait été nul depuis 1939, il
s'agit de Fécamp qui totalise 1 584 départs jusqu'à 1950, Bordeaux avec 228 départs en pêche, Saint-Malo reste, avec
2 543 départs, le plus important port morutier de France au XX
e siècle.
