LES PORTS MORUTIERS
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• Au XIX'siècle
La goélette est alors le bateau morutier par excellence, il est le mieux adapté au "métier de pêche" avec son
pont très dégagé qui permet d'y loger les barils et de laisser de la place aux hommes pour pêcher (du Rin, 1938). Des
améliorations ont lieu par rapport à la première génération de "goélette franche à deux mâts". Ainsi, dans la seconde
moitié du siècle on construit des goélettes à trois mâts baptisées "à trois mâts latins". Par la suite, on ajoute d'autres
mâts, jusqu'à sept. On voit apparaître aussi la "goélette à hunier", gréée d'une voile carrée au mât de misaine, et le
"brick-goélette" à 3,4 ou 5 mâts (Bronkhorst, 1927).
A Dunkerque, on utilise la "goélette islandaise", jaugeant de 120 à 150 tonneaux, qui possède trois mâts et
nécessite de 17 à 19 hommes à bord (du Rin, 1938). En Bretagne, les goélettes paimpolaises ont un tonnage
légèrement supérieur et ont besoin de 22 à 25 hommes. Pour la pêche à Saint-Pierre-et-Miquelon, les armements
envoient en mars des goélettes de 50 tonneaux, avec huit hommes d'équipage, de France au Grand-Banc, qui pèchent,
traitent le poisson puis le débarquent à Saint-Pierre pour le faire sécher sur les graves. Après trois aller-retour du banc à
Saint-Pierre, ils effectuent le quatrième mais gardent la morue verte dans les cales et retournent en France avec. Plus
tard dans la saison, de gros brigantins de 100 à 200 tonneaux, avec au minimum 16 hommes à bord, arrivent à la
colonie, déchargent les marchandises importées qu'ils "troquent" contre la morue laissée à sécher sur les graves par les
goélettes, vont pêcher à la morue sèche et repartent en France avec toute la cargaison (Ribault, 1962). Au XIX
e siècle,
on recense 30 334 morutiers qui partent en pêche, dont 10 169 au cours de la première moitié du siècle (données
inexistantes de 1804 à 1813) et 20 165 de 1850 à 1900, ce qui témoigne de l'importance économique de la morue à
cette époque.
• Au XX
e siècle
On retrouve toujours les goélettes à trois ou à quatre mâts et les goélettes à hunier. Les goélettes à
hunier de Saint-Malo ont maintenant une jauge moyenne de 180 tonneaux et le tonnage moyen des trois et quatre mâts
varie de 300 à 400 tonneaux, la plupart des bateaux étant construits dans la région, certains étant munis de moteurs
accessoires à essence ou à pétrole (Bronkhorst, 1927).
A partir de 1903 apparaissent les premiers chalutiers à vapeur qui vont pêcher en Islande, puis l'année
suivante, les premiers partant pour Terre-Neuve. A cette époque le tonnage moyen des chalutiers de Grande Pêche
oscille entre 70 et 100 tonneaux. Pour la sécurité, la traversée et le rendement, des navires de 150 à 200 tonneaux
étant préférables, après 1919 on envoie des bâtiments plus importants. Les chalutiers construits après 1918, ont une
jauge brute moyenne de 400 tonneaux et des machines-vapeur d'une puissance de 700 à 800 CV, leur permettant des
vitesses de 10 à 12 noeuds (Bronkhorst, 1927).
On considère alors que le rendement moyen d'un chalutier est équivalent au double de celui d'un
voilier. Petit à petit, les chalutiers à vapeur remplacent les voiliers. Au début du siècle, la pêche en Islande est
effectuée par 164 voiliers en 1902, puis par 158 voiliers et 4 chalutiers en 1903, par 145 voiliers et 12 chalutiers en
1904, et ainsi de suite. En 1920, il n'y a plus que 17 voiliers mais 15 chalutiers pour la pêche islandaise.
Dans la zone de Terre-Neuve la pêche connaît la même évolution, les voiliers sont peu à peu remplacés par
les chalutiers. Il faut noter également la forte diminution de la pêche sédentaire. De 100 bateaux vers 1800, l'effectif
tombe à 7 ou 8 en 1904. Ceci est dû à l'importance prise par la pêche hauturière fraîche depuis le début du siècle,
grâce aux innovations techniques.
ÉVOLUTION DES PORTS
• Au XVI
e siècle
Les armements vers les "Terres-Neuves" se font dans les ports où l'argent est abondant parce qu'il s'agit
d'une ville opulante et son arrière-pays riche, tels que Rouen, Saint-Malo, Nantes, Olonne, La Rochelle, Bordeaux et
Bayonne, mais aussi d'une quantité de petits ports comme Régnéville, Binic. On estime qu'entre 1510 et 1540 une
cinquantaine de ports envoient des bateaux pêcher la morue (La Morandière, 1962). Certains se spécialisent dans la
morue verte comme Fécamp, Honfleur, Le Havre, d'autres deviennent des ports de morue sèche comme Nantes et
Bayonne, mais de nombreux ports pratiquent les deux sortes de pêche (fig. 3). Cette pêche morutière, peu commune et
conçue comme une bonne aubaine incite de nombreux petits armateurs à investir. Le but est de rapporter le plus
possible de morue, poisson facile à conserver et de vente assurée.
La seconde moitié du XVI
e siècle est une époque de croissance économique en France. Des villes comme
La Rochelle et Bordeaux prennent une grande importance (Turgeon, 1985). Ainsi, La Rochelle, qui semble avoir été un
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