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LES PORTS MORUTIERS
marché international de la morue verte et sèche, envoie de 11 à 49 navires par an à Terre-Neuve entre 1559 et 1565
(Trocmé et Delafosse, 1952). Ces auteurs estiment aussi à 100 navires les départs de Bretagne. De Bordeaux, s'en
vont 38 morutiers en 1565,18 en 1575 et 47 en 1585 (Turgeon, 1986).
Les ports de la Manche participent aussi à la pêche terre-neuvienne mais les navires sont moins nombreux :
4 viennent de Saint-Malo en 1566, 12 de Granville en 1572, 17 de Honfleur en 1577, et 5 de Fécamp en 1564 (La
Morandière, 1962).
Au XVI
e siècle, les premiers ports morutiers sont, La Rochelle et Rouen qui envoient respectivement 268 et
336 bateaux à Terre-Neuve. L'importance de Bordeaux se traduit par 195 navires, celle de Hontleur et Olonne par leur
121 et 108 navires qui arment à la morue.
Ces chiffres, retrouvés de façon ponctuelle grâce aux archives, ne représentent sans doute qu'une partie de
la flotte existant au XVI
e siècle.
Dès la fin du siècle et au cours du siècle suivant, la croissance générale de l'économie a tendance à se
ralentir mais, pour de nombreux ports, le XVII
e siècle reste une période de pêche morutière intensive.
• Au XVII
e siècle
Ce siècle marque l'essor de la "grande pêche" en quantités pêchées, bien que le nombre de ports armant à
la pêche de la morue ait fortement diminué. Ainsi, de la cinquantaine de ports terre-neuviers du XVI
e siècle, il n'en reste
plus qu'une dizaine où se concentre l'armement.
En 1664, l'Inventaire Colbert nous indique qu'il ne reste que dix-sept ports armant à la morue dont les plus
importants : Dunkerque, Dieppe, Le Havre, Honfleur, Cherbourg, Granville, Saint-Malo, Saint-Brieuc, Nantes, Les
Sables d'Olonne, La Rochelle, Bordeaux, Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et Marseille. Bien que certains ports continuent à
assurer les deux sortes de pêche, errante et sédentaire, désormais la plupart orientent leur flotte vers l'une ou l'autre
des pêches (fig. 3).
Le XVII
e siècle marque la suprématie de Saint-Malo pour la pêche de la morue sèche. La pêche se fait à
Terre-Neuve ou dans le nord-ouest atlantique. Elle s'intensifie à partir de 1620 et se poursuivra au cours des siècles,
avec quelques interruptions, jusqu'à 1940. Les données les plus fiables que nous ayons concernent le nombre de
bateaux partant en pêche. On estime donc à 1 786 le nombre de départs de morutiers malouins vers Terre-Neuve avec
427 dans la première moitié et 1 359 dans la seconde. Les trois quart des navires arment à la morue sèche, l'autre quart
à la morue verte.
Honfleur est le second port morutier du XVII
e siècle avec 1 004 départs vers Terre-Neuve. Les navires
ft
arment pour moitié à la pêche sédentaire e# pour moitié à la pêche errante. Les exemples de Saint-Malo et de Honfleur
nous permettent de constater la permanence des départs en pêche.
Le Havre est le troisième port important, (es Havrais arment essentiellement à la morue verte et on a
répertorié 598 départs de morutiers au cours du siècle. Nantes et Les Sables d'Olonne sont les ports actifs de la côte
atlantique pour la pêche errante, Nantes envoie 169 bateaux et Les Sables 165. Dans ce dernier port, les navires font
souvent deux campagnes par an et bien qu'il nous manque de nombreuses données, les trois dernières années du
siècle témoignent encore de son importance : en 1664, 74 bateaux ont quitté Les Sables, en 1698 on en compte 80 et
en 1699 il y en a eu 11.
Les autres ports morutiers d'importance sont Granville avec, pour le siècle, 156 départs pour les deux sortes
de pêche, La Rochelle et Bordeaux avec une centaine de bateaux pour la pêche de la morue sèche. Dunkerque, avec
73 départs pour la morue verte en Islande devient vraiment un port morutier à partir de 1670. Les autres ports de
moindre importance sont Fécamp, Dieppe, Bayonne et Saint -Jean-de-Luz.
Dans la seconde moitié du siècle, certains ports, notamment Bordeaux et Marseille évoluent petit à petit et
s'orientent vers le commerce de "port de décharge", c'est-à-dire port de débarquement de la morue. Des morutiers
basques ou olonnais portent leur cargaison à Bordeaux, tandis que certains navires malouins ou granvillais viennent
décharger à Marseille. La morue est alors exportée au Portugal, en Espagne, en Italie. De plus, à la fin du siècle,
Nantes, La Rochelle et Bordeaux pratiquent le commerce triangulaire très rémunérateur, avec les Antilles et se
désintéressent des pêcheries de Terre-Neuve.
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