Les concepts à la base des modèles structuraux ont conduit à considérer une surexploitation
"par le recrutement" (Le nombre recruté dans le stock diminue si le stock parental vient à baisser
excessivement) et une surexploitation "par la croissance" (la surpêche de cohortes entraîne une
baisse de leur production sur l’ensemble de la phase exploitée et, donc, du stock dans son
ensemble). Cette surexploitation s’accompagne d’une forte réduction de la taille et du prix
moyens du poisson.
Ces phénomènes biologiques ont des conséquences directes sur l’économie de la pêche. Les
modèles économiques courants partent fréquemment des modèles de production, vu leur
simplicité et dans certains cas, l’absence des estimations des paramètres démographiques
nécessaires à l’emploi des modèles structuraux.
Presque le même message, est jusqu’à présent transmis par les modèles structuraux et les
modèles globaux. Les conclusions économiques de ces deux modèles se ressemblent d’une part,
et se différent de l’autre. La similitude réside dans les conséquences de la limitation des
capacités de capture (pour une flottille donnée, il est possible de projeter les captures, les coûts
et les revenus à un horizon planifié de T années: généralement 20 à 30 ans). Ce sont leurs
exigences respectives en matière d’information qui font leurs différences, notamment dans le
choix de leur application à une pêcherie donnée.
Aussi, le modèle bioéconomique analytique BEAM 4est un outil de gestion rationnelle des
ressources aquatiques exploitées. Il permet de prédire la production en volume et en valeur
ainsi qu’un ensemble de mesure de la performance économique, en fonction de mesures
d’aménagement de pêcherie, telle que la période de fermeture de la pêche, le contrôle de l’effort
de pêche, la taille minimum du maillage et les zones protégées. Il est plurispécifique et
multiflottille. Toutefois, ce modèle a été conçu à l’origine pour l’analyse des pêcheries
tropicales mixtes, même si par ailleurs il demeure général et peut servir à l’analyse de toute
pêcherie.
2.3.2. Modèles d'équilibre et modèles dynamiques
A l’instar des modèles biologiques, les modèles bioéconomiques de pêcheries se classent en
fonction de leurs propriétés. Ils se présentent sous forme de modèles d'équilibre (statique) ou
modèles dynamiques. À partir des premiers, ils procurent les niveaux des prises et des profits
par effort de pêche, à long terme; et selon les seconds, ils offrent pour chaque période d'une
série chronologique, les effets de changements de l'effort de pêche sur les niveaux des prises et
des profits,.
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