Les travaux d’Hottelling (1931) et de Meuriot (1987) illustrent pour une ressource
renouvelable, les coûts d’opportunité du capital naturel (en plus du coût de production, les
entreprises doivent supporter le coût d’opportunité, qui représente, pour une exploitation
optimal d’une ressource épuisable, la valeur actualisée nette du profit marginal, à chaque
moment d’extraction).
Dans le secteur des pêches, la notion de capital est confrontée au problème de la mobilité qui
ne peut-être aborder sans l’analyse des conditions d’accès et de cession souvent soumis à la
réglementation en vigueur. Non plus, le calcul du taux de dépréciation (amortissement) qui
intègre les possibilités de reventes, très faibles en période de surexploitation; mais aussi, la
conversion éventuelle du matériel à d’autres systèmes de capture (forme d’irréversibilité du
capital).
2.3.1.5. Prix et marché
Un système de marché qui fonctionne correctement devient pour les économistes un outil
efficace pour une meilleure répartition des ressources en fonction des besoins des
consommateurs.
La maximisation du bien-être collectif et la répartition équitable des revenus n’est possible que
si les marchés sont parfaitement concurrentiels, que les consommateurs maximisent
rationnellement leur propre satisfaction et que les producteurs, à leur tour, maximisent
rationnellement leurs revenus.
Sur des marchés libres et par rapport à la demande d’usage, les prix du poisson reproduisent
non seulement sa valeur mais aussi, l’image de la rareté du produit halieutique comme
l’explique Hayek (1945) qui conforte les bases d’une politique libérale où toute forme de
régulation à l’entrée non concurrentielle (aides à l’investissement, prix de retrait, …) est exclue.
L’efficacité d’une telle politique est remise en cause par le modèle précurseur de Gordon
(1954), qui met en évidence que dans une pêcherie à accès libre, le bénéfice issu de
l’exploitation de la ressource, ou rente halieutique, est clairement menacé par la surcapacité de
production. Les restrictions sur le travail et l’investissement dans les capacités de production
consentis à l’exploitation, ne peuvent être que l’aboutissement d’une gestion centrale de la
pêche. C’est une nette remise en cause de la faculté attribuée aux prix à être un outil d’aide à la
décision, sensée assurer la rationalité des comportements individuels. D’autant plus, lorsqu’il
s’agit de choix affectant l’environnement tel que démontré par Arow et Fisher (1974) qui
mettent en évidence le caractère des irréversibilités.
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Economie des pêches - 47/99

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