de l’invariabilité du niveau de la technologie ou encore la proportion fixe des facteurs de
production comme le propose Reveret (1985).
En effet, l’application stricte des principes néoclassiques est difficilement compatible avec
l’exploitation d’une ressource renouvelable. Une augmentation du niveau des captures n’est pas
nécessairement la conséquence d’un accroissement des facteurs de production; car, peuvent
intervenir par exemple, le niveau de compétitions sur un même stock ou des conditions
biologiques du renouvellement de celui-ci.
Les stocks halieutiques disponibles déterminent en grande partie la rentabilité des unités de
pêche qui dépendent aussi des conditions de vente du poisson une fois capturé. En période de
déficit de captures et de prix constants, les grands armements subissent plus fortement l’impact
en termes de rentabilité. Ainsi, la croissance de la productivité provoque des déséconomies
d’échelle à court terme dans le secteur de la pêche, particulièrement dans la pêche industrielle.
A cause des coûts non proportionnels (achat de matériel de pêche, de carburant), ces entreprises
éprouvent des difficultés croissantes à compenser les déséconomies par les économies d’échelle
réalisées sur les couts proportionnels (salaires, frais de déchargement) en courte période. Ces
rendements d’échelle décroissants, plaident pour une remise en cause des dimensions optimales
des unités de pêche. Cependant, un examen plus poussé des coûts et des recettes à longs termes
est nécessaire dans la prise en considération des conditions de rentabilité (coût de remplacement
des bateaux de pêche, capitaux propres dont disposent les sociétés d’armement, autres élément
des bilans comptables, ….).
2.3.1.3. Rente halieutique
Un usage économiquement efficace des ressources halieutiques, se décline, selon les
économistes depuis les années 50, à partir des modèles biologiques qui mesurent les effets de
l’intensification de la pêche sur des ressources naturelles limitées. Un surprofit (une rente
économique) nait dans la pêcherie non du fait d’un accroissement des coûts ou de la production,
mais plutôt d’une élévation du prix des produits due à une offre qui n’arrive plus à satisfaire la
demande. La qualité de gestion ou encore l’adoption d’innovations techniques engendrent des
gains de productivité qui s’ajoutent à cette plus-value que les entreprises tirent de la rente
économique (Fig.14).
Ainsi, D. Ricardo, affirme que "le poisson n’est pas cher parce que l’on fait éventuellement
payer une redevance aux pêcheurs, une rente existe parce que le poisson est cher, et le poisson
est cher parce que l’offre ne peut satisfaire la demande. Ce que démontre clairement la pêche
Précédent

Economie des pêches - 42/99

Suivant