Deux types d’informations déterminent les décisions tactiques : celles dites courantes liées au
réseau d’information du pêcheur (prises d’autres pêcheurs et prix de vente espérés) et celles des
connaissances accumulées relatives au savoir-faire et aux résultats antérieurs (situation de la
ressource et de l’espèce ciblée, coûts de production et contraintes imposées par la gestion,
efficacité des opérations techniques).
Néanmoins, les décisions tactiques portent en premier lieu sur le choix de sortir en mer ou non.
Car ce dernier, peu lié à la situation des marchés, résulte des conditions météorologiques et
socioculturelles.
La fréquence et la durée des marées participent à leur tour à la caractérisation des éléments des
décisions tactiques. Ainsi, le concept de décision tactique, influençant les changements au sein
d’un système de capture, recouvre des choix immédiats mais qui s’effectuent aussi, sous la
contrainte des choix stratégiques antérieurs.
Les choix stratégiques par contre, s’effectuent sous la contrainte de divers facteurs tels que
l’évolution de la ressource, des équipements technologiques, du coût du carburants,…qui
finissent par induire des changements qui quelle que soit leur nature, se traduisent par une
transformation du système de production ou d’exploitation. Les décisions relèvent alors de ce
qui est appelé par des décisions stratégiques ou celles qui concernent des décisions de moyen
termes portant sur des choix de production, d’investissement ou plus généralement
d’organisation des facteurs de production. Toujours est-il, le pouvoir décisionnel du pêcheur
reste limité par des obstacles physiques du milieu marin, des conditions biologiques (abondance
des femelles par exemple) et réglementaires (quotas) auxquels viennent se greffer les
obligations sociales (assurances, rôle,…) et l’optimisation économique (marchés, entreprises
de transformation). Ainsi, outre la destination des captures, qui articule l’activité de pêche, les
volumes et les qualités commerciales (facteurs biologiques) entrainent une double stratégie
d’optimisation de l’exploitation. Même les grandes stratégies globales qualifiées de
"collective", forcées par des contraintes communes, sont modulées par des stratégies
individuelles qui répondent à un comportement personnel, à une histoire personnelle et une
"attitude" vis-à-vis du métier.
2.2.3. Phases de l’évolution sociale d’une pêcherie
Des pêcheurs sont attirés par la découverte d’un stock de poisson ne faisant l’objet d’aucune
pêche. Tel est le départ de l’histoire naturelle de toute pêcherie et de son système
d’aménagement qui progressivement, amène différents groupes sociaux externes (d’autres
exploitants, des administrateurs, des scientifiques,…) à s’intéresser à elle. Après un temps,
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Economie des pêches - 28/99

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