Contamination de l'étang de Thau par Alexandrium tamarense
Pour le moment, parmi les méthodes proposées, aucune n'est validée AOAC au
niveau international pour le dépistage des
phycotoxines en contrôle de routine. Néanmoins, la recherche de nouvelles méthodes
et l'amélioration des techniques existantes
sont poursuivies actuellement dans plusieurs pays, dont la France.
La réglementation
Le décret 84-428 du 5 juin 1984 prévoit
que l'Ifremer « apporte à l'Etat et aux
autres personnes morales de droit public
son concours pour l'exercice de leurs responsabilités, notamment pour le contrôle
de la qualité des produits de la mer et du
milieu marin ».
C'est dans ce cadre, et parce que la salubrité des coquillages est étroitement dépendante de la qualité des eaux de récolte ou de
cueillette, que l'Ifremer, pour remplir sa
mission, a développé notamment son
réseau de surveillance du phytoplancton et
des phycotoxines, le Réphy.
En effet, une surveillance de la salubrité des
coquillages exercée seulement en aval de la
filière de production (mise sur le marché,
exposition à la vente) a, chez nous, toujours
été considérée comme devant être complétée par une surveillance du milieu pour une
couverture satisfaisante du risque sanitaire.
Les experts de la protection de la santé des
consommateurs préconisent justement une
stratégie de double surveillance à deux
volets complémentaires. Cette philosophie
a d'ailleurs été adoptée par l'Europe, avec la
publication de la directive 91/492 du 15
juillet 1991 relative aux conditions de production et de mise en marché des mollusques bivalves vivants, qui prévoit :
• un contrôle sanitaire effectué lors de la
mise en vente des mollusques bivalves (cf.
art.3,pt.l/) ;
• une surveillance des zones de production
et de reparcage effectuée sous la responsabilité de l'autorité compétente et fondée sur
des analyses de coquillages et des suivis de
populations phytoplanctoniques.
Le réseau de surveillance Réphy répond à
cette dernière exigence, à la demande du
ministère de l'Agriculture et de la Pêche et
au profit de l'ensemble des ministères techniques concernés, dont le ministère de
l'Emploi et de la Solidarité, chargé de la
Santé. Cette surveillance du milieu qui,
dans les faits, concerne les coquillages en
tant que « matière première » est complétée par les plans de surveillance développés
par les services de la Direction générale de
l'alimentation (Dgal), lesquels veillent à la
qualité sanitaire des coquillages en tant que
« denrée alimentaire ».
Les méthodes mises en oeuvre dans le cadre
des actions précitées, ainsi qu'en matière
d'autocontrôlé à la charge des opérateurs
commerciaux, nécessitent une harmonisation au plan national et au niveau de
l'Union européenne.
En France, l'unité « toxines microbiennes »
du laboratoire central d'hygiène alimentaire a été désignée comme laboratoire national de référence (LNR) pour le contrôle des
biotoxines
marines
par
décision
93/383/CEE du 14 juin 1993 (modifiée par
décision 99/312/CEE du 29 avril 1999). Ce
laboratoire du Centre national d'études
vétérinaires et alimentaires (Cneva) a été
intégré, comme l'ensemble du Cneva, dans
l'Agence française de sécurité sanitaire des
aliments (Afssa) depuis le 30 mars 1999.
Cette même décision 93/383/CEE désigne
le laboratoire du ministère espagnol de la
Santé et de la Consommation à Vigo
comme laboratoire communautaire de référence (LCR), lequel est actuellement le
laboratoire des biotoxines marines de la circonscription sanitaire de Vigo (station
maritime s/n E-36271 Vigo).
Le LCR a pour mission d'assister aux plans
scientifique et technique les LNR pour
concourir à la mise au point et à l'adoption
de méthodes harmonisées. Il participe à la
formation des LNR, coordonne leurs activités au niveau communautaire et organise
des essais comparatifs entre les États
membres. Il fournit également une assistance technique et scientifique aux services
de la Commission.
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