Méthodes proposées pour remplacer
le test DSP sur souris
Bien que le test sur souris soit simple à pratiquer et permette d'évaluer une toxicité
globale des coquillages liée ou non aux
phycotoxines, cette technique pourrait être
progressivement abandonnée si d'autres
tests ou éventails de tests permettent de
garantir un niveau de sécurité sanitaire
équivalent.
La recherche de méthodes spécifiques à certaines molécules a conduit au développement et à l'exploitation des tests in vitro
(culture cellulaire, réaction enzymatique...). En effet, la faisabilité de ces tests
est aujourd'hui rendue possible grâce à la
maîtrise de la culture cellulaire et à l'apparition d'outils biologiques de pointe pour
la mesure de la toxicité in vitro.
Ainsi, récemment, un test toxicologique
spécifique des PSP a été développé par les
Canadiens. Il utilise une culture de neuroblastomes de souris. Ce test est fondé sur le
mode d'action des toxines paralysantes,
qui agissent directement sur les mécanismes de transmission des influx nerveux
en bloquant la perméabilité des cellules
nerveuses aux ions sodium. Il a été comparé à l'essai biologique sur souris et fait
l'objet actuellement d'une étude de validation internationale ^
2 \
Concernant les toxines diarrhéiques, deux
tests in vitro sont en cours de mise au point
ou de prévalidation ^ '. Ils se fondent sur
l'exploitation directe ou indirecte de l'effet inhibiteur de l'acide okadaïque sur les
protéines-phosphatases (PP1 et PP2A). Le
premier utilise un extrait de PP2A, et l'effet inhibiteur direct de l'AO, des DTX-1
et DTX-2 est évalué par un dosage colorimétrique. Le deuxième test utilise une
suspension de culture cellulaire sur laquelle l'effet toxique de l'AO se traduit par
une modification de la morphologie des
cellules en inhibant les PP2A du cytosquelette. Ces tests possèdent les critères
de spécificité, de sensibilité et de rapidité
nécessaires sans utiliser des animaux
(2) Ces tests « alternatifs » sont actuellement
vivants. Ils sont également bien corrélés
avec le test de toxicité aiguë sur souris et
avec le dosage chimique par CLHP (Amzil
et al., 1992 ; Marcaillou-Le Baut et al.,
1994 ; Honkanen étal., 1996).
Plusieurs tentatives sont également effectuées pour développer des systèmes d'analyse immunologique de ces phycotoxines
(Frémy étal., 1994).
De même, un test immunoenzymatique a
été mis au point par une équipe allemande
pour la détection de la saxitoxine (PSP) ; il
est actuellement commercialisé sous forme
d'un kit (Ridascreen, R-Biopharm). À la
suite d'une étude d'intercalibration organisée par le Bureau communautaire de
référence (BCR), l'étude comparative avec
l'analyse physicochimique a montré que ce
test conduisait à une surestimation de la
saxitoxine. De ce fait, cette technique est
actuellement pratiquée pour une mesure
semi-quantitative des PSP. Néanmoins,
lors de la contamination PSP des
coquillages dans l'étang de Thau, cette
technique a été utilisée, à la demande des
conchyliculteurs, par le laboratoire privé
Écobiolab, à Sète. Les résultats obtenus
ont montré une grande cohérence avec
ceux de l'Ifremer.
Concernant les DSP, plusieurs tests
immunologiques ont été développés pour
la détection de l'acide okadaïque mais ils
n'ont pas été validés à cause des problèmes d'interférence avec d'autres
toxines marines ayant des structures
moléculaires voisines (maitotoxine, palytoxine, brevetoxine...). Récemment, un
kit Elisa a été commercialisé, utilisant un
anticorps monoclonal anti-acide okadaïque. Il est beaucoup plus sensible à
l'acide okadaïque qu'à ses dérivés (DTX-1,
DTX-2) et insensible au dérivé DTX-3,
ce qui peut conduire à une sous-estimation de la toxicité globale des coquillages
contenant ces dérivés. De plus, cette technique présente un coût très élevé, surtout
pour le traitement de nombreux échantillons dans le cadre d'un réseau de
contrôle comme le Réphy.
et évalués par l'Ifremer-Nantes.
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