pour la première fois dans cette zone en
1982, lors d'un bloom à 10 millions de cellules par litre sur la côte d'ÉmilieRomagne, à Cervia. Les test PSP sur les
coquillages sont alors négatifs. La même
espèce prolifère à nouveau dans la même
zone en 1985, ce qui permet de l'isoler
pour la mettre en culture (Boni et al,
1986). La culture se révélera non toxique et
cette espèce sera détectée par la suite de
façon répétée dans cette même zone, mais
sans cas de PSP.
Une prolifération très dense (4 millions de
cellules par litre) d'A. tamarense est observée
dans la lagune de Ca Pisani (Rovigo), toujours en Italie, en 1993. La cause présumée
est l'eutrophisation liée à une aquaculture
intensive (poissons). Le bloom provoque
l'anoxie du milieu, des mortalités de macrophytes et le relargage de matières organiques.
En Espagne (côte catalane), A. tamarense est
signalé dans ses listes floristiques entre 1962
et 1967, mais sans mention de proliférations
exceptionnelles. Enfin, en Grèce, GotsisSkretas signale une eau colorée à Alexandrium
tamarense en 1986.
Les autres espèces d
: Alexandrium ayant provoqué des proliférations, toxiques ou non, en
Méditerranée occidentale ou orientale sont
essentiellement : A. minutum (France, Espagne,
Italie, Turquie, Egypte), A. taylori (Espagne,
Baléares, Sicile), A. balecbii (Italie) et A. insuetum (France).
En terme de présence de toxines paralysantes
dans les coquillages méditerranéens, on peut
noter que des blooms toxiques sont observés
dès 1978, puis en 1985 et 1988 sur la côte
méditerranéenne du Maroc. En 1994, des
intoxications alimentaires de type PSP sont
signalées et liées de façon indubitable à une
prolifération de Gymnodinium catenatum (Joutei, 1998). En ce qui concerne les contaminations PSP liées à des proliférations
d Alexandrium, la première mention concerne
l'Emilie-Romagne en 1994 (A. minutum). Ce
phénomène isolé ne se reproduira pas en
1995 et 1996. Un bloom toxique d'A. minutum est également observé, en 1995, au
niveau des îles Baléares.
Ces données, ainsi que l'épisode PSP enregistré à Thau en novembre et décembre
1998, confirment les résultats expérimentaux qui avaient été obtenus par l'Ifremer à
partir de cultures de différentes espèces
& Alexandrium : 1) il existe des souches non
toxiques d'A. tamarense ; 2) les différences de
toxicité entre espèces d'Alexandrium entraînent des comportements alimentaires différents pour une même espèce de coquillage :
lors des proliférations d'A. minutum, espèce
faiblement toxique, en Bretagne Nord,
moules et huîtres étaient contaminées de
Figure 5
Concentrations en Pseudo-nitzschia
spp. entre 1991 et 1998
dans le bassin de Thau, au point de
prélèvement « Bouzigues ».
Teneur en Pseudoniztschia
dans l'étang de Thau : point Bouzigues
Année de prélèvemenl
13
Précédent

- 14/45

Suivant