Contamination de l'étang de Thau par Alexandnum tamarense
nous permettrait peut-être de savoir si
l'épisode toxique de Thau était lié à la
seule présence de l'espèce Alexandrium
tamarense ou à celle conjuguée d'A. tamarense et A, catenella.
Généralités sur A. tamarense.
Les autres Alexandrium
signalés en Méditerranée
Alexandrium tamarense est connu de longue
date pour sa propriété à contaminer les
coquillages filtreurs et à représenter ainsi
un danger pour le consommateur de fruits
de mer : des cas d'intoxication paralysante
après consommation de moules sont décrits
dès 1888 à Liverpool. Des symptômes
similaires (PSP) affectent 78 personnes en
1968 sur la côte nord-est de l'Angleterre,
alors que seulement une dizaine de cas
avaient été recensés depuis 1888. A. tamarense (à l'époque Gonyaulax tamarensis) était
déjà identifié en 1963 comme l'espèce responsable de contamination PSP au Canada
et en Norvège.
En fait, A. tamarense a été associé à des
contaminations PSP de coquillages et à des
intoxications humaines dans plusieurs pays
limitrophes des côtes de l'Atlantique Nord
(Etats-Unis, Canada), de l'Atlantique Sud
(Venezuela, Uruguay, Argentine), de la
mer du Nord (Angleterre, Norvège, Danemark) et du Pacifique (Japon, Corée du
Sud, Taïwan). Si les coquillages filtreurs le
plus souvent contaminés sont les moules,
on cite également les huîtres, les palourdes,
les pétoncles et les coquilles Saint-Jacques,
les coques, les myes, les spisules, etc., mais
aussi plusieurs prédateurs de bivalves
(crustacés et oiseaux marins) et, enfin,
quelques poissons tels que maquereaux et
salmonidés.
Teneur en Dinophysis dans le bassin de Thau ' . point Marseillan
Teneur en Dinophysis dans le bassin de Thau : point Bouzigu
Figure 4
Concentrations en Dinophysis spp. entre 1988 et 1998 dans le bassin de Thau,
aux points de prélèvement « Marseillan » (en haut) et « Bouzigues » (en bas).
Jusqu'à ces derniers événements, le littoral
méditerranéen paraissait globalement épargné par ce type de manifestation (fig. 3).
Pourtant, A. tamarense avait été signalé en
Italie, en particulier en Adriatique (côtes
d'Emilie-Romagne) et dans les golfes de
Naples et Salerne (sud de la mer Tyrrhénienne). En fait, A. tamarense est observé
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