Etat de l'art
• la phase de contamination est rapide,
ainsi que le début de la décontamination ;
• les palourdes nécessitent une concentration
beaucoup plus élevée d'A. minutum pour se
contaminer au même niveau que les moules ;
• la saxitoxine, un des composés les plus
dangereux de l'ensemble des toxines PSP,
n'est que peu ou pas présente dans l'algue
mais peut apparaître dans le coquillage lors
de la décontamination, par biotransformation des autres toxines.
La contamination expérimentale de
coquilles Saint-Jacques par une souche d'A.
tamarense a révélé le rôle important des
reins du mollusque dans la rétention prolongée des toxines, à des concentrations
élevées, au cours de la phase d'épuration.
L'essentiel des toxines se trouve, en effet,
dans la glande digestive mais leurs proportions, au cours de l'épuration, augmentent
dans les reins et la gonade alors qu'elles
diminuent dans le muscle.
Identification de l'algue responsable
Fin octobre 1998, les caractères morphologiques des cellules rondes et aptes à former
de courtes chaînes détectées dans l'étang de
Thau ont très vite permis de dire qu'il
s'agissait d'un Alexandrium.
Il restait
cependant à déterminer l'espèce en cause.
Parmi les différentes classes de microalgues
constituant le phytoplancton marin, celle
des dinophycées (dinoflagellés) se caractérise extérieurement par deux flagelles logés
dans des sillons orthogonaux et, chez certains genres, par la présence d'une enveloppe cellulosique plus ou moins épaisse.
Cette dernière, appelée « thèque », se présente à l'examen microscopique comme un
ensemble de plaques dont le nombre, la
forme et l'agencement (tabulation) permettent de déterminer l'espèce. Dans le cas de
Y Alexandrium de l'étang de Thau, les
plaques de la thèque paraissaient correspondre à l'espèce A. tamarense (fig. 2).
Toutefois, le pore de la plaque ventrale, élément important pour la diagnose des
Alexandrium, n'était parfaitement visible
que sur certaines thèques. Sa facilité d'observation est généralement fonction de son
degré d'indentation sur cette plaque. En
effet, localisé sur la ligne de suture entre la
« ventrale » et la plaque voisine (quatrième
apicale), il indente peu, voire pas du tout, la
plaque ventrale (Balech, 1995). Il peut donc
facilement être omis, d'où la position de certains taxonomistes qui considèrent que l'absence de pore ventral ne devrait pas être
considérée comme une caractéristique spécifique. Cet avis n'est pas partagé par d'autres
qui fondent la discrimination entre A.
tamarense et A. catenella, par exemple, sur la
présence ou l'absence de ce pore, respectivement chez la première et la deuxième espèces.
Face à ces opinions divergentes, quelques
auteurs préfèrent parler d'un complexe
« Alexandrium tamarense/catenella », qui
comprend plusieurs types morphologiques
allant de la forme « tamarensoïde » à la
forme « catenelloïde ». L'analyse génétique
Figure 3
Localisation des proliférations
d'/\. tamarense #
et Alexandrium spp. O
sur le littoral méditerranéen,
entre 1962 et 1998.
11
• la phase de contamination est rapide,
ainsi que le début de la décontamination ;
• les palourdes nécessitent une concentration
beaucoup plus élevée d'A. minutum pour se
contaminer au même niveau que les moules ;
• la saxitoxine, un des composés les plus
dangereux de l'ensemble des toxines PSP,
n'est que peu ou pas présente dans l'algue
mais peut apparaître dans le coquillage lors
de la décontamination, par biotransformation des autres toxines.
La contamination expérimentale de
coquilles Saint-Jacques par une souche d'A.
tamarense a révélé le rôle important des
reins du mollusque dans la rétention prolongée des toxines, à des concentrations
élevées, au cours de la phase d'épuration.
L'essentiel des toxines se trouve, en effet,
dans la glande digestive mais leurs proportions, au cours de l'épuration, augmentent
dans les reins et la gonade alors qu'elles
diminuent dans le muscle.
Identification de l'algue responsable
Fin octobre 1998, les caractères morphologiques des cellules rondes et aptes à former
de courtes chaînes détectées dans l'étang de
Thau ont très vite permis de dire qu'il
s'agissait d'un Alexandrium.
Il restait
cependant à déterminer l'espèce en cause.
Parmi les différentes classes de microalgues
constituant le phytoplancton marin, celle
des dinophycées (dinoflagellés) se caractérise extérieurement par deux flagelles logés
dans des sillons orthogonaux et, chez certains genres, par la présence d'une enveloppe cellulosique plus ou moins épaisse.
Cette dernière, appelée « thèque », se présente à l'examen microscopique comme un
ensemble de plaques dont le nombre, la
forme et l'agencement (tabulation) permettent de déterminer l'espèce. Dans le cas de
Y Alexandrium de l'étang de Thau, les
plaques de la thèque paraissaient correspondre à l'espèce A. tamarense (fig. 2).
Toutefois, le pore de la plaque ventrale, élément important pour la diagnose des
Alexandrium, n'était parfaitement visible
que sur certaines thèques. Sa facilité d'observation est généralement fonction de son
degré d'indentation sur cette plaque. En
effet, localisé sur la ligne de suture entre la
« ventrale » et la plaque voisine (quatrième
apicale), il indente peu, voire pas du tout, la
plaque ventrale (Balech, 1995). Il peut donc
facilement être omis, d'où la position de certains taxonomistes qui considèrent que l'absence de pore ventral ne devrait pas être
considérée comme une caractéristique spécifique. Cet avis n'est pas partagé par d'autres
qui fondent la discrimination entre A.
tamarense et A. catenella, par exemple, sur la
présence ou l'absence de ce pore, respectivement chez la première et la deuxième espèces.
Face à ces opinions divergentes, quelques
auteurs préfèrent parler d'un complexe
« Alexandrium tamarense/catenella », qui
comprend plusieurs types morphologiques
allant de la forme « tamarensoïde » à la
forme « catenelloïde ». L'analyse génétique
Figure 3
Localisation des proliférations
d'/\. tamarense #
et Alexandrium spp. O
sur le littoral méditerranéen,
entre 1962 et 1998.
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