Microalgues marines : les enjeux de la recherche
duquel les difficultés de cette forme de nutrition
larvaire ont été mises en évidence : sur 19 essais
d'alimentation à partir de pâte monospécifique
d'algue produite à distance, un seul a permis d'obtenir des métamorphoses. Cela a montré que l'alimentation inerte n'est pas pour une échéance prévisible, et qu'un perfectionnement de l'alimentation à base d'algue est nécessaire économiquement, pour réduire les coûts et améliorer la qualité, et scientifiquement, pour mieux comprendre la
nature des besoins.
Les enjeux économiques et sociaux
La principale menace pour la conchyliculture est
une épizootie qui décimerait l'activité très brutalement, comme cela s'est produit pour l'huître
portugaise et l'huître plate. L'obtention de
souches résistantes aux maladies par la voie de la
génétique est une des principales solutions pour
pallier ce risque majeur, et constitue une priorité
pour la profession (de l'ordre de 10 000 emplois
directs, et autant d'emplois induits, à plein temps).
Ce progrès génétique ne pourra se traduire au
niveau industriel que par un renoncement à la
technique traditionnelle du captage d'huîtres sauvages au profit d'un approvisionnement à partir
des écloseries-nurseries. Aux États-Unis (côte
ouest), 80 % de la production passe déjà par cette voie. En France, la progression est régulière,
mais ne concerne que 10 % de la production pour
l'instant. Le recours aux produits d'écloserie tendra à se généraliser dès que les premiers produits
de la sélection génétique seront sur le marché. La
sélection des huîtres plates résistantes à Bonamia
sont prévues pour une échéance proche, et les travaux sont d'ores et déjà engagés pour la sélection
d'une souche de C. gigas à l'immunité renforcée.
Un recours plus systématique aux écloseries est
donc souhaitable à terme. Il sera d'autant plus facile à obtenir de la profession que les techniques
seront maîtrisées et les coûts abordables. C'est
pourquoi les recherches portent sur l'amélioration
des techniques d'écloserie, et notamment l'alimentation larvaire à base de microalgues.
Prégrossissement intensif
de coquillages
Certaines espèces de microalgues comme la diatomée Skeletonema costatum sont utilisées pour
le prégrossissement intensif en nurserie de
coquillages d'intérêt commercial (huîtres creuses,
plates et palourdes). Elles sont cependant inféodées à la présence d'eaux salées souterraines utilisées comme milieu de culture (voir « Maîtrise
de la production photoautotrophe » supra).
Ainsi après une mise au point de quelques années,
cette technique permettant de faire croître de mars
à novembre de jeunes bivalves de 4 à 10 mm a été
transférée aux conchyliculteurs de la façade atlantique (Vendée, Charente Maritime). À ce jour, 20
entreprises artisanales l'utilisent et produisent
quelques 150 millions de naissains de bivalves
par an, soit un chiffre d'affaires de l'ordre de 9 MF.
Télécaptage de l'huître creuse
Les microalgues, et en particulier S. costatum,
peuvent également être utilisées de manière différée pour le télécaptage de jeunes huîtres issues
d'écloserie. Cette technique consiste à transporter
des larves compétentes pour la métamorphose et
à les immerger dans un bassin contenant des supports (capteurs) afin d'effectuer sur place la fixation qui permettra un élevage ultérieur. Dans ce
cas, le phytoplancton (diatomées, flagellés) peut
être concentré par centrifugation, puis conservé
au froid modéré (5 °C) avec des conservateurs,
ou congelé à -20 °C, ou mieux à -80 °C. Cette
nourriture est ensuite diluée à la concentration
voulue dans les bassins de télécaptage et permet
d'assurer la fixation des jeunes huîtres dans de
bonnes conditions. Ce marché peut représenter
de 5 à 10 % des besoins en naissain de l'ostréiculture nationale.
Affinage de l'huître creuse
Le phytoplancton est utilisé également comme
algue fourrage pour assurer l'affinage contrôlé
d'huîtres creuses destinées à la commercialisation.
Des techniques intensives basées sur la production
de grands volumes extérieurs (100 m
3
) de la diatomée Skeletonema costatum sur eau salée souterraine permettent, en 30 jours avec des températures situées entre 8 et 12 °C, de multiplier par 2 le
poids sec et par 3 la quantité de glycogène contenue dans la chair de l'huître. Récemment des techniques semi-intensives basées sur l'amendement
d'eau de mer et la production de microalgues fourrage, permettent d'envisager à court terme un affinage des huîtres creuses dans la plupart des zones
duquel les difficultés de cette forme de nutrition
larvaire ont été mises en évidence : sur 19 essais
d'alimentation à partir de pâte monospécifique
d'algue produite à distance, un seul a permis d'obtenir des métamorphoses. Cela a montré que l'alimentation inerte n'est pas pour une échéance prévisible, et qu'un perfectionnement de l'alimentation à base d'algue est nécessaire économiquement, pour réduire les coûts et améliorer la qualité, et scientifiquement, pour mieux comprendre la
nature des besoins.
Les enjeux économiques et sociaux
La principale menace pour la conchyliculture est
une épizootie qui décimerait l'activité très brutalement, comme cela s'est produit pour l'huître
portugaise et l'huître plate. L'obtention de
souches résistantes aux maladies par la voie de la
génétique est une des principales solutions pour
pallier ce risque majeur, et constitue une priorité
pour la profession (de l'ordre de 10 000 emplois
directs, et autant d'emplois induits, à plein temps).
Ce progrès génétique ne pourra se traduire au
niveau industriel que par un renoncement à la
technique traditionnelle du captage d'huîtres sauvages au profit d'un approvisionnement à partir
des écloseries-nurseries. Aux États-Unis (côte
ouest), 80 % de la production passe déjà par cette voie. En France, la progression est régulière,
mais ne concerne que 10 % de la production pour
l'instant. Le recours aux produits d'écloserie tendra à se généraliser dès que les premiers produits
de la sélection génétique seront sur le marché. La
sélection des huîtres plates résistantes à Bonamia
sont prévues pour une échéance proche, et les travaux sont d'ores et déjà engagés pour la sélection
d'une souche de C. gigas à l'immunité renforcée.
Un recours plus systématique aux écloseries est
donc souhaitable à terme. Il sera d'autant plus facile à obtenir de la profession que les techniques
seront maîtrisées et les coûts abordables. C'est
pourquoi les recherches portent sur l'amélioration
des techniques d'écloserie, et notamment l'alimentation larvaire à base de microalgues.
Prégrossissement intensif
de coquillages
Certaines espèces de microalgues comme la diatomée Skeletonema costatum sont utilisées pour
le prégrossissement intensif en nurserie de
coquillages d'intérêt commercial (huîtres creuses,
plates et palourdes). Elles sont cependant inféodées à la présence d'eaux salées souterraines utilisées comme milieu de culture (voir « Maîtrise
de la production photoautotrophe » supra).
Ainsi après une mise au point de quelques années,
cette technique permettant de faire croître de mars
à novembre de jeunes bivalves de 4 à 10 mm a été
transférée aux conchyliculteurs de la façade atlantique (Vendée, Charente Maritime). À ce jour, 20
entreprises artisanales l'utilisent et produisent
quelques 150 millions de naissains de bivalves
par an, soit un chiffre d'affaires de l'ordre de 9 MF.
Télécaptage de l'huître creuse
Les microalgues, et en particulier S. costatum,
peuvent également être utilisées de manière différée pour le télécaptage de jeunes huîtres issues
d'écloserie. Cette technique consiste à transporter
des larves compétentes pour la métamorphose et
à les immerger dans un bassin contenant des supports (capteurs) afin d'effectuer sur place la fixation qui permettra un élevage ultérieur. Dans ce
cas, le phytoplancton (diatomées, flagellés) peut
être concentré par centrifugation, puis conservé
au froid modéré (5 °C) avec des conservateurs,
ou congelé à -20 °C, ou mieux à -80 °C. Cette
nourriture est ensuite diluée à la concentration
voulue dans les bassins de télécaptage et permet
d'assurer la fixation des jeunes huîtres dans de
bonnes conditions. Ce marché peut représenter
de 5 à 10 % des besoins en naissain de l'ostréiculture nationale.
Affinage de l'huître creuse
Le phytoplancton est utilisé également comme
algue fourrage pour assurer l'affinage contrôlé
d'huîtres creuses destinées à la commercialisation.
Des techniques intensives basées sur la production
de grands volumes extérieurs (100 m
3
) de la diatomée Skeletonema costatum sur eau salée souterraine permettent, en 30 jours avec des températures situées entre 8 et 12 °C, de multiplier par 2 le
poids sec et par 3 la quantité de glycogène contenue dans la chair de l'huître. Récemment des techniques semi-intensives basées sur l'amendement
d'eau de mer et la production de microalgues fourrage, permettent d'envisager à court terme un affinage des huîtres creuses dans la plupart des zones
