3 - Relations trophiques et évaluation des ressources plurispécifiques
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diffuser l'idée que les deux phénomènes pouvaient être liés par l'intermédiaire
d'interactions au sein de l'écosystème tout entier. Ce modèle ne permettait pas de
rejeter l'hypothèse selon laquelle un accroissement de la nourriture disponible,
consécutif à la surexploitation des stocks pélagiques, pouvait être à l'origine de
l'augmentation des stocks démersaux et des espèces exploitées pour la production de
farine : sprat, tacaud norvégien, merlan, lieu noir (Ursin and Andersen 1978). Il
montrait, en outre, que les taux de mortalité naturelle utilisés jusque là dans les
modèles d'évaluation classiques ne concordaient pas avec les connaissances acquises sur
la trophodynamique des stocks halieutiques de la mer du Nord (Ursin 1982). Ces
résultats font toujours l'objet de nombreux débats et aucun accord ne s'est fait sur la
dynamique des modifications observées (cf. § 1.2.). Il n'empêche que les travaux
d'Andersen et Ursin ont élargi le champ de la théorie actuelle de la dynamique des
populations exploitées et stimulé les recherches sur l'évaluation des ressources
plurispécifiques.
Les chercheurs, comme les administrateurs, attendaient beaucoup de l'analyse
plurispécifique. Ils avaient en cela deux raisons. Une meilleure compréhension du rôle
des relations interspécifiques dans la dynamique des populations de poissons exploitées
permettrait d'améliorer la qualité des avis scientifiques. En second lieu, le progrès des
connaissances dans ce domaine permettrait d'envisager de nouvelles formes de
valorisation de la production halieutique. Si la pêche a contribué à modifier l'état de
l'écosystème halieutique de la mer du Nord survenu au cours des années 60-70, ne
serait-il pas possible, en modulant la distribution de l'effort de pêche sur les principales
ressources, d'augmenter la valeur de la production globale, en favorisant par exemple la
productivité des ressources démersales au détriment de celle des stocks pélagiques ?
Les interactions biologiques ne se limitent pas aux relations trophiques ; le
parasitisme et les maladies interviennent également. On sait peu de chose sur le rôle
des maladies dans la régulation des populations marines (chapitre 11). Mais les
relations prédateurs/proies jouent un rôle probablement dominant. A cet égard, il y a
lieu de distinguer la compétition de la prédation, c'est-à-dire les relations trophiques
vues par le prédateur, de celles vues par la proie. Mais les deux processus sont
étroitement liés.
Schématiquement, une cohorte passe au cours de son existence par trois phases
successives :
- au cours d'une première étape, presque toujours pélagique, le taux de survie
des oeufs, larves et post-larves varie fortement d'une année à l'autre sous l'effet des
fluctuations de l'environnement. Ces effets se répercutent directement sur le succès du
recrutement pour une biomasse féconde donnée. Même si cette variabilité fait
intervenir immédiatement des processus biotiques, les facteurs abiotiques sont
finalement prépondérants (chapitre 4). L'impact de la prédation pendant cette phase
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