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B. Mesnil
selon l'année, la saison et le secteur géographique ; d'autre part, l'incertitude qui peut
les entacher affecte la robustesse des conclusions. Cela explique que l'approche n'ait
jusqu'ici été tentée, à titre scientifique, qu'en mer du Nord et en mer Baltique. En
outre, comme pour d'autres problèmes de densité-dépendance, il n'est pas certain que
les abondances quelque peu fictives simulées sous hypothèse d'équilibre permettent une
juste quantification des relations prédateurs-proies. Les paramètres de ces dernières
restent déterministes et ne rendent pas compte du comportement opportuniste de
certains prédateurs. Surtout, l'analyse de cohortes plurispécifiques s'adresse par essence
à la phase exploitée, alors que les interactions trophiques les plus cruciales semblent
survenir au cours de la phase prérecrutée. Ces relations se modifient au cours des
phases successives de l'ontogenèse. Les relations trophiques entre deux espèces ne sont
donc pas univoques.
Ainsi, les modèles d'interactions techniques apparaissent actuellement mieux
adaptés aux problèmes et aux possibilités d'action.
3.6. Vers les modèles bio-économiques
Pendant longtemps l'objectif formellement admis pour la rationalisation de
l'exploitation a été la maximisation de la production pondérale. Son insuffisance a été
critiquée par les économistes, puis par les biologistes. Elle est maintenant
communément admise. L'optimisation de l'exploitation implique en effet que des
critères appropriés aient été préalablement définis. Pour cela, les intrants (capital, main
d'oeuvre, coûts variables) doivent être pris en compte au même titre que la valeur -et
pas seulement le tonnage- de la production. L'intégration de ces facteurs conduit
naturellement des modèles biologiques aux modèles bio-économiques (chapitre 13,
Meuriot 1987). On se contentera d'indiquer ici les points de greffe des modèles
économiques -en particulier les fonctions de valeur et de coût- sur les modèles
biologiques.
Même dans leur état de développement actuel, et ils ne cessent d'évoluer, les
modèles plurispécifiques et plurimétiers constituent le point de départ le plus approprié
pour l'analyse des pêcheries. Ils correspondent à un premier besoin de décomposition
des coûts de l'unité d'effort de pêche selon le métier (type de navire et d'engin,
déploiement de l'effort dans l'espace et dans le temps). Comme l'effort de pêche n'a pas
la même signification pour l'économiste et le biologiste, il importe que sa mesure
nominale puisse être traduite aussi bien en coûts et en emploi qu'en mortalité par
pêche. De même, la transcription des poids capturés en valeur, ou du moins une
pondération adéquate, est une nécessité évidente lorsque l'on raisonne sur des
productions constituées d'espèces et de catégories de taille différentes. L'intégration des
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