paramètres économiques amènera souvent à réviser la classification des métiers, celle-ci
devant tenir compte autant des catégories de coûts et de valeurs que des diagrammes
d'exploitation et de la composition spécifique et de taille des prises.
L'évolution des modèles statiques vers des modèles dynamiques impose plus
encore ces décompositions. On voudra une représentation du comportement de la
pêcherie sous l'effet de changements dans la composition spécifique de la ressource, en
fonction de la flexibilité des flottilles vis-à-vis des métiers, comme en réponse aux
changements d'opportunités induits par la conjoncture socio-économique (coût de
l'énergie, de l'argent, marchés) ou réglementaire. Ces phénomènes dépendent toutefois
des valeurs absolues des variables (effectifs des stocks par âge, quantités débarquées
par espèces et catégories de taille, effort nominal, ...) et d'une échelle explicite des
temps pour lesquelles les situations d'équilibre ne sont pas appropriées. Pour de telles
simulations de portée opérationnelle, on préférera appliquer les modèles de cinétique
de transition. Avec de tels outils, le point de vue de l'analyse différera sensiblement :
plutôt que de décrire les conséquences de l'adoption de régimes normatifs spécifiés par
l'autorité chargée de l'aménagement, on tentera d'apprécier l'évolution probable de la
pêcherie sous l'effet des décisions que les opérateurs sont susceptibles de prendre
(investissement/désinvestissement, choix des métiers et de l'effort alloué par métier)
pour s'adapter aux fluctuations de la ressource, à la conjoncture économique comme
aux décisions de nature économique et réglementaire relatives à l'environnement de
leur activité (CEE/IFREMER 1986, CEE 1987).
4. Perspectives
En présentant l'outil d'analyse, on s'est efforcé de décrire simultanément le
problème posé et l'aptitude de l'outil à évoluer pour rendre compte de situations
devenant plus complexes (d'aucuns diraient plus réalistes), à mesure que progressaient
la perception des questions et l'acuité des problèmes. Bien qu'accusé d'être réducteur,
comme tout modèle, le modèle de base explicite la réponse d'un stock halieutique aux
différents régimes de son exploitation et les opportunités qu'il offre comme les
contraintes qui s'opposent à une pêche plus cohérente. Il démonte les processus à
l'origine du déclin progressif des rendements, de la surexploitation biologique et de la
tendance au survinvestissement, que connaissent la plupart des pêcheries en butée à la
limite de production de la ressource. Il permet d'analyser la signification et l'intérêt des
diverses stratégies de mise en valeur et de conservation des stocks halieutiques. Dans
leurs grandes lignes, ces principes sont extrapolables aux autres formes d'exploitation et
d'usage des écosystèmes naturels (chapitres 7,12 et 19).
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