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B. Mesnil
ci-dessus indique qu'à tout recrutement R correspond, pour une valeur donnée de E,
une biomasse féconde BF ; cette dernière décroît quand l'effort augmente (figure 2.4)
et peut être écrite comme une fonction linéaire de l'effort :
BF(E) = B(E) * R.
A effort donné, le système [BF donne R donne BF] se stabilise à un niveau de
biomasse féconde équilibrée BF produisant un recrutement équilibré R , lequel peut
être calculé analytiquement si la relation stock-recrutement est une fonction explicite.
Le résultat majeur fourni par les modèles auto-régénérants est qu'il existe des régimes
d'exploitation tels que la biomasse féconde par recrue peut chuter en- deçà des valeurs
assurant le maintien du stock et, surtout, que l'effondrement peut apparaître
brutalement pour un faible surcroît d'effort.
La mise en oeuvre des modèles auto-régénérants se heurte, hélas, en pratique à
la difficulté d'expliciter la relation stock-recrutement. En effet, divers processus liés à
l'environnement interviennent dans le succès du recrutement (c'est-à-dire, le taux de
survie des oeufs jusqu'à l'arrivée de la cohorte dans la phase exploitée ; chapitres 4, 5, 6
et 9) . Les conséquences des fortes fluctuations qui en résultent sont doubles : elles
masquent la relation stock-recrutement et leur distribution ne suit pas nécessairement
une loi normale. Plusieurs processus hydroclimatiques, obéissant à des échelles de
temps différentes, interviennent en effet souvent sur des phases distinctes de
l'ontogenèse. Par ailleurs, des cycles pluriannuels, à l'image des variations à long terme
du climat, peuvent apparaître invalidant l'hypothèse de travail initiale d'invariance
moyenne du recrutement (chapitres 4, 6 et 9). Enfin, là où l'on dispose de mesures
acceptables, les observations de biomasse féconde disponibles couvrent souvent des
plages relativement étroites excluant les fortes et les très basses abondances.
L'absence de relation stock-recrutement explicite ne constitue pas une raison
suffisante pour ignorer le phénomène. Les fortes fluctuations de certains stocks,
pélagiques notamment, et la brutalité des transitions montrées par les modèles autorégénérants appellent à la vigilance. Cela conduit à considérer des modèles, dits
stochastiques, dans lesquels certains paramètres présentent des variations aléatoires
selon une certaine distribution de probabilité, par opposition aux modèles dits
déterministes, objets prioritaires de cet exposé, dans lesquels les paramètres sont fixés.
Ainsi, si l'on considère des variations aléatoires du recrutement ou des
paramètres de la relation stock-recrutement, une procédure courante consiste à
effectuer, à l'aide du modèle de base, des séries de simulations pour une succession de
valeurs des paramètres issues de distributions observées ou théoriques. A chaque
régime correspond alors, non plus une réponse unique, mais une distribution de
réponses autour d'une valeur centrale, chacune dotée d'une probabilité d'occurrence.
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B. Mesnil
ci-dessus indique qu'à tout recrutement R correspond, pour une valeur donnée de E,
une biomasse féconde BF ; cette dernière décroît quand l'effort augmente (figure 2.4)
et peut être écrite comme une fonction linéaire de l'effort :
BF(E) = B(E) * R.
A effort donné, le système [BF donne R donne BF] se stabilise à un niveau de
biomasse féconde équilibrée BF produisant un recrutement équilibré R , lequel peut
être calculé analytiquement si la relation stock-recrutement est une fonction explicite.
Le résultat majeur fourni par les modèles auto-régénérants est qu'il existe des régimes
d'exploitation tels que la biomasse féconde par recrue peut chuter en- deçà des valeurs
assurant le maintien du stock et, surtout, que l'effondrement peut apparaître
brutalement pour un faible surcroît d'effort.
La mise en oeuvre des modèles auto-régénérants se heurte, hélas, en pratique à
la difficulté d'expliciter la relation stock-recrutement. En effet, divers processus liés à
l'environnement interviennent dans le succès du recrutement (c'est-à-dire, le taux de
survie des oeufs jusqu'à l'arrivée de la cohorte dans la phase exploitée ; chapitres 4, 5, 6
et 9) . Les conséquences des fortes fluctuations qui en résultent sont doubles : elles
masquent la relation stock-recrutement et leur distribution ne suit pas nécessairement
une loi normale. Plusieurs processus hydroclimatiques, obéissant à des échelles de
temps différentes, interviennent en effet souvent sur des phases distinctes de
l'ontogenèse. Par ailleurs, des cycles pluriannuels, à l'image des variations à long terme
du climat, peuvent apparaître invalidant l'hypothèse de travail initiale d'invariance
moyenne du recrutement (chapitres 4, 6 et 9). Enfin, là où l'on dispose de mesures
acceptables, les observations de biomasse féconde disponibles couvrent souvent des
plages relativement étroites excluant les fortes et les très basses abondances.
L'absence de relation stock-recrutement explicite ne constitue pas une raison
suffisante pour ignorer le phénomène. Les fortes fluctuations de certains stocks,
pélagiques notamment, et la brutalité des transitions montrées par les modèles autorégénérants appellent à la vigilance. Cela conduit à considérer des modèles, dits
stochastiques, dans lesquels certains paramètres présentent des variations aléatoires
selon une certaine distribution de probabilité, par opposition aux modèles dits
déterministes, objets prioritaires de cet exposé, dans lesquels les paramètres sont fixés.
Ainsi, si l'on considère des variations aléatoires du recrutement ou des
paramètres de la relation stock-recrutement, une procédure courante consiste à
effectuer, à l'aide du modèle de base, des séries de simulations pour une succession de
valeurs des paramètres issues de distributions observées ou théoriques. A chaque
régime correspond alors, non plus une réponse unique, mais une distribution de
réponses autour d'une valeur centrale, chacune dotée d'une probabilité d'occurrence.
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