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B. Mesnil
Ainsi le modèle répond clairement aux questions initialement posées : il illustre
le caractère limité de la production, le déclin régulier des rendements avec
l'augmentation de l'effort de pêche, et l'effet pernicieux d'une exploitation intensive
prématurée de chaque cohorte.
Il élucide aussi les causes structurelles des problèmes qui apparaissent
fréquemment avec l'expansion d'une pêcherie. Ainsi, quand la réponse du stock aux
variations d'effort décrit une courbe en dôme, le fait qu'une augmentation de l'effort
puisse, au delà d'une certaine limite, engendrer une baisse de production globale reste
un paradoxe encore imparfaitement assimilé. Pour certains, si l'on débarque
aujourd'hui Y tonnes par an avec 10 bateaux, soit un rendement U = Y/10, l'armement
d'un onzième bateau péchant comme les autres devrait amener la production à 11 * U
tonnes par an. Le modèle montre que ce type d'extrapolation est erroné et que
l'addition du onzième bateau se fera toujours au détriment des rendements des navires
Multiplicateur d'effort
Figure 2.5 - Isoplèthes (espérance de production par recrue) en fonction de l'effort de
pêche total et la taille de la première capture (d'après Le Guen 1971).
déjà en activité mais , éventuellement, dégradera aussi la production de l'ensemble de la
flottille. Une analyse plus fine des effets de l'adjonction de nouveaux navires, par
comparaison de l'efficacité marginale globale (pour la flottille considérée globalement)
et de l'efficacité marginale sectorielle (correspondant aux seuls nouveaux bateaux),
montre qu'un armement individuel peut toujours escompter accroître sa propre
production, même si cela se traduit par une baisse de production dans la pêcherie et si
l'accroissement de sa production correspond en majeure partie à des captures qui
étaient réalisées déjà par la flottille en place (Guiland 1968). Les compromis, entre
82
B. Mesnil
Ainsi le modèle répond clairement aux questions initialement posées : il illustre
le caractère limité de la production, le déclin régulier des rendements avec
l'augmentation de l'effort de pêche, et l'effet pernicieux d'une exploitation intensive
prématurée de chaque cohorte.
Il élucide aussi les causes structurelles des problèmes qui apparaissent
fréquemment avec l'expansion d'une pêcherie. Ainsi, quand la réponse du stock aux
variations d'effort décrit une courbe en dôme, le fait qu'une augmentation de l'effort
puisse, au delà d'une certaine limite, engendrer une baisse de production globale reste
un paradoxe encore imparfaitement assimilé. Pour certains, si l'on débarque
aujourd'hui Y tonnes par an avec 10 bateaux, soit un rendement U = Y/10, l'armement
d'un onzième bateau péchant comme les autres devrait amener la production à 11 * U
tonnes par an. Le modèle montre que ce type d'extrapolation est erroné et que
l'addition du onzième bateau se fera toujours au détriment des rendements des navires
Multiplicateur d'effort
Figure 2.5 - Isoplèthes (espérance de production par recrue) en fonction de l'effort de
pêche total et la taille de la première capture (d'après Le Guen 1971).
déjà en activité mais , éventuellement, dégradera aussi la production de l'ensemble de la
flottille. Une analyse plus fine des effets de l'adjonction de nouveaux navires, par
comparaison de l'efficacité marginale globale (pour la flottille considérée globalement)
et de l'efficacité marginale sectorielle (correspondant aux seuls nouveaux bateaux),
montre qu'un armement individuel peut toujours escompter accroître sa propre
production, même si cela se traduit par une baisse de production dans la pêcherie et si
l'accroissement de sa production correspond en majeure partie à des captures qui
étaient réalisées déjà par la flottille en place (Guiland 1968). Les compromis, entre
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