22 - Eléments pour une autre stratégie
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4. Conclusion
Pour certains, le progrès économique dépendrait essentiellement de l'application
d'une démarche réductionnistc à l'exploitation des ressources naturelles et à la
valorisation des matières premières. C'est, en effet, grâce aux innovations techniques
que l'agriculture et l'industrie ont intensifié et diversifié les usages des ressources
naturelles ; ce que Braudel (1979) a appelé "la vie matérielle". Simultanément, les
mécanismes du marché, basés sur l'initiative individuelle et l'échange horizontal entre
agents autonomes, contribuent à la création de richesses en facilitant l'utilisation des
facteurs de production proportionnellement à leur rareté relative.
L'exemple des pêches et des cultures marines montre que le progrès économique
ne peut se réduire à cette seule stratégie. 11 dépend aussi de la maîtrise, collective, mais
pas nécessairement publique, d'exlernalités de dimensions différentes, dont le poids
dépend de la nature des ressources, des modes techniques de production, de l'intensité
de l'exploitation, et de l'organisation des sociétés.
Dans la pêche et les cultures marines, l'homme ne peut tirer convenablement
profil du vivant s'il n'csl pas en mesure d'agir aux niveaux successifs de l'organisation de
celui-ci : populations, communautés et écosystèmes. La structure des stocks halieutiques
et la nature finie de la production des ressources sauvages font que les conditions
requises pour le bon fonctionnement de l'économie de marché ne sont
qu'imparfaitement réunies dans l'exploitation et l'utilisation des écosystèmes naturels.
Les stocks halieutiques, ou la production planctonique consommée par un cheptel
ostréicole, ne sont pas reproductibles artificiellement à des taux qui puissent répondre à
l'augmentation de la demande. En second lieu, mises à part les espèces scssiles cl
sédentaires, ils ne sont pas divisibles en parts discrètes, attribuables exclusivement à des
exploitants individuels. Il en résulte l'apparition, d'une part, de renies halieutiques.
distinctes du profit de l'entrepreneur, cl, d'autre part, d'externalilés, qui affectent
négativement le profit des co-usugers au point d'annihiler les gains d'efficacité
escomptables des innovations techniques, et des coûts sociaux qui s'expriment au niveau
du coût et des carences de l'aménagement.
Ce constat ne signifie pas qu'avec la pleine exploitation des ressources, le secteur
ail épuisé ses possibilités de progrès, mais seulement que les gains escomptables ne se
présentent plus en termes d'accroissement physique de la production, mais de
diminution des coûts économiques el sociaux. Les potentialités sont considérables, en
termes de réduction des litiges, de réalisation de rentes économiques, de meilleure
conservation des écosystèmes halieutiques, comme de baisse du coût d'un
aménagement dont les performances, mais non le coût, stagnent.
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Pour certains, le progrès économique dépendrait essentiellement de l'application
d'une démarche réductionnistc à l'exploitation des ressources naturelles et à la
valorisation des matières premières. C'est, en effet, grâce aux innovations techniques
que l'agriculture et l'industrie ont intensifié et diversifié les usages des ressources
naturelles ; ce que Braudel (1979) a appelé "la vie matérielle". Simultanément, les
mécanismes du marché, basés sur l'initiative individuelle et l'échange horizontal entre
agents autonomes, contribuent à la création de richesses en facilitant l'utilisation des
facteurs de production proportionnellement à leur rareté relative.
L'exemple des pêches et des cultures marines montre que le progrès économique
ne peut se réduire à cette seule stratégie. 11 dépend aussi de la maîtrise, collective, mais
pas nécessairement publique, d'exlernalités de dimensions différentes, dont le poids
dépend de la nature des ressources, des modes techniques de production, de l'intensité
de l'exploitation, et de l'organisation des sociétés.
Dans la pêche et les cultures marines, l'homme ne peut tirer convenablement
profil du vivant s'il n'csl pas en mesure d'agir aux niveaux successifs de l'organisation de
celui-ci : populations, communautés et écosystèmes. La structure des stocks halieutiques
et la nature finie de la production des ressources sauvages font que les conditions
requises pour le bon fonctionnement de l'économie de marché ne sont
qu'imparfaitement réunies dans l'exploitation et l'utilisation des écosystèmes naturels.
Les stocks halieutiques, ou la production planctonique consommée par un cheptel
ostréicole, ne sont pas reproductibles artificiellement à des taux qui puissent répondre à
l'augmentation de la demande. En second lieu, mises à part les espèces scssiles cl
sédentaires, ils ne sont pas divisibles en parts discrètes, attribuables exclusivement à des
exploitants individuels. Il en résulte l'apparition, d'une part, de renies halieutiques.
distinctes du profit de l'entrepreneur, cl, d'autre part, d'externalilés, qui affectent
négativement le profit des co-usugers au point d'annihiler les gains d'efficacité
escomptables des innovations techniques, et des coûts sociaux qui s'expriment au niveau
du coût et des carences de l'aménagement.
Ce constat ne signifie pas qu'avec la pleine exploitation des ressources, le secteur
ail épuisé ses possibilités de progrès, mais seulement que les gains escomptables ne se
présentent plus en termes d'accroissement physique de la production, mais de
diminution des coûts économiques el sociaux. Les potentialités sont considérables, en
termes de réduction des litiges, de réalisation de rentes économiques, de meilleure
conservation des écosystèmes halieutiques, comme de baisse du coût d'un
aménagement dont les performances, mais non le coût, stagnent.
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