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J.-P. Troadcc
l'allocation des ressources sur une base qui reflète convenablement la rareté relative des
facteurs primaires de production.
Pour réduire ces carences, certains ont imaginé de recourir à un système
d'exploitation publique (Keen 1983). En situation d'exploitant unique, l'Etat serait
théoriquement en mesure de réaliser l'efficience économique. Des exemples
d'application de ce concept peuvent être trouvés dans d'autres secteurs primaires. En
France, par exemple, l'Office National des Forêts assure, localement, une fonction
d'exploitant forestier. Il est peu probable toutefois que, dans la pêche, l'idée
enthousiasme beaucoup la profession. Plus important, si le système devait être
généralisé à l'ensemble du secteur, sa supériorité effective resterait à vérifier. L'Etal
aurait à concevoir et à appliquer des procédures qui lui permettent d'établir la valeur
relative des facteurs de production et de les mobiliser en fonction de leur rareté
relative. Dans les productions animales et végétales, la supériorité de la méthode pour
l'allocation efficiente des ressources reste à établir.
Si le système d'allocation s'appuie sur des mécanismes économiques, les
ressources peuvent rester potentiellement accessibles à tous les nationaux, même si leur
usage est réservé à certains d'entre eux, pour des périodes et selon des modalités
contracluellement convenues. Les ressources peuvent rester propriété de l'Etat. Par
contre, en l'absence de mécanismes de compensation pour ceux qui seraient prêts à
quitter la pêche, et à cause de la difficulté à prendre les décisions d'allocation des
ressources selon un mode discrétionnaire, la gestion économique du secteur par les
administrations nationales réduit le plus souvent la mobilité de l'emploi et du capital. Le
Irein à la mobilité professionnelle est encore plus grand dans les sociétés de droit
coutumier. Paradoxalement, les ressources halieutiques ont toutes chances d'êlre moins
"communes", lorsque l'accès à leur exploitation est régi selon les modes hiérarchique
public, et coutumier.
Ainsi, une réforme des institutions aurait à considérer simultanément trois
niveaux :
- l'allocation individuelle ou collective de droits d'usage quantitatifs et exclusifs ;
- la gestion économique, collective et concertée, d'ensembles primaires
d'aménagement : pêcheries unitaires, bassins conchylicoles, ...
- l'administration hiérarchique, par la puissance publique, de secteurs
géographiques plus vastes.
Des réformes de cette portée se décrètent rarement. Elles sont plus
fréquemment le produit de crises consécutives à l'impasse dans laquelle s'enferrent des
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