Sur ce point précis, les halieutes sont confrontés à un problème spécifique, qui
résulte de l'impossibilité physique fréquente de dénombrer les effectifs des groupes
d'âge et du stock sous l'écran de la surface de l'eau. Ils ont pour cela été amenés à
développer une technique particulière, l'analyse de cohortes (Gulland 1965), qui
permet, sous certaines conditions, de reconstituer les effectifs successifs d'une cohorte à
partir des captures effectuées aux différents âges. En bref, si les captures en nombre
cumulées sur une cohorte aux âges t, t +1, ... et T sont de X poissons, c'est que l'effectif
N de la cohorte à l'âge t était au moins égal à X. Il faut aussi tenir compte de la
mortalité naturelle intervenant sur chaque groupe d'âge. Pour l'essentiel, l'analyse de
cohortes réalise cette correction des décès et permet d'obtenir les effectifs N de chaque
cohorte composant le stock exploité pour chaque âge et chaque année. La mortalité
naturelle M étant connue, il est alors facile de déterminer, à l'aide de l'équation des
captures [4], la mortalité par pêche F correspondant à une capture C sur l'effectif N .
3. Le modèle de base et ses développements
3.1. Modèles élémentaires de production
Le modèle le plus simple a été esquissé : il suppose un stock homogène exploité
par une flottille unique ; il est bâti sur les équations de survie [2] et des captures [4 et 6]
qui quantifient les contributions de chaque groupe d'âge. Son objectif est simple : un
recrutement R étant donné, évaluer les productions globales d'un stock, d'une part, et
les abondances correspondantes qui détermineront les rendements individuels des
bateaux, correspondant aux divers régimes d'exploitation envisageables, d'autre part.
Historiquement, la formulation initialement la plus couramment utilisée a été
celle de Beverton et Holt (1957). Elle est basée sur un sous-modèle particulier de
croissance en longueur (celui de von Bertalanffy 1938) et de relation taille-poids, et sur
un profil d'exploitation simplifié selon lequel la mortalité par pêche est nulle entre les
âges t et t , puis comprend, au plus quelques paliers, en pratique souvent un seul, à
mortalité par pêche constante. Le coefficient de mortalité naturelle est lui aussi
constant à tous les âges. Les facilités offertes par les moyens de calcul modernes
permettent d'éviter cette schématisation des diagrammes de mortalité et de prendre en
compte les profils d'exploitation plus réalistes que produit l'analyse de cohortes : la
sélectivité est progressive à partir de l'âge t , se stabilise sur les âges de capturabilité
maximale et peut éventuellement décroître au-delà d'un certain âge. Le prototype des
modèles à diagramme d'exploitation complexe, actuellement les plus utilisés, a été
développé par Ricker (1958,1975).
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résulte de l'impossibilité physique fréquente de dénombrer les effectifs des groupes
d'âge et du stock sous l'écran de la surface de l'eau. Ils ont pour cela été amenés à
développer une technique particulière, l'analyse de cohortes (Gulland 1965), qui
permet, sous certaines conditions, de reconstituer les effectifs successifs d'une cohorte à
partir des captures effectuées aux différents âges. En bref, si les captures en nombre
cumulées sur une cohorte aux âges t, t +1, ... et T sont de X poissons, c'est que l'effectif
N de la cohorte à l'âge t était au moins égal à X. Il faut aussi tenir compte de la
mortalité naturelle intervenant sur chaque groupe d'âge. Pour l'essentiel, l'analyse de
cohortes réalise cette correction des décès et permet d'obtenir les effectifs N de chaque
cohorte composant le stock exploité pour chaque âge et chaque année. La mortalité
naturelle M étant connue, il est alors facile de déterminer, à l'aide de l'équation des
captures [4], la mortalité par pêche F correspondant à une capture C sur l'effectif N .
3. Le modèle de base et ses développements
3.1. Modèles élémentaires de production
Le modèle le plus simple a été esquissé : il suppose un stock homogène exploité
par une flottille unique ; il est bâti sur les équations de survie [2] et des captures [4 et 6]
qui quantifient les contributions de chaque groupe d'âge. Son objectif est simple : un
recrutement R étant donné, évaluer les productions globales d'un stock, d'une part, et
les abondances correspondantes qui détermineront les rendements individuels des
bateaux, correspondant aux divers régimes d'exploitation envisageables, d'autre part.
Historiquement, la formulation initialement la plus couramment utilisée a été
celle de Beverton et Holt (1957). Elle est basée sur un sous-modèle particulier de
croissance en longueur (celui de von Bertalanffy 1938) et de relation taille-poids, et sur
un profil d'exploitation simplifié selon lequel la mortalité par pêche est nulle entre les
âges t et t , puis comprend, au plus quelques paliers, en pratique souvent un seul, à
mortalité par pêche constante. Le coefficient de mortalité naturelle est lui aussi
constant à tous les âges. Les facilités offertes par les moyens de calcul modernes
permettent d'éviter cette schématisation des diagrammes de mortalité et de prendre en
compte les profils d'exploitation plus réalistes que produit l'analyse de cohortes : la
sélectivité est progressive à partir de l'âge t , se stabilise sur les âges de capturabilité
maximale et peut éventuellement décroître au-delà d'un certain âge. Le prototype des
modèles à diagramme d'exploitation complexe, actuellement les plus utilisés, a été
développé par Ricker (1958,1975).
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