22 - Eléments pour une autre stratégie
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bateaux, de rumeurs relatives à un blocage éventuel de l'effort illustre bien le jeu des
forces sous-jacentes. Dans la mesure où le système n'offre pas de compensations et ne
comprend pas de mécanismes fonctionnels d'allocation de ressources rares, ni ne
dispose de la capacité à prévenir effectivement de nouvelles entrées, les décisions sont
vouées à être d'autant plus difficiles à prendre que l'effort est excessif, et d'autant plus
contestées qu'elles visent à assainir effectivement une pêcherie en état de
surinvestissement. A l'inverse, elles le seront d'autant moins que le statu quo n'est pas
remis en cause. Dans ces conditions, les aides satisferont profession et administration,
même si elles contribuent à maintenir le secteur dans un état précaire. La situation
actuelle illustre l'effet pervers des carences des mécanismes d'allocation des ressources.
Les présupposés sur la capacité de gestion économique et sociale par les
autorités administratives sont encore moins bien établis dans le cas des pêcheries
artisanales, notamment dans les pays en développement (voir par exemple Kurien
1968), dans la mesure où les mécanismes sociaux qui régissent toujours en partie le
fonctionnement interne du secteur "informel" échappent encore davantage aux
interventions publiques. De fait, les administrations qui ont pris et effectivement
appliqué des décisions explicites de partage des ressources entre secteurs artisanal el
industriel restent l'exception (chapitre 18). Dans la majorité des cas, l'Administrai ion
doit limiter son action à la prévention, difficile, de l'apparition de conflits ouverts el de
la surexploitation excessive des stocks. Les insuffisances du système se manifestent par
le recours récurrent au processus politique de décision et aux aides pour la résolution
d'oppositions qui se règlent de gré à gré dans les autres secteurs économiques. Le
recours récurrent à ce type de processus ne peut constituer une solution qui satisfasse
les besoins de l'optimisation économique et sociale du secteur.
Les difficultés que rencontre l'Administration n'impliquent pas qu'elle doive se
désintéresser de l'aménagement de l'exploitation des ressources halieutiques.
L'intervention de la puissance publique reste indispensable pour :
- délimiter les pêcheries unitaires et les bassins conchylicoles susceptibles d'un
aménagement autonome et, éventuellement, décréter les partages de ressources entre
pêcheries séquentielles ;
- allouer éventuellement, de façon discrétionnaire, des ressources délimitées, à
des groupes socio-professionnels afin de réaliser certains objectifs économiques et/ou
sociaux : ce pourra être le cas de pays en développement qui décideraient d'allouer
exclusivement des ressources littorales à des collectivités de pêcheurs artisans (chapitre
18);
- suivre les performances des structures d'aménagement collectif et intervenir
pour parfaire les mécanismes el les procédures qui les régissent ;
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bateaux, de rumeurs relatives à un blocage éventuel de l'effort illustre bien le jeu des
forces sous-jacentes. Dans la mesure où le système n'offre pas de compensations et ne
comprend pas de mécanismes fonctionnels d'allocation de ressources rares, ni ne
dispose de la capacité à prévenir effectivement de nouvelles entrées, les décisions sont
vouées à être d'autant plus difficiles à prendre que l'effort est excessif, et d'autant plus
contestées qu'elles visent à assainir effectivement une pêcherie en état de
surinvestissement. A l'inverse, elles le seront d'autant moins que le statu quo n'est pas
remis en cause. Dans ces conditions, les aides satisferont profession et administration,
même si elles contribuent à maintenir le secteur dans un état précaire. La situation
actuelle illustre l'effet pervers des carences des mécanismes d'allocation des ressources.
Les présupposés sur la capacité de gestion économique et sociale par les
autorités administratives sont encore moins bien établis dans le cas des pêcheries
artisanales, notamment dans les pays en développement (voir par exemple Kurien
1968), dans la mesure où les mécanismes sociaux qui régissent toujours en partie le
fonctionnement interne du secteur "informel" échappent encore davantage aux
interventions publiques. De fait, les administrations qui ont pris et effectivement
appliqué des décisions explicites de partage des ressources entre secteurs artisanal el
industriel restent l'exception (chapitre 18). Dans la majorité des cas, l'Administrai ion
doit limiter son action à la prévention, difficile, de l'apparition de conflits ouverts el de
la surexploitation excessive des stocks. Les insuffisances du système se manifestent par
le recours récurrent au processus politique de décision et aux aides pour la résolution
d'oppositions qui se règlent de gré à gré dans les autres secteurs économiques. Le
recours récurrent à ce type de processus ne peut constituer une solution qui satisfasse
les besoins de l'optimisation économique et sociale du secteur.
Les difficultés que rencontre l'Administration n'impliquent pas qu'elle doive se
désintéresser de l'aménagement de l'exploitation des ressources halieutiques.
L'intervention de la puissance publique reste indispensable pour :
- délimiter les pêcheries unitaires et les bassins conchylicoles susceptibles d'un
aménagement autonome et, éventuellement, décréter les partages de ressources entre
pêcheries séquentielles ;
- allouer éventuellement, de façon discrétionnaire, des ressources délimitées, à
des groupes socio-professionnels afin de réaliser certains objectifs économiques et/ou
sociaux : ce pourra être le cas de pays en développement qui décideraient d'allouer
exclusivement des ressources littorales à des collectivités de pêcheurs artisans (chapitre
18);
- suivre les performances des structures d'aménagement collectif et intervenir
pour parfaire les mécanismes el les procédures qui les régissent ;
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