rend pas pour autant leur réalisation plus facile. Dans les pêches et les cultures marines,
les contraintes imposées par la nature physique des ressources, en premier lieu leur
indivisibilité relative, s'ajoutent au coût inhérent à tout changement institutionnel.
Même lorsque l'adoption de droits exclusifs n'est pas un jeu à somme nulle, c'està-dire lorsqu'elle est susceptible de produire des bénéfices potentiels pour la société,
elle ne sera pas pour autant nécessairement bénéfique pour tout le monde. Même si de
justes compensations sont prévues pour les perdants, il faut s'attendre à ce que ceux-ci
s'opposent aux remises en cause du statii quo. C'est la raison première de la capacité
des institutions à survivre à leur utilité.
3.2.1. Propriété et usage
La propriété se distingue de la possession en ce sens qu'elle permet de disposer
d'un bien ou d'une ressource à sa guise, c'est-à-dire à l'exclusion des autres, et cela de
façon légitime, c'est-à-dire selon des règles admises par le groupe. Elle permet de
réduire les externalitôs qui affectent les coûts ou les bénéfices au niveau de la
production, ou de la consommation, d'un agent ou d'un ensemble d'agenis
économiques. Elle joue notamment ce rôle lorsque la consommation ou l'usage d'un
bien utile gagne à être rationné. Dans une pêcherie non régie par un système de droits
quantitatifs exclusifs, on sait par exemple que le coût de production unitaire augmente
avec le nombre de pêcheurs.
Des milliers de code ont existé au cours de l'histoire. En général les régimes
coutumiers se sont progressivement dissous lorsque les biens fertiles desquels les
groupes tiraient leur subsistance n'ont plus dégagé des plus-values suffisantes pour
permettre à la hiérarchie en place de maintenir l'ordre qui les structurait. Ainsi, le
principe de liberté d'accès, qui fut un facteur d'expansion des modes industriels de
pêche, a contribué au déclin ou à l'effondrement des systèmes coutumiers de contrôle
spatial par l'intermédiaire desquels diverses communautés de pêcheurs se réservaienl
l'usage de ressources littorales (chapitre 1). A ce propos, Me Cay et Acheson (1987)
rappellent "le rôle joué par la liberté de navigation, de commerce et de pêche, dans le
développement capitaliste des activités maritimes" du monde occidental. "D'une façon
générale, on peut dire que les grandes puissances maritimes ont commencé par
pratiquer la piraterie et la guerre de course" (Lane 1973), avant de chercher à réserver,
par des traités, le bénéfice pour leur négoce de monopoles commerciaux. "Les
avantages du commerce pacifique (c'est-à-dire fondé sur la reconnaissance de la
propriété et de la concurrence) ne leur sont apparus que beaucoup plus lard" (Lanc
1973).
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les contraintes imposées par la nature physique des ressources, en premier lieu leur
indivisibilité relative, s'ajoutent au coût inhérent à tout changement institutionnel.
Même lorsque l'adoption de droits exclusifs n'est pas un jeu à somme nulle, c'està-dire lorsqu'elle est susceptible de produire des bénéfices potentiels pour la société,
elle ne sera pas pour autant nécessairement bénéfique pour tout le monde. Même si de
justes compensations sont prévues pour les perdants, il faut s'attendre à ce que ceux-ci
s'opposent aux remises en cause du statii quo. C'est la raison première de la capacité
des institutions à survivre à leur utilité.
3.2.1. Propriété et usage
La propriété se distingue de la possession en ce sens qu'elle permet de disposer
d'un bien ou d'une ressource à sa guise, c'est-à-dire à l'exclusion des autres, et cela de
façon légitime, c'est-à-dire selon des règles admises par le groupe. Elle permet de
réduire les externalitôs qui affectent les coûts ou les bénéfices au niveau de la
production, ou de la consommation, d'un agent ou d'un ensemble d'agenis
économiques. Elle joue notamment ce rôle lorsque la consommation ou l'usage d'un
bien utile gagne à être rationné. Dans une pêcherie non régie par un système de droits
quantitatifs exclusifs, on sait par exemple que le coût de production unitaire augmente
avec le nombre de pêcheurs.
Des milliers de code ont existé au cours de l'histoire. En général les régimes
coutumiers se sont progressivement dissous lorsque les biens fertiles desquels les
groupes tiraient leur subsistance n'ont plus dégagé des plus-values suffisantes pour
permettre à la hiérarchie en place de maintenir l'ordre qui les structurait. Ainsi, le
principe de liberté d'accès, qui fut un facteur d'expansion des modes industriels de
pêche, a contribué au déclin ou à l'effondrement des systèmes coutumiers de contrôle
spatial par l'intermédiaire desquels diverses communautés de pêcheurs se réservaienl
l'usage de ressources littorales (chapitre 1). A ce propos, Me Cay et Acheson (1987)
rappellent "le rôle joué par la liberté de navigation, de commerce et de pêche, dans le
développement capitaliste des activités maritimes" du monde occidental. "D'une façon
générale, on peut dire que les grandes puissances maritimes ont commencé par
pratiquer la piraterie et la guerre de course" (Lane 1973), avant de chercher à réserver,
par des traités, le bénéfice pour leur négoce de monopoles commerciaux. "Les
avantages du commerce pacifique (c'est-à-dire fondé sur la reconnaissance de la
propriété et de la concurrence) ne leur sont apparus que beaucoup plus lard" (Lanc
1973).
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