22 - Eléments pour une autre stratégie
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Avec le nouveau Droit de la mer, chaque pays a maintenant la possibilité
d'ajuster le taux d'exploitation dans ses principales pêcheries en fonction de ses objectifs
économiques et sociaux spécifiques, compte tenu de ses coûts comparatifs propres. Un
telle rationalisation du secteur ne requiert pas de capacités techniques ou analytiques
particulières. Ainsi, en taxant ses exportations, la Mauritanie réussit à prélever une part
significative de la rente produite par ses pêcheries industrielles : en 1986 et 1987, le
montant de ces taxes a représenté entre 1/4 et 1/5 des recettes de l'Etat (Gilly el
Maucorps 1987).
On verra que les difficultés se situent avant tout au niveau de la mobilité des
facteurs de production que facilitent ou brident les institutions régissant les rapports
entre facteurs deux à deux. Appliqué seul, un régime d'aménagement qui permettrait
d'optimiser les investissements, par un système d'enchères portant sur des droits
quantitatifs individuels par exemple, n'améliorera pas nécessairement le niveau de vie
des pêcheurs. Celui-ci pourra rester en deçà de celui qui prévaut dans les autres
secteurs économiques requérant des capacités professionnelles comparables. Une
pêcherie peut être économiquement saine sans enrichir pour autant les pêcheurs qui en
vivent. A l'inverse, les revenus des pêcheurs peuvent rester satisfaisants dans une
pêcherie en mauvais état biologique et économique. Les différentes combinaisons sont
concevables, mais, en l'absence de régulation économique, sociale ou administrative de
l'accès et en situation de pleine exploitation, elles tendent à se réduire à une
conjugaison négative sur tous les plans.
Ceci signifie que la régulation des investissements par rapport à la productivité
naturelle de la ressource, comme la promotion des revenus et la mobilité de l'emploi,
méritent la même attention. Les aides récurrentes ne sont pas une fatalité du secteur.
Un pays comme l'Islande, dont le PNB est assuré pour les 4/5 par la pêche, a de toute
évidence peu de marge de manoeuvre en la matière. La pérennité des aides traduit
l'insuffisance des ajustements structuraux en réponse aux opportunités offertes par la
régulation de l'accès, et la dissymétrie entre l'entrée et la sortie de l'emploi et du capital
dans l'exploitation des ressources renouvelables, engendrée par l'immobilité propre aux
structures économiques et sociales du secteur (chapitre 18).
- L'allocation imparfaite des ressources et la dynamique de surpêche
Le surinvestissement et la surpêche sont difficilement évitables tant que des
assurances d'usage exclusif ne sont pas octroyées aux pêcheurs : "Ne disposant pas de
garanties sur la ressource, les armateurs ne peuvent s'assurer de leur
approvisionnement, c'est-à-dire d'une part des captures, que par une action agressive
sur les zones de pêche. Dans les limites de leurs capacités financières, ils doiveni
s'efforcer d'exceller dans l'efficacité technique... De nouveaux investissements et de la
main-d'oeuvre sont constamment injectés dans la pêcherie" (Me Kenzie 1983).
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Avec le nouveau Droit de la mer, chaque pays a maintenant la possibilité
d'ajuster le taux d'exploitation dans ses principales pêcheries en fonction de ses objectifs
économiques et sociaux spécifiques, compte tenu de ses coûts comparatifs propres. Un
telle rationalisation du secteur ne requiert pas de capacités techniques ou analytiques
particulières. Ainsi, en taxant ses exportations, la Mauritanie réussit à prélever une part
significative de la rente produite par ses pêcheries industrielles : en 1986 et 1987, le
montant de ces taxes a représenté entre 1/4 et 1/5 des recettes de l'Etat (Gilly el
Maucorps 1987).
On verra que les difficultés se situent avant tout au niveau de la mobilité des
facteurs de production que facilitent ou brident les institutions régissant les rapports
entre facteurs deux à deux. Appliqué seul, un régime d'aménagement qui permettrait
d'optimiser les investissements, par un système d'enchères portant sur des droits
quantitatifs individuels par exemple, n'améliorera pas nécessairement le niveau de vie
des pêcheurs. Celui-ci pourra rester en deçà de celui qui prévaut dans les autres
secteurs économiques requérant des capacités professionnelles comparables. Une
pêcherie peut être économiquement saine sans enrichir pour autant les pêcheurs qui en
vivent. A l'inverse, les revenus des pêcheurs peuvent rester satisfaisants dans une
pêcherie en mauvais état biologique et économique. Les différentes combinaisons sont
concevables, mais, en l'absence de régulation économique, sociale ou administrative de
l'accès et en situation de pleine exploitation, elles tendent à se réduire à une
conjugaison négative sur tous les plans.
Ceci signifie que la régulation des investissements par rapport à la productivité
naturelle de la ressource, comme la promotion des revenus et la mobilité de l'emploi,
méritent la même attention. Les aides récurrentes ne sont pas une fatalité du secteur.
Un pays comme l'Islande, dont le PNB est assuré pour les 4/5 par la pêche, a de toute
évidence peu de marge de manoeuvre en la matière. La pérennité des aides traduit
l'insuffisance des ajustements structuraux en réponse aux opportunités offertes par la
régulation de l'accès, et la dissymétrie entre l'entrée et la sortie de l'emploi et du capital
dans l'exploitation des ressources renouvelables, engendrée par l'immobilité propre aux
structures économiques et sociales du secteur (chapitre 18).
- L'allocation imparfaite des ressources et la dynamique de surpêche
Le surinvestissement et la surpêche sont difficilement évitables tant que des
assurances d'usage exclusif ne sont pas octroyées aux pêcheurs : "Ne disposant pas de
garanties sur la ressource, les armateurs ne peuvent s'assurer de leur
approvisionnement, c'est-à-dire d'une part des captures, que par une action agressive
sur les zones de pêche. Dans les limites de leurs capacités financières, ils doiveni
s'efforcer d'exceller dans l'efficacité technique... De nouveaux investissements et de la
main-d'oeuvre sont constamment injectés dans la pêcherie" (Me Kenzie 1983).
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