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J.-P. Troadcc
La même figure montre que la rente varie avec le taux d'exploitation. En régime
de liberté d'accès, elle est vouée à être gaspillée. "Le régime de liberté d'accès néglige la
valeur future de la ressource et revient à admettre que le taux d'actualisation est infini'
(Hannesson 1988). Ceci se produira avant que le profit des armements ne devienne
inférieur au coût d'opportunité de la main-d'oeuvre et du capital qu'ils emploient. Ainsi,
la rente, engendrée par la rareté de la ressource, disparaît avant que le revenu des
armements ne tombe en dessous du coût d'opportunité de la main-d'oeuvre et du
capital.
La valeur de la rente diffère aussi, selon les pêcheries, en fonction de la
productivité des ressources et de la valeur des produits à coût de production égal.
Comme dans l'agriculture avant l'intensification des pratiques culturales, la rente
est, relativement, plus importante dans la pêche du fait de la quasi-impossibilité actuelle
d'accroître artificiellement la productivité des stocks sauvages. Ce fait peut difficilemenl
être négligé dans les pays disposant d'abondantes ressources et, notamment, dans les
pays en développement. Le progrès économique de ces derniers est, en effet,
directement tributaire des plus-values qu'ils peuvent tirer de l'exploitation de leurs
ressources naturelles (chapitre 18). Celles-ci sont, en effet, initialement les seules
susceptibles de produire les capitaux et les devises nécessaires au développement de
leurs infrastructures et à leur industrialisation, d'accroître leur demande interne, et de
répondre à l'augmentation de leurs besoins alimentaires engendrés par leur croissance
démographique et la concentration de leurs populations en zones urbaines. Dans son
analyse des étapes du développement économique, Roslow (1963) attribue à
l'agriculture et aux autres productions primaires un rôle déterminant dans le décollage
économique des pays. "L'agriculture doit mettre à la disposition du secteur "moderne"
de l'économie une part importante de ses revenus excédentaires. L'idée centrale de la
"Richesse des Nations" .... tient au fait qu'Adam Smith a compris que les revenus
excédentaires provenant de la propriété foncière doivent ... être mis à la disposition des
entrepreneurs qui les investiront dans les secteurs "modernes" et réemploieront leurs
bénéfices à mesure que leur production et leur productivité augmenteront".
Malheureusement, liberté d'accès et fluidité des ressources conjuguent leurs
effets pour égaliser, à un niveau nul ou négatif, les rentes différentielles que peuvent
théoriquement produire les ressources disponibles au sein d'une ZEE. Ainsi,
paradoxalement, le secteur halieutique coûtera ou profitera finalement à l'économie
d'un pays d'autant plus que celui-ci dispose d'abondantes ressources et que
l'aménagement de sa pêche sera inefficace ou effectif. C'est ce qu'avait saisi Warming,
dès 1911, lorsqu'il constatait : "la libre concurrence rend les meilleurs fonds équivalents
aux plus pauvres".
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La même figure montre que la rente varie avec le taux d'exploitation. En régime
de liberté d'accès, elle est vouée à être gaspillée. "Le régime de liberté d'accès néglige la
valeur future de la ressource et revient à admettre que le taux d'actualisation est infini'
(Hannesson 1988). Ceci se produira avant que le profit des armements ne devienne
inférieur au coût d'opportunité de la main-d'oeuvre et du capital qu'ils emploient. Ainsi,
la rente, engendrée par la rareté de la ressource, disparaît avant que le revenu des
armements ne tombe en dessous du coût d'opportunité de la main-d'oeuvre et du
capital.
La valeur de la rente diffère aussi, selon les pêcheries, en fonction de la
productivité des ressources et de la valeur des produits à coût de production égal.
Comme dans l'agriculture avant l'intensification des pratiques culturales, la rente
est, relativement, plus importante dans la pêche du fait de la quasi-impossibilité actuelle
d'accroître artificiellement la productivité des stocks sauvages. Ce fait peut difficilemenl
être négligé dans les pays disposant d'abondantes ressources et, notamment, dans les
pays en développement. Le progrès économique de ces derniers est, en effet,
directement tributaire des plus-values qu'ils peuvent tirer de l'exploitation de leurs
ressources naturelles (chapitre 18). Celles-ci sont, en effet, initialement les seules
susceptibles de produire les capitaux et les devises nécessaires au développement de
leurs infrastructures et à leur industrialisation, d'accroître leur demande interne, et de
répondre à l'augmentation de leurs besoins alimentaires engendrés par leur croissance
démographique et la concentration de leurs populations en zones urbaines. Dans son
analyse des étapes du développement économique, Roslow (1963) attribue à
l'agriculture et aux autres productions primaires un rôle déterminant dans le décollage
économique des pays. "L'agriculture doit mettre à la disposition du secteur "moderne"
de l'économie une part importante de ses revenus excédentaires. L'idée centrale de la
"Richesse des Nations" .... tient au fait qu'Adam Smith a compris que les revenus
excédentaires provenant de la propriété foncière doivent ... être mis à la disposition des
entrepreneurs qui les investiront dans les secteurs "modernes" et réemploieront leurs
bénéfices à mesure que leur production et leur productivité augmenteront".
Malheureusement, liberté d'accès et fluidité des ressources conjuguent leurs
effets pour égaliser, à un niveau nul ou négatif, les rentes différentielles que peuvent
théoriquement produire les ressources disponibles au sein d'une ZEE. Ainsi,
paradoxalement, le secteur halieutique coûtera ou profitera finalement à l'économie
d'un pays d'autant plus que celui-ci dispose d'abondantes ressources et que
l'aménagement de sa pêche sera inefficace ou effectif. C'est ce qu'avait saisi Warming,
dès 1911, lorsqu'il constatait : "la libre concurrence rend les meilleurs fonds équivalents
aux plus pauvres".
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