21 - La recherche halieutique et l'aménagement
15
Dans ces conditions, la séparation entre une fonction d'avis scientifique cl une
fonction de décision administrative n'est pas toujours réalisable. L'administration
pourra être d'autant plus encline à s'appuyer sur un avis scientifique qu'il coïncide avec
les critères de nature politique. Il n'en reste pas moins, qu'en l'absence d'objectifs
clairement exprimés, il sera difficile de juger objectivement du succès ou de l'échec
d'une politique d'aménagement et d'en tirer des leçons pour l'avenir.
2.6.3. Les contraintes économiques, sociales et techniques
La pêche est une activité dont l'optimisation économique est contrecarrée par le
manque de décisions et l'insuffisance des mécanismes d'allocation de la ressource.
L'analyse économique est susceptible de mettre en évidence les flux de richesse et, plus
encore, les modifications de ces flux résultant de mesures d'aménagement ou de
développement. Des réserves à l'encontre de l'introduction explicite de l'économie dans
l'évaluation des pêcheries en vue de leur optimisation seront donc nécessairement la
règle, tant que des mécanismes adéquats d'allocation des ressources et de distribution
de richesses ne seront pas en place. Cette contrainte était sérieuse dans les pêcheries
internationales et le demeure dans les pêcheries nationales, et communautaires qui en
conservent bien des traits : l'avis scientifique y est essentiellement réduit aux dimensions
biologiques, alors que l'étal des pêcheries dépend d'abord de forces économiques el du
contraintes opérationnelles et politiques (chapitre 1).
Dans ces conditions, les biologistes sont amenés, sans en avoir la compétence, à
prendre en considération certains concepts économiques et à proposer des mesures
"biologiques" a priori dotées de propriétés bénéfiques sur le plan économique, voire
politique. Ainsi, après avoir proposé pendant des années des quotas correspondant au
maximum théorique de production, ils ont recommandé des niveaux d'exploitation
légèrement inférieurs (F ) qui, bien qu'arbitrairement définis sur le plan biologique,
améliorent la stabilité de la ressource cl sont économiquement moins mauvais (Gulland
and Boerema 1973). Si ces seuils arbitraires de production sont intéressants à
considérer, ils ne peuvent satisfaire les critères d'optimisation économique cl sociale des
pêcheries (chapitre 18). Cela n'empêche pas certains de continuer de les qualifier
"d'oplima". 11 est également inévitable que des avis ou des quotas proposés sur une base
aussi incomplète puissent être refutés, quelle que soit la qualité de l'analyse de l'état des
stocks qui les sous-lend.
Pour tenir compte de ces limitations, le OEM a récemment adopté une grille
plus ouverte de recommandations, d'apparence purement biologique, dont le caractère
contraignant varie selon l'état des stocks :
725
15
Dans ces conditions, la séparation entre une fonction d'avis scientifique cl une
fonction de décision administrative n'est pas toujours réalisable. L'administration
pourra être d'autant plus encline à s'appuyer sur un avis scientifique qu'il coïncide avec
les critères de nature politique. Il n'en reste pas moins, qu'en l'absence d'objectifs
clairement exprimés, il sera difficile de juger objectivement du succès ou de l'échec
d'une politique d'aménagement et d'en tirer des leçons pour l'avenir.
2.6.3. Les contraintes économiques, sociales et techniques
La pêche est une activité dont l'optimisation économique est contrecarrée par le
manque de décisions et l'insuffisance des mécanismes d'allocation de la ressource.
L'analyse économique est susceptible de mettre en évidence les flux de richesse et, plus
encore, les modifications de ces flux résultant de mesures d'aménagement ou de
développement. Des réserves à l'encontre de l'introduction explicite de l'économie dans
l'évaluation des pêcheries en vue de leur optimisation seront donc nécessairement la
règle, tant que des mécanismes adéquats d'allocation des ressources et de distribution
de richesses ne seront pas en place. Cette contrainte était sérieuse dans les pêcheries
internationales et le demeure dans les pêcheries nationales, et communautaires qui en
conservent bien des traits : l'avis scientifique y est essentiellement réduit aux dimensions
biologiques, alors que l'étal des pêcheries dépend d'abord de forces économiques el du
contraintes opérationnelles et politiques (chapitre 1).
Dans ces conditions, les biologistes sont amenés, sans en avoir la compétence, à
prendre en considération certains concepts économiques et à proposer des mesures
"biologiques" a priori dotées de propriétés bénéfiques sur le plan économique, voire
politique. Ainsi, après avoir proposé pendant des années des quotas correspondant au
maximum théorique de production, ils ont recommandé des niveaux d'exploitation
légèrement inférieurs (F ) qui, bien qu'arbitrairement définis sur le plan biologique,
améliorent la stabilité de la ressource cl sont économiquement moins mauvais (Gulland
and Boerema 1973). Si ces seuils arbitraires de production sont intéressants à
considérer, ils ne peuvent satisfaire les critères d'optimisation économique cl sociale des
pêcheries (chapitre 18). Cela n'empêche pas certains de continuer de les qualifier
"d'oplima". 11 est également inévitable que des avis ou des quotas proposés sur une base
aussi incomplète puissent être refutés, quelle que soit la qualité de l'analyse de l'état des
stocks qui les sous-lend.
Pour tenir compte de ces limitations, le OEM a récemment adopté une grille
plus ouverte de recommandations, d'apparence purement biologique, dont le caractère
contraignant varie selon l'état des stocks :
725
