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S. Garcia
- pour les stocks décimés : un niveau d'exploitation unique ;
- pour les stocks fortement exploités : une recommandation explicitement
sélectionnée dans une gamme d'options situées entre des limites
"biologiquement sûres", c'est à dire supposées ne pas compromettre la viabilité
du stock ;
- pour les stocks faiblement exploités : une plage "biologiquement sûre", sans
recommandation particulière ;
- pour les stocks pratiquement vierges et/ou dont le potentiel de production est
insuffisamment connu : un seuil de prélèvement de précaution.
Cette procédure laisse aux décideurs, pour la prise en compte non explicite des
aspects économiques, sociaux et politiques, une marge de manoeuvre d'autant plus
grande que le stock est en bon état, c'est à dire qu'il ne présente pas de risque de baisse
de productivité par réduction excessive des reproducteurs. Ceci revient à admettre
également qu'il est difficile de trouver des critères économiques, à la fois suffisammcni
précis et pertinents pour être utiles, cl suffisamment généraux pour être acceptables de
toutes les parties.
La difficulté à prendre expressément en compte les contraintes économiques et
politique du présent régime est à l'origine des pratiques finalement néfastes pour les
pêches :
- tentatives de déstabilisation du système : lorsque la mise en oeuvre d'un avis
"biologique" se heurte immédiatement à de fortes contraintes économiques, il peut
susciter chez les décideurs une série de comportements caractéristiques : réfutation de
la méthode admise jusqu'alors, remise en question des critères de décision, restriction
de l'autonomie des chercheurs nationaux participant aux groupes de travail ;
- détérioration de la qualité des données : les administrations nationales sont
parfois tentées de sous-déclarer les captures nationales par secteurs ou par espèces
pour rester dans les quotas fixés, plutôt que de discuter ouvertement des contraintes
opérationnelles et autres à l'origine des dépassements. De la même façon et pour les
mêmes raisons, les professionnels peuvent sous-déclarer les quantités qu'ils débarquent.
Les exemples de tels comportements, en particulier lors d'effondrements de stocks
importants, se rencontrent aussi bien dans les pêcheries internationales que nationales
(Cram 1981 pour le pilchard de Namibie, Pauly and Tsukayama 1987 pour celle de
l'anchois du Pérou).
Cette dérive pose la question de la viabilité même du mode de régulation actuel
de la pêche et, au-delà, de l'efficience des pêcheries.
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