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S. Garcia
toujours un groupe à qui les imperfections profitent. Comme le souligne Hannesson
(1981), ce groupe est souvent mieux organisé et financièrement plus motivé : plus petit,
ses bénéfices unitaires sont supérieurs à ceux du groupe plus large et plus diffus des
payeurs actuels et de l'ensemble des bénéficiaires potentiels d'une mesure corrective. Il
est donc plus enclin à agir activement auprès de la puissance publique.
Dans certaines situations, l'influence de ces groupes risque d'être affectée par les
pressions politiques croissantes de certains mouvements écologiques (cf. le rôle du
mouvement "Greenpeace" dans l'adoption d'un moratorium sur l'exploitation des
baleines). Devant des dégradations des zones littorales, l'influence d'autres groupes
utilisateurs (touristes, pêcheurs plaisanciers, industriels, agriculteurs et habitants)
pourra, compte tenu de leur poids et de la diversité de leurs motivations, se révéler
déterminante sans qu'il soit possible d'affirmer que leur action ira nécessairement dans
le sens de l'intérêt particulier des pêcheurs et des aquaculteurs : si le tourisme peut agir
en faveur de la conservation de la qualité des eaux littorales, celui-ci peut, comme la
pêche de plaisance, voir dans la pêche commerciale, soit un compétiteur pour l'espace,
soit un facteur de réduction excessive des ressources halieutiques littorales qui
l'intéressent.
2.6.2. Le flou dans la définition des objectifs
Au coeur du malentendu entre les différents acteurs de l'aménagement, se trouve
le principe, toujours posé mais mal appliqué, de la définition des objectifs. Tous les
essais théoriques soulignent que la cohérence et, donc, l'efficacité d'une politique
d'aménagement reposent sur la définition explicite d'objectifs hiérarchisés. Ces mêmes
ouvrages regrettent, qu'en pratique, les autorités se contentent souvent d'énumérer des
objectifs souvent contradictoires, parce que trop généraux. Ce paradoxe tient au fait que
l'aménagement n'est pas un processus objectif même si, du fait de la complexité des
questions posées, la participation de scientifiques y est indispensable. Le progrès se fait
par un processus permanent de négociations plus ou moins transparentes, où les
décisions dépendent de compromis acceptables de l'ensemble des forces en présence,
dans un système complexe où chacun essaie de transiger le moins possible par rapport à
ses objectifs avoués ou, plus souvent, cachés (Brewer 1979, Garcia sous presse). Seront
en général considérées comme acceptables les mesures que les professionnels
estimeront inévitables, faciles à appliquer ou... à contourner. La pêche est une activité
économique où entrent en jeu des intérêts importants. Afficher trop clairement ses
objectifs lors d'une négociation susceptible d'avoir des répercussions sur ses propres
revenus n'est pas nécessairement avisé. Il en est de même pour l'administration dont la
marge de manoeuvre est réduite par les divers groupes de pression et par les autorités
politiques. Indépendamment du bien-fondé des mesures, l'administration est juge de
l'opportunité politique des mesures à prendre.
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S. Garcia
toujours un groupe à qui les imperfections profitent. Comme le souligne Hannesson
(1981), ce groupe est souvent mieux organisé et financièrement plus motivé : plus petit,
ses bénéfices unitaires sont supérieurs à ceux du groupe plus large et plus diffus des
payeurs actuels et de l'ensemble des bénéficiaires potentiels d'une mesure corrective. Il
est donc plus enclin à agir activement auprès de la puissance publique.
Dans certaines situations, l'influence de ces groupes risque d'être affectée par les
pressions politiques croissantes de certains mouvements écologiques (cf. le rôle du
mouvement "Greenpeace" dans l'adoption d'un moratorium sur l'exploitation des
baleines). Devant des dégradations des zones littorales, l'influence d'autres groupes
utilisateurs (touristes, pêcheurs plaisanciers, industriels, agriculteurs et habitants)
pourra, compte tenu de leur poids et de la diversité de leurs motivations, se révéler
déterminante sans qu'il soit possible d'affirmer que leur action ira nécessairement dans
le sens de l'intérêt particulier des pêcheurs et des aquaculteurs : si le tourisme peut agir
en faveur de la conservation de la qualité des eaux littorales, celui-ci peut, comme la
pêche de plaisance, voir dans la pêche commerciale, soit un compétiteur pour l'espace,
soit un facteur de réduction excessive des ressources halieutiques littorales qui
l'intéressent.
2.6.2. Le flou dans la définition des objectifs
Au coeur du malentendu entre les différents acteurs de l'aménagement, se trouve
le principe, toujours posé mais mal appliqué, de la définition des objectifs. Tous les
essais théoriques soulignent que la cohérence et, donc, l'efficacité d'une politique
d'aménagement reposent sur la définition explicite d'objectifs hiérarchisés. Ces mêmes
ouvrages regrettent, qu'en pratique, les autorités se contentent souvent d'énumérer des
objectifs souvent contradictoires, parce que trop généraux. Ce paradoxe tient au fait que
l'aménagement n'est pas un processus objectif même si, du fait de la complexité des
questions posées, la participation de scientifiques y est indispensable. Le progrès se fait
par un processus permanent de négociations plus ou moins transparentes, où les
décisions dépendent de compromis acceptables de l'ensemble des forces en présence,
dans un système complexe où chacun essaie de transiger le moins possible par rapport à
ses objectifs avoués ou, plus souvent, cachés (Brewer 1979, Garcia sous presse). Seront
en général considérées comme acceptables les mesures que les professionnels
estimeront inévitables, faciles à appliquer ou... à contourner. La pêche est une activité
économique où entrent en jeu des intérêts importants. Afficher trop clairement ses
objectifs lors d'une négociation susceptible d'avoir des répercussions sur ses propres
revenus n'est pas nécessairement avisé. Il en est de même pour l'administration dont la
marge de manoeuvre est réduite par les divers groupes de pression et par les autorités
politiques. Indépendamment du bien-fondé des mesures, l'administration est juge de
l'opportunité politique des mesures à prendre.
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