21 - La recherche halieutique et l'aménagement
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2.6. Les carences majeures
2.6.1. Les faiblesses institutionnelles
Une raison de l'échec réside dans la dissociation entre l'élaboration de l'avis
scientifique et le choix des mesures de régulation, d'une part, et les activités de pêche
proprement dites, d'autre part. L'aménagement est du ressort d'administrations
publiques à qui reviennent les décisions de conservation et d'allocation, généralement
implicites, de la ressource (chapitre 15). Mais les concepts de prise maximale équilibrée
ou de rendement économique maximum ou optimum correspondent à des objectifs
d'optimisation qui, parce qu'ils se rapportent à des pêcheries considérées dans leur
ensemble, sont hors de portée du pêcheur individuel, comme des organisations
professionnelles lorsqu'elles ne participent pas directement à l'élaboration et à
l'application des schémas d'aménagement. Les pratiques courantes renforcent
théoriquement le rôle de l'Etal mais, en réalité, n'accroissent pas ses capacités d'action :
l'autorité administrative est, en effet, amenée à assurer, sans toujours bénéficier du
concours de la profession, des fonctions de gestion du secteur de production qui
incombent à ce dernier dans les économies de marché (Mackenzie 1983).
Parallèlement, elles cantonnent la recherche dans des activités récurrentes de soutien
qui réduisent sa capacité d'innovation scientifique et technique correspondant à sa
vocation première.
L'autorité chargée de l'aménagement prend ses décisions en tenant plus ou
moins compte de l'avis des scientifiques et en intégrant les pressions exercées sur elle
par l'appareil politique et les groupes socio-professionnels concernés suivant, pour ce
faire, des règles de décision non formalisées et non explicites à partir d'hypothèses non
formulées et, donc, difficilement vendables. L'application de ces décisions dépend
d'autres décisions prises à tous les niveaux "inférieurs" du système pêche. A chacun de
ces niveaux, le message est "déformé" sous l'effet de facteurs socio-économiques cl
culturels non explicités lors de l'élaboration de la décision et de son application (Maiolo
and Orbach, 1982). Le résultat est que, malgré toute la compétence des experts, les
différents effets d'une mesure d'aménagement sont difficilement prévisibles. De leur
côté, les pêcheurs sont capables de prévoir ou d'envisager un certain nombre de
conséquences pratiques des mesures, et d'agir et réagir en conséquence.
L'inefficacité patente du système peut faire douter de la validité de cette analyse.
Si elle est correcte, la situation devrait susciter des mécontentements et, donc, des
actions correctives. Ces pressions existent bien mais, pour au moins deux raisons, leur
effet est dilué. La première est que ceux qui font les frais de l'inefficacité du système
(en premier lieu, les contribuables et les consommateurs) sont mal informés de la
situation et ne peuvent réagir massivement. La deuxième, plus subtile, est qu'il existe
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2.6. Les carences majeures
2.6.1. Les faiblesses institutionnelles
Une raison de l'échec réside dans la dissociation entre l'élaboration de l'avis
scientifique et le choix des mesures de régulation, d'une part, et les activités de pêche
proprement dites, d'autre part. L'aménagement est du ressort d'administrations
publiques à qui reviennent les décisions de conservation et d'allocation, généralement
implicites, de la ressource (chapitre 15). Mais les concepts de prise maximale équilibrée
ou de rendement économique maximum ou optimum correspondent à des objectifs
d'optimisation qui, parce qu'ils se rapportent à des pêcheries considérées dans leur
ensemble, sont hors de portée du pêcheur individuel, comme des organisations
professionnelles lorsqu'elles ne participent pas directement à l'élaboration et à
l'application des schémas d'aménagement. Les pratiques courantes renforcent
théoriquement le rôle de l'Etal mais, en réalité, n'accroissent pas ses capacités d'action :
l'autorité administrative est, en effet, amenée à assurer, sans toujours bénéficier du
concours de la profession, des fonctions de gestion du secteur de production qui
incombent à ce dernier dans les économies de marché (Mackenzie 1983).
Parallèlement, elles cantonnent la recherche dans des activités récurrentes de soutien
qui réduisent sa capacité d'innovation scientifique et technique correspondant à sa
vocation première.
L'autorité chargée de l'aménagement prend ses décisions en tenant plus ou
moins compte de l'avis des scientifiques et en intégrant les pressions exercées sur elle
par l'appareil politique et les groupes socio-professionnels concernés suivant, pour ce
faire, des règles de décision non formalisées et non explicites à partir d'hypothèses non
formulées et, donc, difficilement vendables. L'application de ces décisions dépend
d'autres décisions prises à tous les niveaux "inférieurs" du système pêche. A chacun de
ces niveaux, le message est "déformé" sous l'effet de facteurs socio-économiques cl
culturels non explicités lors de l'élaboration de la décision et de son application (Maiolo
and Orbach, 1982). Le résultat est que, malgré toute la compétence des experts, les
différents effets d'une mesure d'aménagement sont difficilement prévisibles. De leur
côté, les pêcheurs sont capables de prévoir ou d'envisager un certain nombre de
conséquences pratiques des mesures, et d'agir et réagir en conséquence.
L'inefficacité patente du système peut faire douter de la validité de cette analyse.
Si elle est correcte, la situation devrait susciter des mécontentements et, donc, des
actions correctives. Ces pressions existent bien mais, pour au moins deux raisons, leur
effet est dilué. La première est que ceux qui font les frais de l'inefficacité du système
(en premier lieu, les contribuables et les consommateurs) sont mal informés de la
situation et ne peuvent réagir massivement. La deuxième, plus subtile, est qu'il existe
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