21 - La recherche halieutique et l'aménagement
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Ce constat n'était pourtant pas nouveau. La préoccupation pour les contraintes
politiques de l'aménagement de ressources librement accessibles figure, par exemple,
très tôt dans les discussions conduites au sein du OEM
1 sur la régulation de la pêche.
Le problème fut parfaitement formulé lors de la Conférence de Londres sur la surpêche
(1946), qui s'y adresse expressément. Mais l'absence de décisions politiques sur le
partage des ressources interdit tout progrès dans le contrôle des causes premières de la
surpêche.
Bien qu'une régulation des captures par quotas ait été adoptée plusieurs
décennies auparavant par certaines commissions plus anciennes (Gulland 1984), ce n'est
qu'à la fin des années 60 que la régulation du taux d'exploitation devint une
préoccupation majeure. Dans le contexte de compétition qui prévalait alors au sein des
pêcheries internationales, les pays qui arment les flottes de grande pêche ne peuvent
convenir d'un contrôle des capacités de capture : le statu quo ne satisfait pas les
nouveaux arrivants et, encore moins, les pays qui ne s'étaient pas encore engagés dans
la grande pêche. Sous le prétexte des difficultés techniques posées par la régulation de
l'effort de pêche, la régulation du taux d'exploitation par contingentement des captures
annuelles totales, ultérieurement réparties entre pays (quotas nationaux), se généralise.
Cette décision permet en principe la conservation de la ressource, mais ne réduit, ni le
gaspillage économique, ni les conflits entraînés par l'insuffisance des décisions relatives
à l'accès.
En plus des travaux énumérés plus haut, la recherche est alors chargée de
déterminer chaque année le surplus de capture des stocks exploités en commun, ou
plutôt en compétition. Le modèle de production devient un outil de recherche privilégié.
Compte tenu des difficultés que pose l'estimation de l'effort de pêche et de l'importance
croissante prise par les recrutements annuels successifs dans l'abondance de stocks
excessivement réduits par une pêche trop intensive, l'analyse des cohortes, complétée
par des estimations directes et précoces du recrutement annuel, le remplace ou le
complète rapidement au sein de nombreuses commissions dans l'hémisphère nord.
Cette évolution méthodologique traduit l'impossibilité, dans le contexte politique
régnant, de prendre en compte les facteurs économiques (l'effort de pêche est aussi une
expression des capacités et des coûts d'exploitation) et le poids pris par la variabilité du
recrutement annuel dans les performances économiques des armements.
Réciproquement, ce choix méthodologique entraîne l'impossibilité d'analyser les
implications économiques (rentabilité) et sociale (emploi), pour différentes pêcheries,
des niveaux d'exploitation envisageables sur des considérations purement biologiques.
1 Conseil international pour l'exploitation de la nier.
719
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Ce constat n'était pourtant pas nouveau. La préoccupation pour les contraintes
politiques de l'aménagement de ressources librement accessibles figure, par exemple,
très tôt dans les discussions conduites au sein du OEM
1 sur la régulation de la pêche.
Le problème fut parfaitement formulé lors de la Conférence de Londres sur la surpêche
(1946), qui s'y adresse expressément. Mais l'absence de décisions politiques sur le
partage des ressources interdit tout progrès dans le contrôle des causes premières de la
surpêche.
Bien qu'une régulation des captures par quotas ait été adoptée plusieurs
décennies auparavant par certaines commissions plus anciennes (Gulland 1984), ce n'est
qu'à la fin des années 60 que la régulation du taux d'exploitation devint une
préoccupation majeure. Dans le contexte de compétition qui prévalait alors au sein des
pêcheries internationales, les pays qui arment les flottes de grande pêche ne peuvent
convenir d'un contrôle des capacités de capture : le statu quo ne satisfait pas les
nouveaux arrivants et, encore moins, les pays qui ne s'étaient pas encore engagés dans
la grande pêche. Sous le prétexte des difficultés techniques posées par la régulation de
l'effort de pêche, la régulation du taux d'exploitation par contingentement des captures
annuelles totales, ultérieurement réparties entre pays (quotas nationaux), se généralise.
Cette décision permet en principe la conservation de la ressource, mais ne réduit, ni le
gaspillage économique, ni les conflits entraînés par l'insuffisance des décisions relatives
à l'accès.
En plus des travaux énumérés plus haut, la recherche est alors chargée de
déterminer chaque année le surplus de capture des stocks exploités en commun, ou
plutôt en compétition. Le modèle de production devient un outil de recherche privilégié.
Compte tenu des difficultés que pose l'estimation de l'effort de pêche et de l'importance
croissante prise par les recrutements annuels successifs dans l'abondance de stocks
excessivement réduits par une pêche trop intensive, l'analyse des cohortes, complétée
par des estimations directes et précoces du recrutement annuel, le remplace ou le
complète rapidement au sein de nombreuses commissions dans l'hémisphère nord.
Cette évolution méthodologique traduit l'impossibilité, dans le contexte politique
régnant, de prendre en compte les facteurs économiques (l'effort de pêche est aussi une
expression des capacités et des coûts d'exploitation) et le poids pris par la variabilité du
recrutement annuel dans les performances économiques des armements.
Réciproquement, ce choix méthodologique entraîne l'impossibilité d'analyser les
implications économiques (rentabilité) et sociale (emploi), pour différentes pêcheries,
des niveaux d'exploitation envisageables sur des considérations purement biologiques.
1 Conseil international pour l'exploitation de la nier.
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