21 - La recherche halieutique et l'aménagement
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2.2. L'aménagement des pêcheries côlières
Jusqu'au milieu du XXème siècle, la préoccupation majeure des administrations
nationales dans l'aménagement des pêcheries côtières dont elles sont responsables était
d'éviter que les poissons ne soient capturés trop tôt, avant qu'ils aient pu grandir
suffisamment et se reproduire.
Les recherches portaient alors sur la biologie des ressources, le cycle de vie des
populations, leur identification (races), leurs schémas de distribution et de migration, la
localisation des nourriceries, la sélectivité des engins, etc. Dans les régions qui disposent
de compétences de recherche établies (Hémisphère nord), et pour les espèces dont
l'âge pouvait être déterminé sans difficulté majeure, le modèle de production par recrue
(chapitre 2) est l'outil privilégié pour évaluer les bénéfices escomptables d'une
régulation du régime d'exploitation.
Dans les communautés traditionnelles, on constate la même préoccupation : la
conservation de la ressource est recherchée par la protection de certaines strates de la
population considérées comme plus vulnérables. En revanche, la limitation explicite de
l'effort de pêche et l'exclusion de nouveaux exploitants n'est généralement pratiquée
qu'à l'encontrc des allochtones. Schématiquement, chaque communauté se considère
comme l'usufruitière d'un territoire de pêche au sein duquel elle règle, par l'allocation
de l'espace, l'accès à la ressource (Me Goodwin 1984). Dans les régions à forte
expansion démographique, ce système ne peut généralement pas prévenir la
surexploitation des ressources littorales, notamment lorsqu'apparaissent des techniques
nouvelles plus efficaces. Par contre, le règlement de l'allocation des lieux de pêche, de la
distribution des richesses, des litiges, comme l'application des règles internes, sonl
souvent traités efficacement. Les systèmes coutumiers comprennent des dispositions
pour interdire l'introduction ou limiter l'efficacité d'engins nouveaux, accusés d'être
"meurtriers", alors qu'ils présentent surtout le défaut de modifier la distribution interne
des richesses et de favoriser l'arrivée de nouveaux groupes socio-professionnels
jouissant d'un meilleur accès au capital et aux innovations techniques.
La dégradation de la ressource sous l'effet de l'intensification de la pêche était
perçue depuis longtemps par les communautés littorales. Déjà, en 1597, De Moura (cité
par Pauly and Eng 1988) notait la réduction de l'abondance du poisson aux Philipines
sous l'effet de la pêche et soulignait la nécessité de réguler les maillages. Tiphaigne de
la Roche (1760) fait remonter au XVème siècle le début de cette dégradation dans les
pêcheries littorales françaises et invoque déjà la responsabilité de la pêche et de
l'environnement.
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2.2. L'aménagement des pêcheries côlières
Jusqu'au milieu du XXème siècle, la préoccupation majeure des administrations
nationales dans l'aménagement des pêcheries côtières dont elles sont responsables était
d'éviter que les poissons ne soient capturés trop tôt, avant qu'ils aient pu grandir
suffisamment et se reproduire.
Les recherches portaient alors sur la biologie des ressources, le cycle de vie des
populations, leur identification (races), leurs schémas de distribution et de migration, la
localisation des nourriceries, la sélectivité des engins, etc. Dans les régions qui disposent
de compétences de recherche établies (Hémisphère nord), et pour les espèces dont
l'âge pouvait être déterminé sans difficulté majeure, le modèle de production par recrue
(chapitre 2) est l'outil privilégié pour évaluer les bénéfices escomptables d'une
régulation du régime d'exploitation.
Dans les communautés traditionnelles, on constate la même préoccupation : la
conservation de la ressource est recherchée par la protection de certaines strates de la
population considérées comme plus vulnérables. En revanche, la limitation explicite de
l'effort de pêche et l'exclusion de nouveaux exploitants n'est généralement pratiquée
qu'à l'encontrc des allochtones. Schématiquement, chaque communauté se considère
comme l'usufruitière d'un territoire de pêche au sein duquel elle règle, par l'allocation
de l'espace, l'accès à la ressource (Me Goodwin 1984). Dans les régions à forte
expansion démographique, ce système ne peut généralement pas prévenir la
surexploitation des ressources littorales, notamment lorsqu'apparaissent des techniques
nouvelles plus efficaces. Par contre, le règlement de l'allocation des lieux de pêche, de la
distribution des richesses, des litiges, comme l'application des règles internes, sonl
souvent traités efficacement. Les systèmes coutumiers comprennent des dispositions
pour interdire l'introduction ou limiter l'efficacité d'engins nouveaux, accusés d'être
"meurtriers", alors qu'ils présentent surtout le défaut de modifier la distribution interne
des richesses et de favoriser l'arrivée de nouveaux groupes socio-professionnels
jouissant d'un meilleur accès au capital et aux innovations techniques.
La dégradation de la ressource sous l'effet de l'intensification de la pêche était
perçue depuis longtemps par les communautés littorales. Déjà, en 1597, De Moura (cité
par Pauly and Eng 1988) notait la réduction de l'abondance du poisson aux Philipines
sous l'effet de la pêche et soulignait la nécessité de réguler les maillages. Tiphaigne de
la Roche (1760) fait remonter au XVème siècle le début de cette dégradation dans les
pêcheries littorales françaises et invoque déjà la responsabilité de la pêche et de
l'environnement.
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