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S. Garcia
Le développement spectaculaire de la pêche est à mettre, premièrement, à l'actif
des flottes de grande pêche et des pays qui les arment : pays de l'Europe de l'est,
Espagne, Japon et, plus récemment, Chine, Corée, Thaïlande ; Corée, Espagne,
Formose, France, Japon, Etats-Unis pour le thon tropical. En mettant ainsi en valeur le
potentiel halieutique mondial, estimé à 100 millions de tonnes environ (Gulland 1971a),
un processus d'expansion géographique entamé plusieurs siècles auparavant est arrivé à
son terme. Compte tenu des perspectives offertes alors par la grande pêche, les
pêcheries littorales et artisanales étaient souvent négligées dans les politiques nationales
(chapitres 1 et 18, Panayotou 1983, Meuriot 1986).
Au cours des années 70, l'impossibilité de contenir, dans un contexte de libre
accès aux ressources, les capacités et les taux d'exploitation aux niveaux justifiés sur la
base de critères de rentabilité des entreprises et de conservation des ressources devenait
patent. Malgré des succès limités, la plupart des grands stocks avait atteint les niveaux
les plus bas jamais observés. Les commissions internationales se révélaient incapables
de stopper la dégradation des stocks placés sous leur compétence (Alverson and Paulik
1983).
Les économistes mettaient l'accent sur le gaspillage économique entraîné pai
l'excès du capital investi dans la pêche et les aides accordées par les administrations
nationales pour répondre à la concurrence internationale et maintenir une activité qui,
comme l'avait prédit Graham, était devenue inefficace et déficitaire. Hannesson (1981),
par exemple, évalue entre 50 et 65 % l'excédent de capacité dans les pêcheries
islandaise et norvégienne, et Gulland (1982) calcule qu'un aménagement plus cohérent
des pêcheries permettrait de dégager un bénéfice net de 500 millions de dollars en mer
du Nord et d'un milliard de dollars sur l'ensemble de l'Atlantique nord-est.
Ce constat d'échec, ajouté aux profondes divergences de vues sur le partage
international du potentiel halieutique mondial, conduisit à une remise en cause de
l'ordre existant en matière de partage des ressources halieutiques marines (chapitre 20).
Dès 1952, le concept de zone économique exclusive se précise avec la déclaration de
Santiago sur la zone maritime du Chili. Les dispositions sont élaborées par la Première
Conférence des Nations Unies sur le droit de la mer. Dès avant la signature de la
nouvelle Convention des Nations Unies (Montego Bay, Jamaïque), en 1982, le nouveau
Droit est devenu pratique courante dans les relations entre Etats en matière de pêche.
Formellement justifié par les nécessités du développement et de l'aménagement, il
conduit à un nouveau partage des ressources, des juridictions et des responsabilités.
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