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E.L. Miles
Pour la période 1980 - 2000, Robinson (1982) table sur une croissance annuelle
de 2 % pour la demande mondiale des produits destinés à la consommation humaine,
l'offre n'augmentant simultanément que de 1 % par an. Il rappelle de plus que les bilans
globaux masquent des différences dans les préférences, et donc dans la demande, pour
les différents types de poissons et de produits de la pêche, et que les possibilités de
substitution sont limitées. Si la demande résulte de l'effet combiné de l'accroissement
des populations humaines et de l'élévation de leur revenu per capita, l'offre est limitée
par le potentiel halieutique mondial. L'élargissement des zones de compétence
nationale aura eu un impact marqué à la fois sur le volume et les circuits du négoce
international. En effet, la réduction de la compétition internationale au niveau de
l'exploitation des zones les plus poissonneuses est à l'origine d'une intensification de la
concurrence au niveau des échanges, le négoce international devant compenser les
effets des entraves apparues dans le déploiement des flottes de grande pêche face à une
répartition inchangée des ressources et des principaux marchés mondiaux. Compte tenu
du déséquilibre croissant entre l'offre et la demande au niveau mondial, l'accroissement
des échanges ne pourra satisfaire pleinement la demande : des hausses de prix sont
probables pour les produits les plus prisés (crustacés, poissons nobles, ...), dont l'offre
est inélastique.
L'exemple le plus marqué d'impact sur le négoce de l'extension des juridictions
nationales est sans doute celui des relations commerciales entre les Etats-Unis et le
Japon. Les Etats-Unis ont délibérément utilisé les autorisations de pêche dans leur
propre zone comme monnaie d'échange pour obtenir un accès au marché japonais.
Mais, même ici, l'extension des juridictions nationales n'a fait qu'accélérer un processus
apparu plus tôt au Japon par la même dynamique que celle qui avait affecté le prix du
poisson.
Miles et al. (1982) montrent, qu'entre 1967 et 1976, la valeur des importations de
produits de la pêche, par rapport à l'ensemble des importations japonaises, a augmenté
de 1,7 à 2,9 %, tandis que la valeur totale des exportations japonnaises tombait de 3,1 à
1,1 %. En 1967, la Corée du Sud était, en valeur (16,7 %), son principal fournisseur,
suivie de la Chine (10,4 %) et des Etats-Unis (7,7 %). En 1976, la Corée du Sud restait
toujours en tête (20,5 %) ; elle était suivie par Formose (9,6 %), l'Indonésie (8,5 %),
l'Inde (7,2 %) et les Etats-Unis (5,0 %). Pour les exportations, les Etats-Unis étaient,
en 1967, le principal acheteur de produits de pêche japonais (28,2 % en valeur des
exportations), le Royaume-Uni (15 %) venant ensuite. En 1976, la position des EtalsUnis avait baissé quelque peu, mais elle restait toujours dominante (25,8 %), tandis que
les exportations vers le Royaume-Uni avaient considérablement baissé (6,7 %).
Yonezawa (1987) a montré que cet équilibre s'était profondément modifié entre
1976 et 1985. Les importations japonaises ont doublé pendant cette période et celles en
provenance des Etats-Unis ont augmenté de 780 %, passant de 28 milliards à 219
milliards de yens. Le marché japonais absorbe maintenant, en valeur, le tiers des
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