et l'infrastructure chargée de l'aménagement sont faibles, les choses sont doublement
compliquées. Cette situation prévaut actuellement dans l'Atlantique centre-est.
Cependant, une fois de plus, rien n'est irrémédiable. Même là, la situation peut
évoluer, comme le prouvent les progrès réalisés dans l'Atlantique nord-est et le
Pacifique centre-ouest et sud-ouest. Les conditions de progrès analysées plus haul
fournissent des critères pour la conception des stratégies potentiellement performantes.
Dans l'Atlantique nord-est, un progrès a été catalysé par la création de la CEE et d'une
Commission fermement désireuse d'affirmer sa compétence conformément à l'autorité
que lui conférait le Traité de Rome (1957), autant que pour répondre à la dégradation
rapide de la santé économique du secteur des pêches (Leigh 1983, Koers sous presse).
Au delà des discours, la conservation de la ressource n'a jamais été la vriae question.
Par contre, la Politique commune des pêches a suscité de vives oppositions sur le
partage de la ressource. L'Irlande et le Royaume Uni avaient la faculté de retarder
considérablement toute décision. A l'origine, les partenaires s'opposaient sur deux
plans : le poisson comme denrée alimentaire, et la pêche comme source d'emplois. Mais
la Commission a redéfini les données du jeu en invoquant le Traité de Rome, en faisant
appel à la Cour de Justice européenne pour obtenir des jugements sommaires contre les
deux Etats côtiers récalcitrants, et en ayant recours à des compromis portant sur
l'ensemble de l'économie. Cette dernière démarche supposait que l'on puisse recourir à
des compromis compensatoires et que des mesures de rétorsion suffisantes puissent
être prises en cas de refus prolongé à respecter les dispositions.
La situation dans le Pacifique centre-ouest et sud-ouest a aussi évolué. Entre
1976 et 1981, les Etats des îles du Pacifique étaient faibles et divisés. Les données
pertinentes sur la pêche - sauf celles fournies pas les flottes de grande pêche ellesmêmes - étaient rares ou inexistantes. Des objectifs de développement divergents
faisaient préférer les négociations bilatérales, ce qui coïncidait avec les préférences
japonaises, même si la flottille américaine recherchait des arrangements régionaux
conformément à l'Article 64 de la Convention de 1982 et au MFCMA '. Finalement, la
FFA
2
, aidée par la FAO, s'est donnée peu à peu les moyens d'appuyer ses Etals
membres dans leurs négociations avec les armements étrangers et leurs gouvernements,
et a pu promouvoir effectivement l'idée d'une harmonisation des politiques de pêche
nationales. Les connaissances sur les ressources se sont améliorées grâce au
Programme de marquage du listao exécuté par la Commission du Pacifique sud, suivi
lui-même par un Programme d'évaluation des ressources thonières. La FFA elle-même
a considérablement développé sa base de données pour l'étendre aux statistiques sur les
marchés et aux mercuriales de prix. Les Etats membres ont appris à négocier,
bilatéralement et multilatéralement, jusqu'à ce que la région traite, en bloc, directement
avec les Etats-Unis. Mais, on l'a vu, la situation à laquelle les pays en développement du
Pacifique sont confrontés est nettement plus simple que celle à laquelle ont à faire face
1 Acte Magnuson sur la conservation et l'aménagement des pêcheries.
2 P.F.A. Agence des Pêches du Forum du Pacifique sud.
702
compliquées. Cette situation prévaut actuellement dans l'Atlantique centre-est.
Cependant, une fois de plus, rien n'est irrémédiable. Même là, la situation peut
évoluer, comme le prouvent les progrès réalisés dans l'Atlantique nord-est et le
Pacifique centre-ouest et sud-ouest. Les conditions de progrès analysées plus haul
fournissent des critères pour la conception des stratégies potentiellement performantes.
Dans l'Atlantique nord-est, un progrès a été catalysé par la création de la CEE et d'une
Commission fermement désireuse d'affirmer sa compétence conformément à l'autorité
que lui conférait le Traité de Rome (1957), autant que pour répondre à la dégradation
rapide de la santé économique du secteur des pêches (Leigh 1983, Koers sous presse).
Au delà des discours, la conservation de la ressource n'a jamais été la vriae question.
Par contre, la Politique commune des pêches a suscité de vives oppositions sur le
partage de la ressource. L'Irlande et le Royaume Uni avaient la faculté de retarder
considérablement toute décision. A l'origine, les partenaires s'opposaient sur deux
plans : le poisson comme denrée alimentaire, et la pêche comme source d'emplois. Mais
la Commission a redéfini les données du jeu en invoquant le Traité de Rome, en faisant
appel à la Cour de Justice européenne pour obtenir des jugements sommaires contre les
deux Etats côtiers récalcitrants, et en ayant recours à des compromis portant sur
l'ensemble de l'économie. Cette dernière démarche supposait que l'on puisse recourir à
des compromis compensatoires et que des mesures de rétorsion suffisantes puissent
être prises en cas de refus prolongé à respecter les dispositions.
La situation dans le Pacifique centre-ouest et sud-ouest a aussi évolué. Entre
1976 et 1981, les Etats des îles du Pacifique étaient faibles et divisés. Les données
pertinentes sur la pêche - sauf celles fournies pas les flottes de grande pêche ellesmêmes - étaient rares ou inexistantes. Des objectifs de développement divergents
faisaient préférer les négociations bilatérales, ce qui coïncidait avec les préférences
japonaises, même si la flottille américaine recherchait des arrangements régionaux
conformément à l'Article 64 de la Convention de 1982 et au MFCMA '. Finalement, la
FFA
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, aidée par la FAO, s'est donnée peu à peu les moyens d'appuyer ses Etals
membres dans leurs négociations avec les armements étrangers et leurs gouvernements,
et a pu promouvoir effectivement l'idée d'une harmonisation des politiques de pêche
nationales. Les connaissances sur les ressources se sont améliorées grâce au
Programme de marquage du listao exécuté par la Commission du Pacifique sud, suivi
lui-même par un Programme d'évaluation des ressources thonières. La FFA elle-même
a considérablement développé sa base de données pour l'étendre aux statistiques sur les
marchés et aux mercuriales de prix. Les Etats membres ont appris à négocier,
bilatéralement et multilatéralement, jusqu'à ce que la région traite, en bloc, directement
avec les Etats-Unis. Mais, on l'a vu, la situation à laquelle les pays en développement du
Pacifique sont confrontés est nettement plus simple que celle à laquelle ont à faire face
1 Acte Magnuson sur la conservation et l'aménagement des pêcheries.
2 P.F.A. Agence des Pêches du Forum du Pacifique sud.
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