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E.L. Miles
Ainsi une bonne communication a été réalisée avec les décideurs. Le message était
convaincant et les propositions suffisamment simples pour déterminer l'action.
On en déduit ainsi que l'état du stock et la perspective de bénéfices potentiels
peuvent déclencher une action effective, seulement lorsque la complexité du problème
d'aménagement et de son contexte n'est pas excessive et que les points de vue des
parties concernées sur la stratégie à suivre pour l'aménagement ne divergent pas outre
mesure. Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, des difficultés supplémentaires
interfèrent.
Gulland a fait valoir, on l'a vu, que la distribution géographique d'un stock donné
n'était pas stable dans le temps. Mais les institutions responsables de l'aménagemenl
évoluent elles aussi. Leur existence même peut être remise en question lorsque de
nouvelles conditions viennent modifier les objectifs respectifs des parties en présence.
De telles mutations obligent à renégocier les accords, ce qui crée un climat
d'incertitude, surtout lorsque les différents groupes professionnels concernés d'un
même Etat ne sont plus satisfaits des implications de l'accord en vigueur sur la
distribution des richesses.
C'est, de toute évidence, ce qui s'est passé, après 1975, lors de la renégociation
entre les Etats-Unis et le Canada de la Convention internationale sur la pêche du
saumon du Pacifique. Le problème initial de conservation, à savoir le bloquage du
canyon de Hell's Gate, avail été résolu depuis longtemps, mais des divergences
surgirent sur le partage des stocks de saumon "rouge" et de saumon "rose", après que le
Canada, contrairement aux Etats-Unis, ait renoncé à l'aménagement des rivières
supportant les stocks frontaliers. La part des Etats-Unis n'avait pourtant guère baissé
avec l'industrialisation. De surcroît, un autre sujet de désaccord, bien plus sérieux,
surgit, faisant passer au second plan le problème du saumon de la rivière Fraser : celui
des implications des droits de pêche réciproques.
Des deux côtés, des conflits internes compromirent l'adoption d'une solution
négociée, mais les deux Etals côtiers y furent néanmoins contraints pour les raisons
suivantes :
- aucune solution durable à long terme ne semblait possible si l'on s'écartait de la
recherche d'une maximisation du profit commun ;
- les deux Etats côtiers avaient d'importants projets visant à forcer les stocks de
saumon, mais aucun ne pouvait investir tant que la question de partage n'était
pas réglée (chapitre 8) ;
700
E.L. Miles
Ainsi une bonne communication a été réalisée avec les décideurs. Le message était
convaincant et les propositions suffisamment simples pour déterminer l'action.
On en déduit ainsi que l'état du stock et la perspective de bénéfices potentiels
peuvent déclencher une action effective, seulement lorsque la complexité du problème
d'aménagement et de son contexte n'est pas excessive et que les points de vue des
parties concernées sur la stratégie à suivre pour l'aménagement ne divergent pas outre
mesure. Lorsque ces conditions ne sont pas réunies, des difficultés supplémentaires
interfèrent.
Gulland a fait valoir, on l'a vu, que la distribution géographique d'un stock donné
n'était pas stable dans le temps. Mais les institutions responsables de l'aménagemenl
évoluent elles aussi. Leur existence même peut être remise en question lorsque de
nouvelles conditions viennent modifier les objectifs respectifs des parties en présence.
De telles mutations obligent à renégocier les accords, ce qui crée un climat
d'incertitude, surtout lorsque les différents groupes professionnels concernés d'un
même Etat ne sont plus satisfaits des implications de l'accord en vigueur sur la
distribution des richesses.
C'est, de toute évidence, ce qui s'est passé, après 1975, lors de la renégociation
entre les Etats-Unis et le Canada de la Convention internationale sur la pêche du
saumon du Pacifique. Le problème initial de conservation, à savoir le bloquage du
canyon de Hell's Gate, avail été résolu depuis longtemps, mais des divergences
surgirent sur le partage des stocks de saumon "rouge" et de saumon "rose", après que le
Canada, contrairement aux Etats-Unis, ait renoncé à l'aménagement des rivières
supportant les stocks frontaliers. La part des Etats-Unis n'avait pourtant guère baissé
avec l'industrialisation. De surcroît, un autre sujet de désaccord, bien plus sérieux,
surgit, faisant passer au second plan le problème du saumon de la rivière Fraser : celui
des implications des droits de pêche réciproques.
Des deux côtés, des conflits internes compromirent l'adoption d'une solution
négociée, mais les deux Etals côtiers y furent néanmoins contraints pour les raisons
suivantes :
- aucune solution durable à long terme ne semblait possible si l'on s'écartait de la
recherche d'une maximisation du profit commun ;
- les deux Etats côtiers avaient d'importants projets visant à forcer les stocks de
saumon, mais aucun ne pouvait investir tant que la question de partage n'était
pas réglée (chapitre 8) ;
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