20 - Les dimensions internationales de la pêche et de son aménagement
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d'un gain partagé ait été couronnée de succès. C'est le cas, pourtant, dans l'Atlantique
nord-ouest (avec l'Organisation des pêches de l'Atlantique nord-ouest (OPANO), créée
à l'initiative du Canada, et l'accord, antérieur mais malheureux, entre le Canada et les
Etats-Unis), dans le Pacifique nord-est (pour le saumon, le flétan et le phoque à
fourrure) et, enfin, depuis 1985, dans l'Atlantique nord-est, pour ce qui est des pêches
communautaires (CEE).
Nous avons vu que l'état réel des stocks et la perspective de tirer de la
coopération des bénéfices accrus étaient des conditions nécessaires, mais non
suffisantes, pour que des initiatives soient prises en faveur d'un aménagement concerté.
Il reste à identifier les facteurs complémentaires qui conditionnent la concrétisation de
ces efforts. L'état des stocks précités a certainement été un élément déterminant des
progrès ponctuels réalisés en matière d'aménagement dans le Pacifique nord-est. Il n'a
cependant pas suffit dans bien d'autres cas où, pourtant, la condition de la ressource
suscitait l'inquiétude, même avant l'élargissement des compétences nationales. Ce qui
distingue peut-être les accords cités plus haut, c'est que deux d'entre eux (ceux relatifs
au saumon et au flétan) étaient bilatéraux, tandis que le troisième, relatif au phoque à
fourrure, n'engageait que quatre parties. Ces trois arrangements ne portaient
initialement que sur une seule espèce et, en ce qui concerne le saumon et le phoque, les
dispositions prises répondaient à des problèmes clairement identifiés sur lesquels toutes
les parties concernées avaient le même point de vue.
Dans une évaluation antérieure des performances des commissions de pêche,
basée sur l'analyse de leurs initiatives et de leurs réalisations, Cushing (1971-72) était
arrivé à des conclusions analogues. Pour lui, un progrès effectif dans l'aménagement
dépend de trois conditions :
- il doit y avoir consensus sur le diagnostic,
- des théories appliquâmes aux problèmes biologiques posés doivent être
disponibles,
- le message transmis aux décideurs doit être suffisamment clair pour être
convaincant, et suffisamment simple pour permettre l'action.
Pour illustrer ces deux derniers points, il cite notamment l'application du modèle
de Beverton et Holt à l'analyse du problème des captures de petites plies en mer du
Nord, l'évaluation du stock d'albacore du Pacifique centre-est et des stocks de baleines
dans l'Antartique réalisée à l'aide du modèle global, et l'évaluation du stock de phoque
à fourrure des îles Pribiloff. Pour l'analyse qui nous intéresse, il est intéressant de
relever ici que si, l'on peut reprocher au modèle global de production les imperfections
de sa rusticité, celles-ci ont été compensées par la simplicité des messages qu'il a fourni.
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