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E.L. Miles
des modes d'aménagement et de coopération différents. La coopération dans le
domaine de la recherche sera bénéfique, mais ses retombées seront inégalement
réparties entre les parties : il y aura parmi celles-ci des "gagnants" et des "perdants".
Dans certains cas, les bénéfices dépendront de la décision de coordonner totalement les
mesures d'aménagement ; dans d'autres cas, un pays pourra bénéficier des mesures
qu'il prendra, sans avoir à se soucier des actions des autres.
Troadec (1983) a également étudié les implications des schémas de distribution
et de migration sur l'aménagement des stocks communs. Il a attiré l'attention sur le fait
que, dans le cas de stocks qui effectuent des migrations et des déplacements marqués,
les pays qui pèchent les poissons jeunes affectent directement les rendements des pays
dont les flottilles pèchent les poissons plus âgés, sans que ces dernières aient la
possibilité d'exercer des mesures symétriques de rétorsion : leur concurrence ne
s'exprime pas sur un pied d'égalité.
Enfin Munro (1987) s'est attaqué à la même question, mais d'un point de vue
économique. Il a souligné que les aspects politiques et juridiques devaient également
être pris en compte. Il s'est efforcé de dégager une démarche susceptible de faire
progresser l'aménagement et des règles de décision propres à déboucher sur des
solutions optimales au sens de Pareto
1 . Il fait valoir que : "dans ces conditions, lorsque
les points de vue sur la statégie optimale d'aménagement diffèrent de manière
significative entre les administrateurs ou les partenaires potentiels, le noeud du
problème réside dans les perspectives, ou dans leur absence, d'un aménagement effectif
conjoint."
Munro part d'une hypothèse étayée par un grand nombre d'évidences : là où les
bénéfices économiques nets qu'un propriétaire unique peut tirer d'une ressource
dépendent aussi des activités extractrices d'un autre ou d'autres exploitants, les
bénéfices en l'absence de coopération seront toujours moindres que ceux que l'on
pourrait obtenir d'une collaboration (chapitre 14). Cependant, il n'existe pas de solution
pratique si chacune des deux parties (quand elles sont deux), ou de toutes les parties, ne
retire de la coopération au moins autant d'avantages, sinon plus, que le coût de sa mise
en oeuvre. Même quand de telles opportunités existent, aucune règle évidente ne dicte
le bon choix parmi les divers compromis politiques envisageables.
Il s'agit ici de décider du poids à donner aux points de vue des différentes parties
sur l'aménagement. Les écarts entre leurs préférences proviennent généralement de
différences dans leur appréciation du taux d'actualisation des bénéfices sociaux, c'est-àdire de la valeur qu'est susceptible de prendre pour leurs sociétés la ressource au cours
l Selon Pareto, une solution est optimale lorsque la situation d'une partie quelle qu'elle soit ne peut plus
être améliorée sans dégrader davantage la situation des autres parties.
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des modes d'aménagement et de coopération différents. La coopération dans le
domaine de la recherche sera bénéfique, mais ses retombées seront inégalement
réparties entre les parties : il y aura parmi celles-ci des "gagnants" et des "perdants".
Dans certains cas, les bénéfices dépendront de la décision de coordonner totalement les
mesures d'aménagement ; dans d'autres cas, un pays pourra bénéficier des mesures
qu'il prendra, sans avoir à se soucier des actions des autres.
Troadec (1983) a également étudié les implications des schémas de distribution
et de migration sur l'aménagement des stocks communs. Il a attiré l'attention sur le fait
que, dans le cas de stocks qui effectuent des migrations et des déplacements marqués,
les pays qui pèchent les poissons jeunes affectent directement les rendements des pays
dont les flottilles pèchent les poissons plus âgés, sans que ces dernières aient la
possibilité d'exercer des mesures symétriques de rétorsion : leur concurrence ne
s'exprime pas sur un pied d'égalité.
Enfin Munro (1987) s'est attaqué à la même question, mais d'un point de vue
économique. Il a souligné que les aspects politiques et juridiques devaient également
être pris en compte. Il s'est efforcé de dégager une démarche susceptible de faire
progresser l'aménagement et des règles de décision propres à déboucher sur des
solutions optimales au sens de Pareto
1 . Il fait valoir que : "dans ces conditions, lorsque
les points de vue sur la statégie optimale d'aménagement diffèrent de manière
significative entre les administrateurs ou les partenaires potentiels, le noeud du
problème réside dans les perspectives, ou dans leur absence, d'un aménagement effectif
conjoint."
Munro part d'une hypothèse étayée par un grand nombre d'évidences : là où les
bénéfices économiques nets qu'un propriétaire unique peut tirer d'une ressource
dépendent aussi des activités extractrices d'un autre ou d'autres exploitants, les
bénéfices en l'absence de coopération seront toujours moindres que ceux que l'on
pourrait obtenir d'une collaboration (chapitre 14). Cependant, il n'existe pas de solution
pratique si chacune des deux parties (quand elles sont deux), ou de toutes les parties, ne
retire de la coopération au moins autant d'avantages, sinon plus, que le coût de sa mise
en oeuvre. Même quand de telles opportunités existent, aucune règle évidente ne dicte
le bon choix parmi les divers compromis politiques envisageables.
Il s'agit ici de décider du poids à donner aux points de vue des différentes parties
sur l'aménagement. Les écarts entre leurs préférences proviennent généralement de
différences dans leur appréciation du taux d'actualisation des bénéfices sociaux, c'est-àdire de la valeur qu'est susceptible de prendre pour leurs sociétés la ressource au cours
l Selon Pareto, une solution est optimale lorsque la situation d'une partie quelle qu'elle soit ne peut plus
être améliorée sans dégrader davantage la situation des autres parties.
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