s
E.L. Miles
grande pêche n'en ont pas pour autant été moins affectées par l'élargissement des zones
économiques et la hausse du prix du carburant.
On peut ainsi conclure de cette analyse des tendances lourdes que l'activité des
flottes de grande pêche se réduira graduellement au cours de la prochaine décennie au
profit de celle des flottilles côtières. Même si l'extension des juridictions nationales n'est
pas la cause initiale du déclin de la grande pêche, le changement dans le régime de
l'océan sera déterminant pour l'essor des flottilles locales, du fait des perspectives
nouvelles qu'il leur ouvre.
3. Les schémas de coopération internationale
Avant l'extension générale des juridictions nationales, le fait que la compétence
des Etats riverains à administrer les pêches était sérieusement restreinte et que
personne n'exerçait de contrôle effectif sur la pêche constituait un exemple classique de
"tragédie des communaux" (Hardin 1968) : dans une situation de libre accessibilité, la
coopération est en effet réduite au minimum et la régulation ineffective. 11 s'en suit un
gaspillage biologique et économique considérable : en l'absence de décisions faisant
autorité, aucun participant n'est convaincu que d'autres ne tireront pas profil de
restrictions qu'il serait prêt à s'imposer.
Là où les stocks sont circonscrits au sein d'une seule zone économique exclusive,
le transfert de compétence aux Etats côtiers modifie radicalement la situation. Devenu
"propriétaire" de la ressource, l'Etat riverain a maintenant toute latitude pour envisager
les perspectives à long terme, et non plus seulement les problèmes de conjoncture
immédiate, pour développer des stratégies d'aménagement adaptées à ses atouts cl
faiblesses spécifiques, pour reconsidérer les conditions d'accès faites aux navires
étrangers comme à ses propres pêcheurs. Pourtant, une décennie après le début de
l'extension générale des compétences juridiques nationales, force est de constater que,
pour diverses raisons, cette occasion n'a pas encore été saisie au plan national (Miles
sous presse). Il faut néanmoins souligner que, depuis que l'accès des navires de grande
pêche est régulé, le privilège de pêcher est devenu une denrée rare qui se négocie : là
réside la motivation première de la coopération entre Etats côtiers et flottilles
hauturières.
688
E.L. Miles
grande pêche n'en ont pas pour autant été moins affectées par l'élargissement des zones
économiques et la hausse du prix du carburant.
On peut ainsi conclure de cette analyse des tendances lourdes que l'activité des
flottes de grande pêche se réduira graduellement au cours de la prochaine décennie au
profit de celle des flottilles côtières. Même si l'extension des juridictions nationales n'est
pas la cause initiale du déclin de la grande pêche, le changement dans le régime de
l'océan sera déterminant pour l'essor des flottilles locales, du fait des perspectives
nouvelles qu'il leur ouvre.
3. Les schémas de coopération internationale
Avant l'extension générale des juridictions nationales, le fait que la compétence
des Etats riverains à administrer les pêches était sérieusement restreinte et que
personne n'exerçait de contrôle effectif sur la pêche constituait un exemple classique de
"tragédie des communaux" (Hardin 1968) : dans une situation de libre accessibilité, la
coopération est en effet réduite au minimum et la régulation ineffective. 11 s'en suit un
gaspillage biologique et économique considérable : en l'absence de décisions faisant
autorité, aucun participant n'est convaincu que d'autres ne tireront pas profil de
restrictions qu'il serait prêt à s'imposer.
Là où les stocks sont circonscrits au sein d'une seule zone économique exclusive,
le transfert de compétence aux Etats côtiers modifie radicalement la situation. Devenu
"propriétaire" de la ressource, l'Etat riverain a maintenant toute latitude pour envisager
les perspectives à long terme, et non plus seulement les problèmes de conjoncture
immédiate, pour développer des stratégies d'aménagement adaptées à ses atouts cl
faiblesses spécifiques, pour reconsidérer les conditions d'accès faites aux navires
étrangers comme à ses propres pêcheurs. Pourtant, une décennie après le début de
l'extension générale des compétences juridiques nationales, force est de constater que,
pour diverses raisons, cette occasion n'a pas encore été saisie au plan national (Miles
sous presse). Il faut néanmoins souligner que, depuis que l'accès des navires de grande
pêche est régulé, le privilège de pêcher est devenu une denrée rare qui se négocie : là
réside la motivation première de la coopération entre Etats côtiers et flottilles
hauturières.
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