20 - Les dimensions internationales de la pêche et de son aménagement
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recherchant certaines espèces dans de nouvelles zones en deçà et au-delà de la bande
des 200 milles ; certains ont entrepris de développer de nouvelles techniques pour la
capture d'espèces mésopélagiques profondes (Miles 1987, Kaczynski 1983).
On doit toutefois distinguer le comportement et les initiatives prises par le Japon
et l'URSS, d'une part, de ceux des autres pays armant des flottes de grand pêche
comme la Bulgarie, la République de Corée, Cuba, l'Espagne ou la Pologne, d'autre
part. Les deux premiers, dont la production domine les pêches mondiales, ont en effet
une marge de manoeuvre supérieure. L'extension des zones économiques s'est
accompagnée, il est vrai, de bouleversements sévères dans les schémas de déploiement
de leurs flottes ; mais, ils ont pu s'y adapter en créant des entreprises conjointes et en
cherchant de nouvelles possibilités à l'intérieur de leurs propres zones comme en haute
mer. Ces efforts d'adaptation se sont, bien entendu, répercutés par des coûts. Pour le
Japon qui subissait en même temps une forte inflation, cela s'est traduit par une
réduction importante de sa flotte hauturière, ainsi que de la production de cette
dernière par rapport à celle de ses flottilles côtières. Mais les autres puissances
halieutiques, sauf peut-être la République de Corée, dont la marge de manoeuvre était
moindre ont dû faire face à des contraintes bien plus sérieuses ; ils ont pu moins
facilement absorber les coûts inhérents de restructuration de leur secteur n'ayant, à
court terme, que peu ou pas de solutions d'échange pour satisfaire leur demande
interne en protéines animales.
A l'impact négatif de l'extension des juridictions nationales sur le déploiement
des flottilles de grande pêche est venu s'ajouter l'effet de l'augmentation du prix du
carburant. Cette dernière charge a été d'autant plus difficile à absorber qu'elle s'est
répercutée sur les coûts de la construction navale, des réparations, de la main-d'oeuvre
et des assurances. Mais, curieusement, cet accroissement des charges supporté
directement par les armements n'a pas été le déterminant majeur de l'augmentation des
cours du poisson sur le marché mondial. Une analyse effectuée par la FAO (1981)
montre en effet que les augmentations importantes intervenues dans le prix des produits
de la mer se sont produites avant l'extension des juridictions nationales et, aussi, avant le
premier choc pétrolier déclenché en 1973 par l'OPEP. Le renchérissement du prix du
poisson s'est en effet produit en 1971. Il peut s'expliquer par "... une offre relativemenl
inélastique face à une demande accrue, due largement à l'augmentation du revenu per
capita" (p. 107). Celte séquence conforte encore le rôle attribué à la pleine exploitation
du potentiel halieutique mondial dans la crise actuelle des pêches (chapitre 1).
Kaczynski (1983-a) montre que, pour la même raison, le recours aux sociétés
conjointes a précédé l'extension des juridictions nationales : à partir de 1976, cette
extension a accentué la tendance initiale, la nécessité d'accéder à la ressource
l'emportant rapidement sur la stimulation déclenchée par le renchérissement des cours
du poisson dans la prolifération des entreprises conjointes. A l'exception de la flotte
soviétique confrontée à des problèmes bien différents (Kaczynski 1987), les flottilles de
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