20 - Les dimensions internationales de la pêche et de son aménagement
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3.1. La coopération et le développement des pêches : négocier l'accès par
l'entremise d'entreprises conjointes
Des entreprises conjointes existaient déjà, on l'a vu, avant que l'extension des
juridictions ne devienne générale. Le recourse de telles entreprises a d'abord été motivé
par la montée de la demande pour des produits de la pêche que l'offre ne pouvait
satisfaire. Cette pénurie s'est traduite par une hausse du prix du poisson par rapport à
celui des autres denrées alimentaires. Cet enchaînement a été particulièrement marqué
au Japon où l'indice des prix au débarquement des espèces majeures (1969-1971 = 100)
est passé de 52,3 en 1961, à 111,8 en 1971, 129,4 en 1976, 154,5 en 1977, pour retomber
légèrement (150,9) en 1978 (FAO 1981, tableaux 2-9, p. 109).
Il n'est donc pas surprenant que, sur les 369 entreprises conjointes de pêche
existant en 1979, 203 aient été créées avec des intérêts japonais (Kaczynski and Leviel
1980). Fait encore plus significatif, 173 d'entrés elles existaient déjà en 1976. Au Japon,
la période d'expansion rapide s'est située entre 1970 et 1973 et, en 1980, sur un effectif
mondial de 650 entreprises conjointes dans le secteur des pêches, 219 comprenaient des
intérêts japonais (Kaczynski 1983). Dans son étude, Kaczynski conclut : "L'état de
l'économie nationale a été déterminant dans l'expansion du nombre d'entreprises
conjointes auxquelles le Japon participe. D'autres facteurs, comme le prix du carburant,
les termes de la division internationale du travail ou le transfert de technologie, bien
que directement liés à la création d'entreprises conjointes, ont joué un rôle moindre."
La participation japonaise mise à part, la progression des entreprises conjointes
dans le secteur des pêches a connu une forte relance à partir du moment où les flottilles
hauturières se sont trouvées exclues de leurs zones de pêche traditionnelles par
l'extension des zones économiques. D'un autre côté, de nombreux Etats côtiers en
développement qui ne disposaient pas des capacités nécessaires pour exploiter les
ressources sur lesquelles leur compétence juridique s'était étendue, voyaient dans les
entreprises conjointes un moyen rapide pour développer leurs propres industries. De
même, des Etats côtiers industrialisés comme les Etats-Unis ont pensé trouver dans les
entreprises conjointes une voie toute tracée pour accéder à des marchés pour écouler le
produit de ressources que leurs flottilles avaient quelque peu négligées jusqu'alors.
Ainsi, l'existence d'intérêts complémentaires entre pays armant des flottes de grande
pêche et divers Etats côtiers est à l'origine de la multiplication des entreprises
conjointes. Désormais, elles proliféreront, soit dans le cadre de contrats de
collaboration bilatérale, soit par la création de sociétés par actions.
11 faut souligner ici que ces entreprises de pêche conjointes constituent une forme
privilégiée de coopération Nord/Sud : en 1979, 78 % d'entre elles associaient des
partenaires de pays industrialisés à des Etats côtiers en développement (Kaczynski and
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3.1. La coopération et le développement des pêches : négocier l'accès par
l'entremise d'entreprises conjointes
Des entreprises conjointes existaient déjà, on l'a vu, avant que l'extension des
juridictions ne devienne générale. Le recourse de telles entreprises a d'abord été motivé
par la montée de la demande pour des produits de la pêche que l'offre ne pouvait
satisfaire. Cette pénurie s'est traduite par une hausse du prix du poisson par rapport à
celui des autres denrées alimentaires. Cet enchaînement a été particulièrement marqué
au Japon où l'indice des prix au débarquement des espèces majeures (1969-1971 = 100)
est passé de 52,3 en 1961, à 111,8 en 1971, 129,4 en 1976, 154,5 en 1977, pour retomber
légèrement (150,9) en 1978 (FAO 1981, tableaux 2-9, p. 109).
Il n'est donc pas surprenant que, sur les 369 entreprises conjointes de pêche
existant en 1979, 203 aient été créées avec des intérêts japonais (Kaczynski and Leviel
1980). Fait encore plus significatif, 173 d'entrés elles existaient déjà en 1976. Au Japon,
la période d'expansion rapide s'est située entre 1970 et 1973 et, en 1980, sur un effectif
mondial de 650 entreprises conjointes dans le secteur des pêches, 219 comprenaient des
intérêts japonais (Kaczynski 1983). Dans son étude, Kaczynski conclut : "L'état de
l'économie nationale a été déterminant dans l'expansion du nombre d'entreprises
conjointes auxquelles le Japon participe. D'autres facteurs, comme le prix du carburant,
les termes de la division internationale du travail ou le transfert de technologie, bien
que directement liés à la création d'entreprises conjointes, ont joué un rôle moindre."
La participation japonaise mise à part, la progression des entreprises conjointes
dans le secteur des pêches a connu une forte relance à partir du moment où les flottilles
hauturières se sont trouvées exclues de leurs zones de pêche traditionnelles par
l'extension des zones économiques. D'un autre côté, de nombreux Etats côtiers en
développement qui ne disposaient pas des capacités nécessaires pour exploiter les
ressources sur lesquelles leur compétence juridique s'était étendue, voyaient dans les
entreprises conjointes un moyen rapide pour développer leurs propres industries. De
même, des Etats côtiers industrialisés comme les Etats-Unis ont pensé trouver dans les
entreprises conjointes une voie toute tracée pour accéder à des marchés pour écouler le
produit de ressources que leurs flottilles avaient quelque peu négligées jusqu'alors.
Ainsi, l'existence d'intérêts complémentaires entre pays armant des flottes de grande
pêche et divers Etats côtiers est à l'origine de la multiplication des entreprises
conjointes. Désormais, elles proliféreront, soit dans le cadre de contrats de
collaboration bilatérale, soit par la création de sociétés par actions.
11 faut souligner ici que ces entreprises de pêche conjointes constituent une forme
privilégiée de coopération Nord/Sud : en 1979, 78 % d'entre elles associaient des
partenaires de pays industrialisés à des Etats côtiers en développement (Kaczynski and
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