19 - Désertification sur terre et dans l'océan
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Il est intéressant de relever que, même après l'effondrement du stock dans les
secteurs nord et central, le gouvernement donna le feu vert à la libre exploitation du
stock dans le secteur sud, qui s'étend de part et d'autre de la frontière chileopéruvienne. L'argument qui entraîna la décision fut que, si les péruviens ne le péchaient
pas, les chiliens le feraient.
L'application aux écosystèmes marins du concept de désertification n'est pas
aisée. En général, les observations et les mesures systématiques y sont plus difficiles que
sur terre. La mise en évidence des dégradations y est plus complexe. Une difficulté
parmi d'autres tient à la mobilité des populations de poissons. Il est encore plus difficile
de distinguer sur celles-ci les impacts d'origine anthropique, des effets de la variabilité
naturelle, abiotique et biotique, qui interfèrent selon des échelles de temps différentes
(Csirke and Sharp 1983). Des méthodes éprouvées existent bien pour mesurer le déclin
graduel de la productivité d'un stock : analyses de la structure démographique des
captures, des prises par unité d'effort, évolution du niveau de recrutement, ..., mais la
variabilité naturelle masque en partie le "signal" des effets d'origine anthropique
(chapitres 4, 5 et 9). Les facteurs en jeu dans la productivité sont probablement plus
nombreux et plus complexes dans le domaine marin que dans le domaine terrestre, ce
qui rend plus ardue la distinction des "signaux" anthropogéniques, du "bruit" de
l'environnement. Cependant, l'application du concept de désertification met en lumière
la multiplicité des facteurs causaux et les synergies qui apparaissent entre les
dimensions écologiques, techniques, économiques, sociales et institutionnelles, dans
l'enchaînement du processus de désertification.
Il se peut qu'en mer, la restauration des écosystèmes naturels se révèle
également plus difficile que sur terre, où, avec des moyens financiers adéquats, il est
possible de réussir, à condition que les facteurs de dégradation soient préalablement
maîtrisés. En effet, la fluidité du monde marin y dilue l'effet des mesures.
Les conséquences d'une dégradation des écosystèmes marins peuvent être
sérieuses. Ceux qui tirent leur subsistance de leur exploitation peuvent être gravement
affectés. Les protéines qu'on ne tire plus de la mer devront être trouvées sur terre.
L'alternative inverse est également vraie (Borgshom 1972) : actuellement, les pays de
l'Afrique sub-saharienne rencontrent déjà des difficultés croissantes à nourrir leurs
populations ; compte tenu du taux de croissance actuel de leurs populations, ces
difficultés ne peuvent que croître.
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Il est intéressant de relever que, même après l'effondrement du stock dans les
secteurs nord et central, le gouvernement donna le feu vert à la libre exploitation du
stock dans le secteur sud, qui s'étend de part et d'autre de la frontière chileopéruvienne. L'argument qui entraîna la décision fut que, si les péruviens ne le péchaient
pas, les chiliens le feraient.
L'application aux écosystèmes marins du concept de désertification n'est pas
aisée. En général, les observations et les mesures systématiques y sont plus difficiles que
sur terre. La mise en évidence des dégradations y est plus complexe. Une difficulté
parmi d'autres tient à la mobilité des populations de poissons. Il est encore plus difficile
de distinguer sur celles-ci les impacts d'origine anthropique, des effets de la variabilité
naturelle, abiotique et biotique, qui interfèrent selon des échelles de temps différentes
(Csirke and Sharp 1983). Des méthodes éprouvées existent bien pour mesurer le déclin
graduel de la productivité d'un stock : analyses de la structure démographique des
captures, des prises par unité d'effort, évolution du niveau de recrutement, ..., mais la
variabilité naturelle masque en partie le "signal" des effets d'origine anthropique
(chapitres 4, 5 et 9). Les facteurs en jeu dans la productivité sont probablement plus
nombreux et plus complexes dans le domaine marin que dans le domaine terrestre, ce
qui rend plus ardue la distinction des "signaux" anthropogéniques, du "bruit" de
l'environnement. Cependant, l'application du concept de désertification met en lumière
la multiplicité des facteurs causaux et les synergies qui apparaissent entre les
dimensions écologiques, techniques, économiques, sociales et institutionnelles, dans
l'enchaînement du processus de désertification.
Il se peut qu'en mer, la restauration des écosystèmes naturels se révèle
également plus difficile que sur terre, où, avec des moyens financiers adéquats, il est
possible de réussir, à condition que les facteurs de dégradation soient préalablement
maîtrisés. En effet, la fluidité du monde marin y dilue l'effet des mesures.
Les conséquences d'une dégradation des écosystèmes marins peuvent être
sérieuses. Ceux qui tirent leur subsistance de leur exploitation peuvent être gravement
affectés. Les protéines qu'on ne tire plus de la mer devront être trouvées sur terre.
L'alternative inverse est également vraie (Borgshom 1972) : actuellement, les pays de
l'Afrique sub-saharienne rencontrent déjà des difficultés croissantes à nourrir leurs
populations ; compte tenu du taux de croissance actuel de leurs populations, ces
difficultés ne peuvent que croître.
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