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M.H. Glantz
plus générale, la demande de l'industrie de traitement peut rendre encore plus difficile
les décisions nécessaires sur la limitation de la pêche. Ainsi, en 1972, au moment de
l'effondrement du stock d'anchois, Gulland et Boerema (1973, p. 2232) observaient à
propos de l'industrie péruvienne : "une capacité de capture et de traitement inférieure à
la moitié de leur taille actuelle suffirait à pêcher et à réduire en farine les 9 à 10 millions
de tonnes d'anchois que la ressource peut produire ; des économies sur les coûts,
supérieures à 50 millions de dollars, pourraient être réalisées en éliminant cette
surcapacité".
4.2.6. Les politiques d'aménagement
La littérature scientifique, la grande presse et les forums nationaux et
internationaux font un large écho aux politiques d'exploitation des ressources marines
vivantes. Leur lecture conduit à penser que les questions relatives à la pêche sont
vouées à devenir politiques. Chaque fois que des divergences d'opinion se font jour pour
savoir où et quand, comment et par qui, un stock halieutique doit être exploité, ce stock
risque de devenir surexploité. Les exemples sont nombreux de politiques nationales et
internationales ayant conduit à l'effondrement de populations halieutiques, même si des
mesures politiques étaient bien proposées, tant au niveau national qu'international,
pour minimiser ce risque.
La pêcherie péruvienne d'anchois illustre bien le poids des facteurs politiques.
Au cours des années 60 et au début des années 70, les autorités chargées de
l'aménagement et l'industrie se montrèrent peu réceptives aux avertissements exprimés
par les chercheurs péruviens et étrangers sur le risque que faisait courir à la pêcherie
l'existence de fortes surcapacités. La pression sur le stock demeura très élevée.
L'effondrement du stock se manifesta par un échec imprévu du recrutement, qui survint
peu avant le déclenchement, lui-même imprévu, de P"E1 Nino" de 1972-73. Même après
cette catastrophe, l'administration eut à gérer un conflit difficile entre une pression
politique très forte et l'urgence de préserver un stock décimé. Le besoin critique de
devises poussait les responsables politiques et l'administration à assumer le risque d'une
surexploitation accentuée par le déclin du stock. La poursuite de l'exploitation a bien
permis, à court terme, des rentrées significatives de devises, mais le pays a pris le risque
de perdre un de ses principaux produits d'exploitation.
Ce ne fut que lors de la réunion d'experts organisée par le Ministère des Pêches,
à Lima en 1977, qu'il fut décidé d'aménager la pêcherie selon des critères scientifiques
et sur la base des connaissances acquises par l'IMARPE
1 .
1 Instituto del Mar de] Peru.
674
M.H. Glantz
plus générale, la demande de l'industrie de traitement peut rendre encore plus difficile
les décisions nécessaires sur la limitation de la pêche. Ainsi, en 1972, au moment de
l'effondrement du stock d'anchois, Gulland et Boerema (1973, p. 2232) observaient à
propos de l'industrie péruvienne : "une capacité de capture et de traitement inférieure à
la moitié de leur taille actuelle suffirait à pêcher et à réduire en farine les 9 à 10 millions
de tonnes d'anchois que la ressource peut produire ; des économies sur les coûts,
supérieures à 50 millions de dollars, pourraient être réalisées en éliminant cette
surcapacité".
4.2.6. Les politiques d'aménagement
La littérature scientifique, la grande presse et les forums nationaux et
internationaux font un large écho aux politiques d'exploitation des ressources marines
vivantes. Leur lecture conduit à penser que les questions relatives à la pêche sont
vouées à devenir politiques. Chaque fois que des divergences d'opinion se font jour pour
savoir où et quand, comment et par qui, un stock halieutique doit être exploité, ce stock
risque de devenir surexploité. Les exemples sont nombreux de politiques nationales et
internationales ayant conduit à l'effondrement de populations halieutiques, même si des
mesures politiques étaient bien proposées, tant au niveau national qu'international,
pour minimiser ce risque.
La pêcherie péruvienne d'anchois illustre bien le poids des facteurs politiques.
Au cours des années 60 et au début des années 70, les autorités chargées de
l'aménagement et l'industrie se montrèrent peu réceptives aux avertissements exprimés
par les chercheurs péruviens et étrangers sur le risque que faisait courir à la pêcherie
l'existence de fortes surcapacités. La pression sur le stock demeura très élevée.
L'effondrement du stock se manifesta par un échec imprévu du recrutement, qui survint
peu avant le déclenchement, lui-même imprévu, de P"E1 Nino" de 1972-73. Même après
cette catastrophe, l'administration eut à gérer un conflit difficile entre une pression
politique très forte et l'urgence de préserver un stock décimé. Le besoin critique de
devises poussait les responsables politiques et l'administration à assumer le risque d'une
surexploitation accentuée par le déclin du stock. La poursuite de l'exploitation a bien
permis, à court terme, des rentrées significatives de devises, mais le pays a pris le risque
de perdre un de ses principaux produits d'exploitation.
Ce ne fut que lors de la réunion d'experts organisée par le Ministère des Pêches,
à Lima en 1977, qu'il fut décidé d'aménager la pêcherie selon des critères scientifiques
et sur la base des connaissances acquises par l'IMARPE
1 .
1 Instituto del Mar de] Peru.
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