19 - Désertification sur terre et dans l'océan
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d'autres lois que celles plus courantes et mieux connues chez les poissons. La
conservation, localement, d'une biomasse minimale de reproducteurs, pourrait ne pas
être fondée (chapitre 9). Ainsi, le progrès dans les stratégies d'exploitation des stocks
dépend du progrès dans les connaissances sur les différents phénomènes intervenant
dans la réversibilité des fluctuations, notamment celles à long terme.
L'optimisation de l'exploitation des populations halieutiques reste donc soumise
à des inconnues portant sur plusieurs aspects de leur reproduction, et à l'effet sur ceuxci des fluctuations à grande échelle de leur environnement océanique et atmosphérique
(tendances climatiques et pollutions). En l'état actuel des connaissances et des
méthodes utilisées pour leur évaluation, la définition du caractère renouvelable des
ressources pélagiques côtières et, par suite, les avis donnés pour leur conservation
apparaissent insuffisants (chapitres 4, 5, 6 et 9).
La figure 19.2, représente les débarquements dans trois importantes pêcheries
pélagiques : la sardine de Californie (fig. 19.2a), l'anchois du Pérou (fig. 19.2b) et le
pilchard de Namibie (fig. 19.2c). Les chiffres montrent que ces trois pêcheries se sont
effondrées. Des explications divergentes ont été données, y compris pour les mêmes
pêcheries. Certains observateurs sont convaincus que la surpêche est la cause
principale. Si les populations n'avaient pas été aussi réduites par la surpêche, elles
auraient probablement pu traverser, sans réduction aussi marquée de leur biomasse, les
fluctuations physiques de leur environnement. D'autres affirment avec la même
conviction et sur la base d'informations scientifiques aussi convaincantes, que le déclin
résulte avant tout de changements survenus dans leur écosystème. Même si une
surpêche est intervenue, des facteurs environnementaux furent la cause majeure de
l'effondrement de ces stocks.
Les divergences d'interprétation ne se limitent pas à ces trois cas. Murphy (1977,
p. 296) faisait déjà observer il y a plus de dix ans : "Au Japon (en ce qui concerne la
sardine d'Extrême-Orient) et en Californie ..., les chercheurs eurent tendance à se
classer en deux camps. Les écologistes soutenaient que les changements dans le climat
océanique étaient responsables des bouleversements qualitatifs et quantitatifs observés
dans les populations. Le deuxième camp était convaincu que la pêche était la cause
fondamentale de tous les problèmes. Les sardines disparurent."
Même si l'on admet que les changements qui surviennent dans l'environnement
sont responsables, faut-il pour autant accepter que des populations de poissons puissent
apparaître ou disparaître dans certaines régions en dehors de toute intervention de
l'homme ? Si c'était le cas, peut-on considérer que des populations inféodées à une
région donnée constituent à un moment donné une ressource non renouvelable ? Si l'on
admet que la surpêche est bien la cause majeure de l'effondrement de ces pêcheries,
faut-il alors impérativement prôner une régulation de leur pêche sur la base de
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d'autres lois que celles plus courantes et mieux connues chez les poissons. La
conservation, localement, d'une biomasse minimale de reproducteurs, pourrait ne pas
être fondée (chapitre 9). Ainsi, le progrès dans les stratégies d'exploitation des stocks
dépend du progrès dans les connaissances sur les différents phénomènes intervenant
dans la réversibilité des fluctuations, notamment celles à long terme.
L'optimisation de l'exploitation des populations halieutiques reste donc soumise
à des inconnues portant sur plusieurs aspects de leur reproduction, et à l'effet sur ceuxci des fluctuations à grande échelle de leur environnement océanique et atmosphérique
(tendances climatiques et pollutions). En l'état actuel des connaissances et des
méthodes utilisées pour leur évaluation, la définition du caractère renouvelable des
ressources pélagiques côtières et, par suite, les avis donnés pour leur conservation
apparaissent insuffisants (chapitres 4, 5, 6 et 9).
La figure 19.2, représente les débarquements dans trois importantes pêcheries
pélagiques : la sardine de Californie (fig. 19.2a), l'anchois du Pérou (fig. 19.2b) et le
pilchard de Namibie (fig. 19.2c). Les chiffres montrent que ces trois pêcheries se sont
effondrées. Des explications divergentes ont été données, y compris pour les mêmes
pêcheries. Certains observateurs sont convaincus que la surpêche est la cause
principale. Si les populations n'avaient pas été aussi réduites par la surpêche, elles
auraient probablement pu traverser, sans réduction aussi marquée de leur biomasse, les
fluctuations physiques de leur environnement. D'autres affirment avec la même
conviction et sur la base d'informations scientifiques aussi convaincantes, que le déclin
résulte avant tout de changements survenus dans leur écosystème. Même si une
surpêche est intervenue, des facteurs environnementaux furent la cause majeure de
l'effondrement de ces stocks.
Les divergences d'interprétation ne se limitent pas à ces trois cas. Murphy (1977,
p. 296) faisait déjà observer il y a plus de dix ans : "Au Japon (en ce qui concerne la
sardine d'Extrême-Orient) et en Californie ..., les chercheurs eurent tendance à se
classer en deux camps. Les écologistes soutenaient que les changements dans le climat
océanique étaient responsables des bouleversements qualitatifs et quantitatifs observés
dans les populations. Le deuxième camp était convaincu que la pêche était la cause
fondamentale de tous les problèmes. Les sardines disparurent."
Même si l'on admet que les changements qui surviennent dans l'environnement
sont responsables, faut-il pour autant accepter que des populations de poissons puissent
apparaître ou disparaître dans certaines régions en dehors de toute intervention de
l'homme ? Si c'était le cas, peut-on considérer que des populations inféodées à une
région donnée constituent à un moment donné une ressource non renouvelable ? Si l'on
admet que la surpêche est bien la cause majeure de l'effondrement de ces pêcheries,
faut-il alors impérativement prôner une régulation de leur pêche sur la base de
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