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M.H. Glanlz
conclusions objectives tirées des méthodes disponibles ? Comme l'exploitation de ces
ressources reste sujette à un manque appréciable de connaissances et à de nombreuses
incertitudes, est-il possible de définir une stratégie d'aménagement que la majorité des
observateurs puisse considérer comme "sage", ou sûre. En l'absence de régulations
permettant d'interdire l'exploitation d'une population halieutique donnée, et devant la
difficulté à déterminer des stratégies d'aménagement sûres, la plupart des ressources
pélagiques côtières d'un intérêt commercial, sont susceptibles d'être tôt ou tard
sérieusement réduites ou de s'effondrer.
Pour compliquer les choses, le monde est constitué de nations, chacune avec sa
propre juridiction sur les ressources côtières présentes dans les 200 milles de sa Zone
Economique Exclusive (chapitre 20). Il est donc devenu important de définir le
potentiel de renouvellement des ressources au niveau national, plutôt qu'à un niveau
plus global. Un pays qui laisserait dégrader ses forêts, son environnement ou ses
ressources vivantes marines, en perdrait le bénéfice pour longtemps, et ne pourrait les
reconstituer qu'au prix d'un effort et de dépenses considérables.
Ainsi, le concept de renouvellement comporte une dimension spatiale - en
Californie, le stock de sardine ne s'est pas encore "renouvelé", - de même qu'une
dimension temporelle - le stock n'y est plus disponible en quantités commercialement
appréciables depuis son effondrement en 1952. Les stocks fortement affaiblis dans une
région peuvent se reconstituer. On a cité déjà le cas spectaculaire de la sardine du
Japon. Un débat est actuellement engagé pour déterminer si le stock de sardine de
Californie a atteint un niveau suffisant pour que son exploitation puisse être de nouveau
autorisée (Mac Call 1983). Ainsi, dans la pratique, un stock peut alternativement passer
du statut de ressource non renouvelable à celui de renouvelable. La difficulté, on l'a vu,
réside dans le fait que la recherche et les gestionnaires ne peuvent établir avec la
certitude nécessaire à l'action, quand ces stocks vont proliférer ou s'effondrer, ni avec
quelle amplitude et sous l'effet de quels facteurs causaux, naturels ou anthropiques.
Comme Murphy l'observait (1977, p. 305), au sujet de l'emploi des modèles de
rendement par recrue et de relation stock-recrutement : "même correctement
appliqués, leur utilité se limite à l'évaluation du rendement moyen soutenable et, donc,
de la taille de l'industrie. Ils ne peuvent servir à prévoir les événements sporadiques,
observés de façon répétée, qui aboutissent souvent à l'effondrement de la population".
Si les pêcheries pélagiques peuvent disparaître sous des conditions défavorables
imprévisibles, ne serait-il pas réaliste de les traiter comme des ressources non
renouvelables ? Ne serait-il pas "sage" de tenir compte de la probabilité de leur
effondrement lors de la planification du développement de leur pêche au niveau
national ? Si une majorité de stocks pélagiques se sont effondrés, d'autres n'en feront-ils
pas autant ; n'en sera-il pas de même pour ceux qui se sont reconstitués ? Quels sont les
groupes taxonomiques les plus susceptibles de telles fluctuations ? Si ceux qui décident
du développement d'une nouvelle pêcherie pouvaient savoir quels sont les stocks
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