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M.H. Glanlz
Selon Beddington (1986), la réversibilité des déclins de productivité est difficile à
établir. A l'appui de sa thèse, il cite des exemples de populations halieutiques qui n'ont
pas encore retrouvé leurs niveaux d'abondance antérieurs, même lorsque la pression de
pêche a disparu, alors que d'autres réagissent rapidement à une réduction de leur
exploitation. Parmi les poissons, le brochet bleu du lac Erié est un des rares cas établis
d'extinction complète. La vache de mer du Pacifique nord et le grand pingouin de
l'Atlantique nord sont à inclure dans cette liste, mais les mammifères et les oiseaux ont
des stratégies démographiques, qui les rendent plus vulnérables (Ricker 1977).
La compréhension du problème est rendue difficile parce que des phénomènes
de nature différente, se produisant à des échelles de temps également différentes,
interfèrent. En périodes de recrutement stable, la réversibilité est bonne (chapitre 9).
Lorsque celui-ci varie fortement, un stock peut perdre toute valeur économique pour
une période indéterminée, sous l'effet des fluctuations à long terme de l'hydroclimat.
Mais un stock dont le nombre de classes d'âge a été fortement réduit par la pêche peut
se révéler moins apte à franchir une série d'années mauvaises pour son recrutement. La
réversibilité est donc comprise et établie pour certains phénomènes ; elle reste à
confirmer ou à infirmer pour d'autres, qui restent très mal connus (chapitre 4).
Les analystes et les gestionnaires classent couramment les ressources naturelles
en deux catégories : les renouvelables et les non renouvelables. Qu'ils soient optimistes
ou pessimistes, la majorité d'entre eux considèrent les stocks halieutiques comme des
ressources renouvelables. Ils fondent cette classification sur la propriété que les stocks
vivants ont de se reproduire. Plusieurs définitions ont été données des ressources
renouvelables et non renouvelables. Selon Klee (1980), "les ressources renouvelables
peuvent se maintenir ou se reconstituer de façon continue si elles sont gérées
"sagement" : ce sont les sols, les cultures, les animaux domestiques, la terre et les
espaces ouverts, l'eau (abiotique), l'eau douce (biologique) et l'eau de mer, les animaux
sauvages ou les forêts. Les ressources non renouvelables ne se reproduisent pas, ou ne
se reconstituent pas dans la nature à un taux équivalent à celui de leur consommation :
ce sont les métaux, les combustibles fossiles, les matériaux de construction, les engrais
chimiques, etc."
En fait cette dichotomie est moins nette qu'on pourrait le supposer à première
vue, ou plutôt, la conception classique des conditions de la conservation des ressources
halieutiques est susceptible d'évoluer avec les connaissances des différents phénomènes
qui interviennent dans la conservation des populations. Ainsi, en conditions de
recrutement stable, les stocks instables (espèces pélagiques, mollusques bivalves, ...)
constituent une ressource renouvelable, selon l'acception classique. En cas de variations
importantes de leur recrutement sous l'effet de l'hydroclimat, la ressource ne se
renouvelé plus à son taux antérieur. Il n'y a donc pas lieu alors de conserver le taux
d'exploitation au taux qui convenait pour la période précédente. La reproduction de
groupes taxonomiques, comme certaines algues ou certains bivalves, pourra obéir à
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M.H. Glanlz
Selon Beddington (1986), la réversibilité des déclins de productivité est difficile à
établir. A l'appui de sa thèse, il cite des exemples de populations halieutiques qui n'ont
pas encore retrouvé leurs niveaux d'abondance antérieurs, même lorsque la pression de
pêche a disparu, alors que d'autres réagissent rapidement à une réduction de leur
exploitation. Parmi les poissons, le brochet bleu du lac Erié est un des rares cas établis
d'extinction complète. La vache de mer du Pacifique nord et le grand pingouin de
l'Atlantique nord sont à inclure dans cette liste, mais les mammifères et les oiseaux ont
des stratégies démographiques, qui les rendent plus vulnérables (Ricker 1977).
La compréhension du problème est rendue difficile parce que des phénomènes
de nature différente, se produisant à des échelles de temps également différentes,
interfèrent. En périodes de recrutement stable, la réversibilité est bonne (chapitre 9).
Lorsque celui-ci varie fortement, un stock peut perdre toute valeur économique pour
une période indéterminée, sous l'effet des fluctuations à long terme de l'hydroclimat.
Mais un stock dont le nombre de classes d'âge a été fortement réduit par la pêche peut
se révéler moins apte à franchir une série d'années mauvaises pour son recrutement. La
réversibilité est donc comprise et établie pour certains phénomènes ; elle reste à
confirmer ou à infirmer pour d'autres, qui restent très mal connus (chapitre 4).
Les analystes et les gestionnaires classent couramment les ressources naturelles
en deux catégories : les renouvelables et les non renouvelables. Qu'ils soient optimistes
ou pessimistes, la majorité d'entre eux considèrent les stocks halieutiques comme des
ressources renouvelables. Ils fondent cette classification sur la propriété que les stocks
vivants ont de se reproduire. Plusieurs définitions ont été données des ressources
renouvelables et non renouvelables. Selon Klee (1980), "les ressources renouvelables
peuvent se maintenir ou se reconstituer de façon continue si elles sont gérées
"sagement" : ce sont les sols, les cultures, les animaux domestiques, la terre et les
espaces ouverts, l'eau (abiotique), l'eau douce (biologique) et l'eau de mer, les animaux
sauvages ou les forêts. Les ressources non renouvelables ne se reproduisent pas, ou ne
se reconstituent pas dans la nature à un taux équivalent à celui de leur consommation :
ce sont les métaux, les combustibles fossiles, les matériaux de construction, les engrais
chimiques, etc."
En fait cette dichotomie est moins nette qu'on pourrait le supposer à première
vue, ou plutôt, la conception classique des conditions de la conservation des ressources
halieutiques est susceptible d'évoluer avec les connaissances des différents phénomènes
qui interviennent dans la conservation des populations. Ainsi, en conditions de
recrutement stable, les stocks instables (espèces pélagiques, mollusques bivalves, ...)
constituent une ressource renouvelable, selon l'acception classique. En cas de variations
importantes de leur recrutement sous l'effet de l'hydroclimat, la ressource ne se
renouvelé plus à son taux antérieur. Il n'y a donc pas lieu alors de conserver le taux
d'exploitation au taux qui convenait pour la période précédente. La reproduction de
groupes taxonomiques, comme certaines algues ou certains bivalves, pourra obéir à
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