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M.H. Glaniz
3.2. Les effets
On a vu que l'évaluation des effets de la désertification dépendait de la définition
qu'on lui donne. La définition pessimiste la représente comme une terre, totalement
dénudée de végétation, dont les sols dispersés par l'érosion contribuent à la formation
de dunes de sable, lesquelles gagnent peu à peu sur les cultures et menacent parfois les
villages. Le phénomène prend naissance localement pour s'étendre à mesure que les
poches isolées fusionnent pour former de vastes étendues arides.
Bien que, vu sous cet angle, le phénomène soit beaucoup plus général, l'impaci
de la désertification est plus difficile à évaluer lorsque le phénomène est envisagé
comme un processus. Lorsque la productivité de la terre décline, les populations rurales
cherchent à compenser la baisse de la production agricole en mettant en culture des
terres de fertilité marginale. Le niveau de nutrition des hommes et des bêtes continue à
décliner. Les communautés sont alors confrontées à un changement de conditions dont
les causes ne leur sont pas évidentes. Ils ne disposent que de peu de solutions
spécifiques, sinon aucune, pour contrecarrer une telle évolution. Graduellement, le
nombre d'exploitants continue de croître, tandis que la capacité de la terre à les nourrir
s'affaiblit. Devant de telles situations, le recours à des solutions techniques, comme
l'adoption de variétés de grain à haut rendement, l'utilisation accrue d'engrais ou la
mécanisation, est fréquemment proposé ; mais la plupart des paysans sont trop pauvres
pour se les procurer. Ceci favorise leur exode et leur remplacement par des paysans
plus riches ou des agences publiques. Les paysans déplacés gagnent les villes ou sonl
forcés de cultiver des terres moins fertiles, où ils continuent d'utiliser des pratiques
culturales adaptées aux zones plus humides. Un nouveau processus de dégradation de la
qualité des terres marginales s'enclenche, lequel peut éventuellement aboutir à la perte
de toute fertilité. Ce cercle vicieux ne fait que commencer dans certains secteurs, mais
s'accélère dans d'autres.
Un récent rapport des Nations Unies (Berry 1984) évalue, au niveau mondial, les
progrès réalisés dans la lutte contre la désertification. L'auteur conclut que, selon sa
propre définition de la désertification, pratiquement aucun progrès n'a été réalisé, el
que les perspectives de voir la situation s'améliorer sonl minces. Certains pays
n'apparaissent pas décidés à s'attaquer au problème ; d'autres ne se sentent pas
directement concernés ; d'autres, enfin, considèrent que le processus n'est pas
scientifiquement démontré : après tout, globalement, les décennies 50 et 60 ont été
relativement pluvieuses sur l'ensemble des zones sahéliennes et la terre peut
apparemment y supporter de mauvaises pratiques culturales lorsque les pluies sont
bonnes et qu'elle est protégée par une bonne couverture végétale. Tous invoquent
l'insuffisance de leurs ressources financières. Sa conclusion d'ensemble est que l'avenir
du processus de désertification est "brillant" pour l'ensemble de l'Afrique subsaharienne. Toutes les études s'accordent pour dire que la lutte contre la désertification
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