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M.H. Glantz
Le concept de désertification ne s'applique pas qu'aux écozones les plus sèches.
Le premier à exprimer cette opinion fut A. Aubreville, un écologiste forestier français
qui, en 1949, s'appuya pour soutenir sa thèse sur l'exemple des forêts sèches
sahéliennes, où la pluviométrie est de 700-1500 mm par an, et non sur celui des régions
arides et semi-arides, où la pluviométrie est inférieure à 600 mm par an. Aujourd'hui,
on parle de désertification pour des zones à forte pluviométrie, comme les forêts
tropicales humides de l'Amazonie et du Sri Lanka (Tennakoon 1980, Fernside 1986).
Cette multiplicité de définitions a des implications sur l'évaluation des résultats
obtenus par les différents pays ou programmes dans la lutte contre la désertification.
L'appréciation de leur succès dépendra du choix de la définition : certains verront un
succès là où d'autres voient un échec. Il est relativement facile d'identifier des
conditions désertiques, là où elles n'avaient pas été observées auparavant. Il est bien
plus difficile d'établir, au moins à court terme, un déclin progressif de la production
biologique. La variabilité naturelle (bruit) peut masquer toute modification significative
(signal) de la productivité. En outre, un déclin des rendements dans une région agraire
peut ne pas paraître aussi grave pour ceux qui, dans les meilleures conditions, ne
peuvent obtenir que des rendements nettement moindres. Ces derniers seront peu
sensibles aux problèmes rencontrés par ceux qui vivent dans des régions plus fertiles.
Dans ce chapitre, la désertification est vue comme un processus.
3. La désertification sur terre
.?. 7. Les causes
Indépendamment de leur nombre, les facteurs de désertification dépendent de
l'écozone considérée : les zones arides sont sujettes à un ensemble de causes, les
régions forestières à un autre, les aires irriguées à un troisième, ... Nous prendrons
comme exemple le Sahel ouest-africain qui a fait l'objet de nombreuses études (voir
Leng 1982 ou Beudot 1985, pour une bibliographie).
On peut délimiter la région sahélienne par sa pluviométrie moyenne annuelle :
100 mm/an à sa limite nord, aux confins du Sahara ; 600 mm/an, au sud. La carte (fig.
19.1) fait apparaître un fort gradient nord-sud : les lignes d'égale précipitation
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M.H. Glantz
Le concept de désertification ne s'applique pas qu'aux écozones les plus sèches.
Le premier à exprimer cette opinion fut A. Aubreville, un écologiste forestier français
qui, en 1949, s'appuya pour soutenir sa thèse sur l'exemple des forêts sèches
sahéliennes, où la pluviométrie est de 700-1500 mm par an, et non sur celui des régions
arides et semi-arides, où la pluviométrie est inférieure à 600 mm par an. Aujourd'hui,
on parle de désertification pour des zones à forte pluviométrie, comme les forêts
tropicales humides de l'Amazonie et du Sri Lanka (Tennakoon 1980, Fernside 1986).
Cette multiplicité de définitions a des implications sur l'évaluation des résultats
obtenus par les différents pays ou programmes dans la lutte contre la désertification.
L'appréciation de leur succès dépendra du choix de la définition : certains verront un
succès là où d'autres voient un échec. Il est relativement facile d'identifier des
conditions désertiques, là où elles n'avaient pas été observées auparavant. Il est bien
plus difficile d'établir, au moins à court terme, un déclin progressif de la production
biologique. La variabilité naturelle (bruit) peut masquer toute modification significative
(signal) de la productivité. En outre, un déclin des rendements dans une région agraire
peut ne pas paraître aussi grave pour ceux qui, dans les meilleures conditions, ne
peuvent obtenir que des rendements nettement moindres. Ces derniers seront peu
sensibles aux problèmes rencontrés par ceux qui vivent dans des régions plus fertiles.
Dans ce chapitre, la désertification est vue comme un processus.
3. La désertification sur terre
.?. 7. Les causes
Indépendamment de leur nombre, les facteurs de désertification dépendent de
l'écozone considérée : les zones arides sont sujettes à un ensemble de causes, les
régions forestières à un autre, les aires irriguées à un troisième, ... Nous prendrons
comme exemple le Sahel ouest-africain qui a fait l'objet de nombreuses études (voir
Leng 1982 ou Beudot 1985, pour une bibliographie).
On peut délimiter la région sahélienne par sa pluviométrie moyenne annuelle :
100 mm/an à sa limite nord, aux confins du Sahara ; 600 mm/an, au sud. La carte (fig.
19.1) fait apparaître un fort gradient nord-sud : les lignes d'égale précipitation
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