19 - Désertification sur terre et dans l'océan
3
délibéré de substances toxiques, la productivité biologique des milieux côtiers devient de
plus en plus difficile à conserver (chapitre 12). En plus de ces agressions de toutes
sortes, il faut se préoccuper maintenant d'un phénomène dont on n'a pris conscience
que récemment : le réchauffement de l'atmosphère induit par l'émission de gaz à effet
de serre, qui aura certainement un impact sur les écosystèmes marins du monde entier
(chapitre 4, Bardach 1987).
2. Le concept de désertification
Plus d'une centaine de définitions de la désertification ont été proposées (Glantz
and Orlovsky 1983). Une opinion, plus populaire, considère les conditions conduisant à
la désertification comme d'apparition récente. Un autre point de vue, plus scientifique,
l'interprète plutôt comme une dégradation graduelle d'une propriété utile du milieu
(qualité du sol, nature de la végétation, niveau hygrométrique, ...), qui réduit la
productivité biologique par rapport à un niveau de référence prédéterminé pour une
région donnée. Les premiers voient la désertification comme un événement ; les
seconds comme un processus. En fait, l'événement est le produit final extrême du
processus.
Vue comme un événement, la désertification évoque l'image d'un paysage aride,
sinon hostile, de dunes de sables en déplacement, où la végétation éparse est devenue
"sans utilité", la pluviosité faible, la température et l'évaporation élevées ; des
populations nomades y subsistent péniblement. Certains observateurs récusent cette
conception de "l'inutilité" des zones arides (UNEP/UNEPCOM, 1986) ; selon eux, les
zones arides sont potentiellement aptes à soutenir une végétation, par exemple, d'une
valeur économique et sociale significative.
Vue comme un processus de dégradation lente, la désertification est plus difficile
à concevoir. L'appauvrissement du sol, par exemple, la diminution régulière de la
pluviométrie, la disparition de certains végétaux qui constituaient jusqu'alors la base du
régime de l'homme et du bétail, apparaissent comme autant d'étapes dans l'apparition
graduelle de conditions désertiques. Celle-ci est considérée comme un déclin de la
productivité biologique en deçà du niveau auquel la population locale était habituée.
Les tenants de ce point de vue considèrent que le processus de désertification est en
cours lorsque la baisse de la productivité biologique se manifeste par des effets néfastes,
au niveau, par exemple, de la fertilité du sol ou du rendement des cultures.
657
Précédent

- 658/821

Suivant